Vampires vampires vampires : infection
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 100 000 Degrees

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Fiiiiiiiiiiiiiiirrre
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MessageSujet: 100 000 Degrees   Lun 4 Jan - 18:29


100 000 Degrees
❝Quelque part dans l'Ouest de Gothik City❞

Luscka von Hochen - Médecin comtal et militaire au sex-appeal indéniable - Déteste les humains - Infecté  

Résumé des épisodes précédents • Luscka a mit Elijah au courant de sa maladie et de ses petits problème à se contrôler sans toutefois préciser que c'est pire quand il est là. Il essaye de se rapprocher de lui sans grand succès.






Willow Steel - Forgeronne recommandée par Yvan von Dast. C'est une humaine mais Luscka préfère passer outre ça, il ne voudrait pas se montrer désobligeant et la tuer sur le champ.


❝ Scène 01 - Over U ❞

D' excellente humeur aujourd'hui, le Duc Von Hochen avait terminé de retranscrire une partie importante de ses recherches sur la maladie et les avait fait envoyé à Elijah. Il savait bien que ce n'était vraiment quelque chose d'aussi précieux que son précédent cadeau mais s'il pouvait apporter sa pierre à l'édifice qu'Elijah essayait de construire envers et contre tout, il serait heureux. Il se dirigea vers la grande salle d'entrainement au deuxième étage de son manoir d'une humeur presque chantante, un large sourire sur les lèvres.
Il sentait dans ses veines le produit qui bouillonait et se répendait, sa dernière injection ne datant que d'une demi-heure. Oui, il se sentait très bien.
Il se saisit d'une grande épée à deux mains, assez complexe à manier. En effet, il y avait des pointes acérées sur la poignée pour agripper au mieux. Il l'utilisait tous les jours avant d'être infecté et d'avoir du mal à guérir aussi rapidement qu'avant. Il s'en servait moins mais elle restait sa favorite entre toutes celles de sa collection. Et c'était une très large collection. Il pensa un instant qu'il ferait bien de vérifier si personne ne s'était plaint d'un problème de guérison récemment, Elijah, l'humaine et lui pourraient bien avoir accès à un nouveau patient test bientôt.
Alfred venait de disposer les grands mannequins en métal et en paille devant lui de façon optimale quand Luscka porta le premier coup. Il décapita net celui qui se tenait le plus à gauche et sourit doucement quand il remarqua que les ressorts qu'il avaient installés dans les mannequins et qui devaient lui éviter de changer de mannequins six fois par séance marchaient comme il l'espérait.
Après une petite heure d'entrainement brutal, on lui annonça que quelqu'un l'attendait dans le salon. Se demandant qui pouvait bien être ce mystérieux visiteur et désireux de montrer qu'il avait du respect pour tout le monde, il se toiletta rapidement avant de rejoindre celui qui devait être sa mauvaise nouvelle de la journée.
Le vampire se tenait assis sur un canapé très chaleureux dans le salon, face au feu. Ce qu'il pouvait être beau… Reconnaissant immédiatement son ancien amant, celui qu'il avait vampirisé et qui l'avait trahi, il sentit le sang bouillir dans ses veines. Comment osait-il, après toutes ces années ?
Il s'avança et se racla la gorge. Il ne comptait pas lui donner le temps de parler, aussi, il commença tout de suite à lui faire ressentir combien il était en colère. Il ne voulait pas de ça. Pas de sa présence, surtout pas maintenant. Dégainant un poignard de sa taille, il fronça les sourcils.

“ Qu'est-ce que tu fais là, Ymilian ? Tu as eu ce que tu voulais non ? ”


Celui qu'il appellait autrefois affectueusement Millie se leva et s'avança avec un sourire. Ce sourire, son sourire. Luscka avait presque réussi à l'oublier grâce à celui d'Elijah mais Millie avait ce don de ne jamais se faire oublier. Il posa sa main sur l'acoudoir du fauteuil juste à côté de Luscka et se mordit la lèvre, comme s'il hésitait à parler. Mais il était venu alors il avait intérêt à avoir une bonne raison. Le Duc s'estimait déjà assez patient comme ça.

“ Lou. Tu m'as manqué tu sais. J'ai fait pas mal de choses grâce à toi et je me suis rendu compte que l'éternité ne vaut pas la peine d'être vécue si - ”


Il n'eut pas le temps de finir sa phrase que Luscka plantait son poignard dans ce qu'il espérait être la main de Millie. Cependant, l'autre vampire était devenu agile avec l'âge et évita le coup de justesse. La lame se planta dans le bois, déchirant un morceau de l'étoffe du manteau de l'ancien humain.
Sa voix se fit plus froide quand il lui demanda de déguerpir et retira la lame du bois. Malheureusement, un morceau resta dans le bras du fauteuil et le poignard était désormais fendu en deux. Mortifié, Luscka resta un moment sans bouger avant de de se dire qu'il ne pouvait pas laisser l'arme de sa mère dans cet état. Il avait besoin d'un bon forgeron.

Quand il passa la porte de la forge que lui avait recommandé Yvan, il respira à plein poumons l'agréable odeur de braises et de métal chaud. Il aimait venir dans ce genre d'endroits et respectait énormement les maîtres du feu. Il n'oublia tout de même pas qu'il était venu ici par necessité et qu'il avait besoin que cette forgeronne sauve sa vie. Ou presque.
Il s'avança dans la fumée et sourit à la femme qui avait l'air … humaine ? Aucune vampire ne pouvait avoir cette teinte de peau et ces ridules au visage. Yvan lui avait conseillé une humaine ! Une humaine ! Est-ce qu'il lui en voulait vraiment à ce point d'avoir dit que Taesch Condé sentait plus le vieux chien mouillé que l'agréable musc ?
Malgré tout, il était dans l'urgence et Yvan ne lui avait dit que du bien de cette femme.

“ Excusez moi. J'ai besoin que vous répariez quelque chose, c'est assez urgent. ”


C'était son poignard de prédilection et il le portait toujours à la taille. Si quelqu'un s'apercevait qu'il ne l'avait plus … il passerait au choix pour un faible ou un écervelé. Et dans les deux cas, ce n'était pas bon pour lui.


© Halloween

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MessageSujet: Re: 100 000 Degrees   Mer 13 Jan - 14:59


Willow se réveilla transie de froid. Les températures avaient encore baissées au cours de la nuit et en jetant un coup d’œil par sa fenêtre, elle s'aperçut que le matin était encore loin, très loin. Elle ne voyait pas l'heure indiquée par l'horloge du temple sataniste, mais l'obscurité dispensée par la nuit suffisait à la renseigner. Avec un soupir, elle renonça à terminer sa nuit. Elle ne trouverait jamais le sommeil dans sa chambre, trop froide. Aussi elle descendit à la forge, où rougeoyaient toujours des braises, prêtes à être stimulées. Un petit coup de soufflet suffit pour que, aidé de la magie de la femme, le feu reprenne complètement vie.
Willow enfila un pantalon de cuir par-dessus ses chausses de laine bien épaisse, changea de chemise et surplomba celle-ci d'une veste en laine d'un orange très passé, puis d'un gros pull de laine grise, épais mais troué à de nombreux endroits. Avec ses cuissardes, cela suffirait à la maintenir au chaud pendant qu'elle travaillait.

Elle se réveilla totalement avec des œufs cuits sur l'enclume et la forge d'une petite chose en forme de feuille. Elle ignorait encore à quoi ça pourrait servir, peut-être à orner l'un de ses prochains vêtements, ou à fermer une cape, éventuellement pour un bijou… Elle le mit de côté pour plus tard et ouvrit les portes de sa forge. Toute personne qui les passait avait d'abord accès à quelques présentoirs sur lesquels elle exposait diverses armes et affichait ses prix pour les commandes les plus fréquentes.
Quand l'horloge sonnerait le matin, elle irait à la boulangerie s'acheter une miche de pain. En attendant, elle n'attendait pas vraiment de client et pensait pouvoir s'occuper à forger ce qui lui passait sous la main. Ces derniers temps, elle rêvait de créer une épée énorme, que seuls les guerriers les plus forts seraient à même de manipuler ou même juste de soulever. C'était un véritable challenge pour elle, d'autant qu'elle connaissait quelques collègues, vampires, déjà tout à fait capables d'une telle prouesse. Mais elle devait faire mieux que les égaler.

Lorsqu'elle entendit quelqu'un parler entre deux coups de marteau, elle sursauta et manqua son coup. Diable ! Elle allait devoir reprendre toute cette partie ! Elle tourna un regard furieux en direction de son visiteur, curieuse de savoir qui pouvait venir à un tel moment de la journée. Ou plutôt de la nuit. Les nobles savaient bien qu'elle fermait peu après la tombée du jour. Les commandes s'accumulaient en général à ce moment là et elle avait la journée suivante pour réaliser ce pour quoi elle était payée.
Intriguée, elle plongea ce qui n'était plus qu'une barre d'acier sans intérêt dans le seau d'eau froide à côté d'elle et s'avança vers son visiteur – son client ? Elle retira le long gant de sa main droite et essuya cette dernière à l'aide d'un chiffon troué déjà bien noir.

« B'soir. Urgent ? J'ai jamais entendu ça, tiens. »

Encore quelqu'un qui avait oublié un anniversaire ! Cela dit, on ne lui avait jamais fait le coup de l'urgence. S'il le voulait avant le matin, son cadeau, ce type allait être déçu. La forge, c'était de l'art, on ne tapait pas trois coup sur une lame pour en faire une épée. Enfin… Les nobles, ils s'imaginaient toujours qu'ils pouvaient avoir le monde à leurs pieds rien qu'en remuant quelques piécettes.
Oui, celui là avait bien l'air d'un noble. Les yeux clairs, le visage bien dessiné, sans parler de ses vêtements et de son hygiène. Il était trop impeccable pour être un humain. Willow se demanda s'il avait l'audace de venir la tester, lui imposer un challenge impossible. Elle méprisait ce genre de comportement et ne se prêtait jamais au jeu. La plupart du temps, c'était payant, les vampires étaient impressionnés par sa « force de caractère » et son « discernement ». Ce n'était pourtant pas compliqué : soit tu peux faire quelque chose et promettre de l'accomplir dans les temps, soit tu ne peux pas. Mieux valait ne pas faire miroiter quelque chose à un client, on le perdait plus sûrement qu'en lui proposait une autre solution plus abordable. Le consensus, le meilleur ami de l'artisan-commerçant, disait son père.

Willow rejoignit le noble et lui tendit sa main droite, en espérant qu'il ne lui fasse pas une crise de supériorité, comme tant d'autres avant lui. Se serrer la main, c'était la moindre des choses. La première impression qu'elle avait de lui, outre sa noblesse, était plutôt positive pour une fois. Il avait commencé par « excusez-moi » après tout. Ca devait être qu'il avait de l'éducation. Ou alors qu'il avait quelque chose de très gros à lui demander.

« Willow Steel, je suis la forgeronne. En quoi est-ce que je peux vous aider, monsieur le pressé ? »

Elle plissa un peu les yeux. Maintenant qu'elle voyait son visage de plus près, ce dernier lui disait quelque chose. Il était fort possible que la femme l'ait déjà vu à une réception. Ou alors il avait sa tête quelque part. Une statue, une pièce, un tableau… Ces œuvres d'art, on les voyait tellement souvent qu'on finissait par ne plus vraiment les regarder. Si les vampires n'étaient pas tant une menace pour son espèce, elle était sûre que ce serait pareil avec eux. Toujours les mêmes, à faire les mêmes choses, depuis si longtemps.
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MessageSujet: Re: 100 000 Degrees   Dim 17 Jan - 14:29


❝ Scène 02 - Feu divin ❞




Les cheveux couleur corbeau de la femme avaient des reflets rougeoyants, certainement à cause des braises. C'était sans doute l'une des seules choses qu'il regrettait chez les vampires. Ils avaient des cheveux plus beaux, plus lisses, plus ethérés, plus parfaits mais ils n'avaient que rarement cette petite touche de vie. Un épi, quelques reflets, une mèche défaite. Parfois, il pensait que les vampires n'étaient qu'une reflexion fêlée des humains, cruelle représentation de ce qu'ils n'auraient jamais.
Mais ensuite, bien sûr, il se souvenait de combien la vie si particulière des humains était surestimée.  Millie n'avait jamais été aussi beau que dans sa transformation et maintenant il était si… parfait. Rien qu'à repenser à ses cheveux brun miel et ses yeux de la couleur du bourbon, il pouvait parfaitement s'imaginer le serrer dans ses bras. En déglutissant, il chassa cette pensée de sa tête. C'était sa faute s'il était là à présent.
L'humaine avait un air miteux qui lui rappellait assez la caricature que les habitants des bas quartiers faisaient de Taesch Condé. Tommy la Syphillis. Il était la représentation de combien les nobles pouvaient être superficiels et de leur exhubérance. Comment est-ce qu'Yvan pouvait le trouver charmant ? Cet homme était le plus détestable de tous les idiots que Luscka avait pu rencontrer de sa vie.
Les présentoirs derrières lui regorgaient d'armes de grande qualité mais aussi de quelques pièces plus ouvragées. Il se doutait bien qu'Yvan l'avait reconduit chez le meilleur forgeron qu'il connaissait mais pourquoi avait-ce dû être une humaine ? Il en avait soupé récemment des humaines entre la cruche sans cervelle qu'Elijah avait ramené chez lui et la nouvelle conquête de son cousin, qu'il venait de lui présenter.
Son ami ne lui aurait certainement pas recommandé les services de cette femme sans raison alors décida qu'il jugerait de ses services lui même. Il était vrai qu'il avait quelques doutes mais si elle pouvait réparer ce poignard rapidement, elle serait sans doute à même de lui fournir du matériel médical pour qu'il n'ait plus à le commander sans cesse à Modernis State.
Il avait déjà essayé de faire une telle commande à Ryu Seong Jae, le forgeron le plus populaire du siècle dernier mais il s'était retrouvé avec des scalpels de la taille d'un petit couteau et des bacs à stérilisation qui auraient pu contenir seize livres de sel. Bien sûr, il avait payé pour cela mais il ne les avait jamais utilisé. Encore aujourd'hui, il en parlait à ses collègues médecins quand il se rendait à Modernis de temps en temps pour quelques congrès.
Il devait y avoir cent raisons pour lesquelles Luscka aurait préféré être ailleurs mais la façon de parler de cette gamine humaine devait figurer en première place. Il n'avait pas l'habitude d'être pompeux mais quand même, un révérence et un langage correct n'étaient pas trop demandés quand on en venait aux affaires. Elle réagissait comme si elle s'en fichait bien que Luscka soit vexé et s'en aille.
Il serra sa main, sans alliance, et sourit doucement pour cacher son agacement. Elle avait peut-être des doigts de fées, ce serait un gâchis de les lui briser.

“ Enchanté,  mademoiselle Steel. Duc Luscka von Hochen, c'est le Prince Yvanov qui m'a recommandé à vos services pour quelque chose de délicat. ”

Il sortit de sa besace le poignard cassé et dénoua le foulard qu'il avait entouré autour pour le protéger. Le poignard avait une larme légèrement courbe, élimée par les nombreuses utilisations et cassée au milieu. La poignée était ornée d'une petite pointe pour une meilleure prise et pour surprendre les voleurs. Un onyx parfaitement noir, tout au bout de la poignée en cuir était le seul ornement en apparence inutile de l'arme, renfermant en fait une cache à poison.

“ Ce poignard a été cassé aujourd'hui et j'y tiens énormément. Est-ce qu'il serait possible de lui rendre un bon état avant la fin de la semaine ? Et … j'apprécierai votre discretion à ce sujet. Je paierai ce que vous me demandez. ”

Généralement, pour les humains, l'argent était essentiel. Et vu ses vêtements miteux, il était plus que probable qu'elle en ait grandement besoin. Et puis de toute façon, elle devait bien manger.  
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MessageSujet: Re: 100 000 Degrees   Mar 19 Jan - 16:00

I
l y avait de l'espoir. Son client lui serra la main sans se retenir et y ajouta même un sourire. Willow, elle, ne sourit pas. Elle se méfiait toujours de lui, si ce n'était plus. Elle s'attendait vraiment à ce qu'il lui demande l'impossible et pas forcément dans son domaine de prédilection.
Le nom de Von Hochen ne lui disait rien, contrairement à celui du Prince Yvanov. Qui ne le connaissait pas, de toute façon ? Il lui avait déjà commandé quelques pièces, mais ne s'était jamais présenté à sa forge lui-même. C'était normal, bien entendu, et elle pouvait difficilement mettre cela sur le compte de l'arrogance. C'était plutôt de la prudence, il était l'héritier après tout. Se balader en ville ne devait pas souvent lui être autorisé. Enfin, elle n'allait pas le plaindre non plus, alors qu'il était riche et immortel. En tout cas, elle se sentit flattée que le prince en personne l'ait recommandée, rien que le fait qu'il se souvienne de son nom constituait un grand honneur.

Le noble lui avait annoncé quelque chose de délicat et quand il se mit à fouiller son sac, Willow s'attendit à en voir surgir une boîte à musique ou un autre objet mécanique. Or, elle n'était pas horlogère et s'apprêtait donc à refuser. Mais à la place, elle vit l'éclat d'une fine lame. Le travail était magnifique, vieux, on n'en faisait plus ainsi aujourd'hui. Respectueusement, elle s'empara de la pièce, ou plutôt de ses deux morceaux, et s'éloigna un peu pour les examiner à la lueur des flammes. La lame méritait un petit entretien, mais l'ouvrage était vraiment magnifique. Elle voyait deux ou trois petites autres choses à changer pour le rendre comme neuf, en tout cas le réparer serait facile.

« L'alliage est un peu spécial, annonça-t-elle en continuant d'observer le couteau, mais ça ne posera pas de problème. Vous pouvez revenir le chercher demain, jusqu'à vingt-deux heures trente. »

Pour le reste, elle préféra se redresser et regarder Von Hochen droit dans les yeux.

« Ca vous fera vingt pièces. »

Elle n'était pas la moins chère de la ville, mais elle savait que la qualité de son travail le lui permettait. En plus, vingt pièces d'or, pour un noble, ce n'était pas grand-chose. Surtout quand on savait qu'elle faisait payer en moyenne cent pièces pour une épée basique. Et puis, elle comptait bien affûter le tranchant et changer le cuir de la poignée, alors il n'y avait vraiment pas de quoi se plaindre !

« Au fait, c'est pour un cadeau ? »

La fin de sa phrase fut couverte par le bruit d'une petite explosion, suivie de cris. Elle déposa la lame cassée sur son enclume et se précipita dehors, son épaule heurtant un peu le torse de son client sans qu'elle s'en formalise. A deux bâtiments du Poing de Feu, il y avait un incendie. La fabrique de teintures, encore… Presque lassée de cet accident qui arrivait deux fois par an, Willow lâcha un long soupir. Les employés de cet endroit, en plus de manipuler des produits horriblement odorants, faisaient n'importe quoi ! Apparemment, ils sortaient souvent de nouvelles couleurs. Mais à quel prix ? La forgeronne craignait toujours que sa propre forge finisse par prendre feu à son tour. Et cette idée la terrifiait. Malgré l'ancienneté du souvenir, il était encore vif dans son esprit. La cicatrice de son dos la lança et elle se retint de se gratter l'épaule et le côté.

Les flammes étaient presque entièrement étouffées par la neige à présent. La fabrique était sauvée, une nouvelle fois. Willow allait rentrer dans sa forge quand une nouvelle explosion fit trembler les murs de la rue. Un morceau de métal plus gros et grand qu'elle s'envola. Il était en feu et décrivit un arc de cercle flamboyant avant d'entamer sa descente. Droit sur elle. Oh merde.
Willow allait probablement mourir, elle n'avait pas la vitesse nécessaire pour se sauver avant qu'il ne lui arrive sur la tête. Comme c'était dommage, ce Von Hochen n'aurait jamais son couteau réparé.
La femme ferma étroitement les yeux, se disant qu'elle aurait peut-être dû essayer la prière au lieu de maudire les employés de la fabrique. Elle sentit alors une intense chaleur sur le côté, puis un bruit énorme, un bruit qui ne lui plaisait pas du tout. Pourquoi n'avait elle pas été réduite en bouillie ? Von Hochen l'avait il sauvé de l'impact sans qu'elle s'en soit rendue compte ?
Elle savait que quand elle rouvrirait les yeux, elle serait folle de rage. Elle savait que sa précieuse forge avait tout pris sur le coin de la gueule. Et elle savait déjà que ça ne se passerait pas comme ça pour ces idiots de fabricants !


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MessageSujet: Re: 100 000 Degrees   Sam 6 Fév - 17:36


❝ Scène 03 - Mort ❞




Cette femme ressemblait un peu à Yvan dans sa façon de parler. Dure, très professionnelle. Mais elle était une humaine et Luscka ne pouvait décemment pas comparer son meilleur ami à une humaine. Il réfuta cette pensée, loin de lui, et sourit à la jeune femme. Elle devait avoir une trentaine d'année et elle avait déjà sa propre forge. Apparemment, le fait qu'elle ne dépende pas d'un mari ou d'un père dérangeait certain nobles qui évitaient cet endroit. Grand bien leur fasse, Luscka n'en avait cure tant qu'elle faisait du bon travail.
Il jeta un coup d'oeil autour de lui, jugeant de ses compétences. Ses quelques ouvrages avaient l'air solide mais ce n'était pas forcément le cas à l'usure. Avec un froncement de sourcils, il se souvint de cette terrible histoire qu'on leur avait compté à la caserne, quand Yvan, Clair et lui n'étaient que des bleus. Le général Budo avait fait faire une épée resplendissante et énorme. Elle terrifiait ses ennemis mais quand il dû la sortir pour combattre, elle cassa au premier coup. Le général était mort à cause de ce forgeron imprudent et Luscka n'avait jamais eu confiance en un marchand d'armes au premier abord.
Il connaissait la valeur des choses et il espérait qu'elle n'allait pas lui demander plus dix mille pièces  d'or pour une simple réparation. Bien sûr, le couteau avait dû coûter au moins deux fois ce prix parce que le métal était un alliage très rare et précieux. On avait dit à Yvan qu'on avait mêlé au métal une potion renforçant la force ou quelque chose comme ça mais Luscka n'y avait jamais cru. Il n'en avait pas besoin de toute façon.
Luscka espérait qu'elle aurait finit la réparation avant que la nuit ne se meure mais il ne comptait pas vraiment dessus. Elle était humaine et les humains étaient lents habituellement. Tant pis, il prendrait son mal en patience et porterait son fourreau vide s'il devait faire une apparition publique.
La forgeronne s'empara de la lame avec une douceur presque religieuse. Sans doute une passion et une précaution indispensable pour être un bon forgeron. Luscka n'était pas impatient, il avait le temps ce soir et il ne pensait pas avoir de rendez-vous important.
Elle lui annonça qu'il pourrait l'avoir demain et son sourire s'agrandit un peu. Fort bien ! Elle devait sûrement l'avoir mit en tête de liste de ses travaux à venir et il espérait qu'elle aurait fini à temps. Il ne lui permettrait pas de le faire déplacer pour rien.
Il lui fut demandé vingt pièces d'or pour la réparation et le vampire leva un sourcil. Il s'était attendu à une somme astronomique. Bien sûr, elle était dans des prix moyens pour une réparation classique mais il était évident que ce poignard n'était pas classique. En pensant qu'elle avait intérêt à en prendre le plus grand soin, il fouilla dans sa bourse et en ressortit le payement demandé.
Elle lui demanda si c'était pour un présent et il lui tendit son argent dans une petite bourse en cuir. Non, n'était-il pas évident que c'était personnel ? Oh oui, c'était un cadeau à la base mais à présence c'était surtout un poignard qu'il aimait plus que tout. Il allait répondre quand une explosion retentit dans son dos. La fille le bouscula pour aller dehors et il grogna de frustration. Une humaine aurait dû s'excuser après avoir fait cela.
Quand il se rendit auprès d'elle, il constata qu'une fabrique en face de la forge avait prit feu. Heureusement, il neigeait à gros flocons et Debbie Colors & Textiles ne subirait pas vraiment les conséquences de cette explosion, ni de l'incendie qui en découlait. Il secoua la tête. De toute façon, il ne portait que du noir ou presque alors il ne se fournissait pas là bas. Ses vêtements aux teintes profondes étaient faits en modèle unique par un teinturier couturier qui lui coûtait les yeux de la tête. Il se demanda ce qu'il devrait faire quand l'éminent monsieur Liz serait décédé.
Il allait saluer la demoiselle et s'en aller quand une nouvelle explosion eut lieu, ravageant la fabrique. Il vit que deux énormes morceaux de machines à écraser le cuir se dirigeaient vers eux et réussit à dévier le plus proche avec un coup d'épée bien placé qui se ficha dans le sol de la rue avec une violence inouïe. Le deuxième réussit à atteindre l'intérieur de la forge qui prit feu immédiatement. Non ! Non pas maintenant ! En plus d'avoir sauvé une humaine pour une raison qui lui était inconnue, il devrait sauver sa forge.
Il repéra quelques seaux remplis de charbon dans l'entrée du magasin et en vida un par terre, le remplissant par la suite de neige solide qu'il jeta sur le feu. Les flammes commençaient déjà à ravager la structure mais il était encore temps. Il donna un coup de coude à la femme.
“ Aidez moi si vous ne voulez pas que votre vie parte en fumée ! ”

Il héla quelques autres passants et deux ou trois s'armèrent de seaux avant de les aider. Il ne savait pas trop si c'était parce qu'il leur faisait peur ou s'ils étaient tout simplement généreux, mais il fallait que cette forge tienne debout. Il le fallait pour que cette femme répare son couteau.
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MessageSujet: Re: 100 000 Degrees   Lun 8 Fév - 12:17

E
lle ouvrit les yeux. La chaleur sur son visage ne l'avait pas trompée. Elle ouvrit grand la bouche dans un cri muet, plus terrorisée que furieuse finalement. Voir les flammes manger ainsi la forge la renvoyait à son traumatisme d'adolescence et la cicatrice dans son dos la brûlait comme si elle était toute récente.
Ce fut le duc Von Hochen qui la ramena dans le présent et elle s'aperçut que quelques personnes applaudissaient. Un peu plus loin, un morceau de machinerie s'était enfoncé dans le pavé. Willow ignorait ce qui s'était exactement passé, toutefois elle pouvait assez bien deviner le déroulement grossier des événements.
Des passants, stimulés par la voix puissante du vampire, attrapèrent des seaux, des bassines, tout ce qui pouvait contenir de la neige (parfois même leurs propres mains) afin de venir à bout de l'incendie. Elle décida d'ignorer cette méthode et tenta d'utiliser son pouvoir pour atténuer les flammes. Il pleuvait et il faisait très froid, en toute logique ça ne devrait pas leur prendre beaucoup de temps pour s'occuper de ça. Sauf qu'apparemment, les flammes avaient trouvé la réserve de charbon. Avec un soupir agacé, Willow se rendit compte qu'elle allait devoir y aller.
Il lui fallut quelques secondes de concentration pour faire apparaître le feu sur l'entièreté de son corps. Ainsi équipée, il lui serait plus facile de repousser les flammes, nombreuses.
Une fois à l'intérieur, il lui fut difficile de se repérer. La pièce de machine avait défoncé son toit, rendant sa chambre complètement inutilisable. Plusieurs poutres se tenaient en travers du chemin, alimentant joyeusement l'incendie. Willow devait pourtant faire vite, sa petite couche d'air respirable allait rapidement s'épuiser. Elle sauta par-dessus une planche et rejoignit tant bien que mal la réserve à charbon. Elle attrapa le tonneau qui lui servait de réserve d'eau et le renversa sur le combustible. Voilà qui devrait faire l'affaire ! pensa-t-elle avec satisfaction. Se retournant, elle s'aperçut que ceux qui essayaient de mettre fin à l'incendie avait déjà dégagé tout l'avant de la boutique. Heureusement qu'elle ne vendait pas des vêtements, ainsi elle pourrait récupérer la majeure partie de son stock.
Sur le chemin du retour, Willow récupéra les deux morceaux de la dague du Duc. Ce vampire n'avait pas de chance, venir la voir aujourd'hui… Elle enjamba une poutre avant de stopper son armure de flammes.

Un peu plus tard, ils en avaient terminé. Les dégâts causés par les flammes n'avaient pas été si importants finalement. Par contre, elle ne pourrait pas travailler dans sa forge pendant un bon moment. Malgré tout son talent, il lui faudrait de l'aide pour réparer le toit. Dire qu'elle avait presque tout construit par elle-même, en dehors de la structure extérieure… Pourtant, elle n'allait pas pleurer. Willow ne pleurait jamais. Plus maintenant. Elle devait se montrer forte en toute circonstance, c'était une question de survie.

La femme se retourna vers le Duc. En voyant son visage un peu noirci par le feu, une infinie reconnaissance lui réchauffa la poitrine. C'était un vampire, un noble de surcroît, et pourtant il n'avait pas hésité à l'aider. Elle se demandait qui il était exactement dans la société nobiliaire. Il semblait fort, pas du genre à porter des fanfreluches et à assister au moindre bal. Encore moins du genre à en donner. Elle l'avait peut-être jugé un peu vite. Peut-être ! Il restait un vampire qui se nourrissait de la race à laquelle elle appartenait. Pas qu'elle trouvait ça révoltant et qu'elle veuille changer le système, la mort devait bien venir les cueillir un jour après tout. Seulement, elle devait bien se sentir un peu en danger.

« Merci, Duc. Je ne m'attendais pas à ce que vous agissiez dans mon intérêt. Je ne suis qu'une humble humaine après tout. »

Elle préférait être honnête avec lui. Et s'il s'avérait qu'en réalité il était un autre noble qui ressemblait à tous les autres, et bien elle l'aurait confondu. Et tant pis ! De toute façon, ça n'avait plus d'importance.
Elle fouilla la poche de son pantalon et lui tendit en même temps son couteau et la bourse de cuir contenant les vingt pièces qu'il avait eu l'obligeance de lui payer par avance.

« Je dois m'excuser pour ce désagrément. J'espère que dans quelques semaines, lorsque j'aurai de nouveau un endroit où vivre et forger, vous me ferez l'honneur de me rendre visite. Je vous dédommagerai pour votre déplacement. J'ai de très belles pièces ! En attendant, je peux vous conseiller un ou deux forgerons qui devraient pouvoir s'occuper de votre commande. »

Elle se sentait mal de lui lécher ainsi les bottes. Elle craignait surtout qu'il n'essaie d'utiliser la situation à son avantage. Alors la forgeronne avait pris les devants en lui proposant immédiatement un petit cadeau. Et puis, vraiment, elle aurait besoin d'aide sur ce coup-là. Avec son statut d'humaine, elle pouvait très facilement perdre une grosse partie de ses clients en étant inactive aussi longtemps. Autant fidéliser au maximum si elle ne voulait pas dépérir.

Autour d'elle, les gens s'étaient un peu éloignés. Il se tenaient en retrait et en petits groupes, intrigués par la présence du Duc. Le jour approchait à grands pas et il restait là, au milieu des petites gens. Mais surtout, son acte avait choqué tout le monde. On murmurait et même si Willow ne comprenait pas leurs mots, elle pouvait imaginer sans mal qu'ils étaient impressionnés. Peut-être par le vampire, peut-être par elle qui osait se tenir face à lui sans faire de courbette.
Bien entendu, parmi tous ces gens, elle ne reconnut aucun employé de la fabrique qui avait explosé.


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MessageSujet: Re: 100 000 Degrees   Dim 21 Fév - 16:28


❝ Scène 04 - Light my fire ❞




Une odeur de mort l'envahissait et il frémit. Ses deux parents étaient morts dans le même accident et, bon sang, il ne pouvait pas s'empêcher de repenser à ce voyage de condoléance qu'il avait fait dans le désert pour éviter de penser à eux, pour se reprendre. Il détestait la mort quand elle ne servait aucun idéal et aucune raison. Les morts accidentelles étaient vraiment les pires et il avait juste envie de s'en aller.
Autour d'eux, des femmes et des enfants qui devaient se juger inaptes à aider – alors que toute main était bonne à prendre – murmuraient qu'il était un sauveur d'humains. Ha ha ha ha ha. Non. Il leur ferait fermer leur clapet quand il aurait fini de sauver la forge dans laquelle il y avait son couteau.
Non, pas un sauveur d'humain. Il n'allait certainement pas jouer au justicier de la nuit, mettre un manteau noir et sauver des humains par pelletées entières. Il fallait être guignol pour ne pas comprendre en quoi les humains étaient juste du bétail. Certains, comme cette femme, méritaient un peu plus son respect parce qu'ils avaient un capacité qui les rendait utile, qui les rapprochaient du mérite vampirique. Mais il ne pleurerait jamais pour un humain mort.
Eugène avait dit une fois que tous les humains sans exception devraient devenir des vampires. Tout le monde l'avait regardé comme s'il était idiot – ce qui n'était pas le cas, il était illuminé – et personne n'avait prit la peine de lui expliquer pourquoi c'était stupide.
Il remplit son baquet une nouvelle fois de neige et nouveau regard à la jeune femme. Et d'un coup, boum, elle était en feu. Il en lâcha son baquet et fut tenté de lui jeter de la neige dessus mais elle semblait calme. Du genre à n'en avoir rien à foutre. Son petit cerveau se mit en marche assez rapidement pour qu'il comprenne que c'était son pouvoir. Ah oui, les humains pouvaient créer. Il n'en avait jamais été jaloux.
En soupirant, il reprit son baquet. Il devait l'aider, même si elle semblait ignifugée. Et carrément couillue, ce qui lui plaisait.
Pour des gens qu'on payait deux cent pièces d'or par an, les teinturiers n'étaient pas très réactifs. Ils semblaient avoir maîtrisé leur propre incendie assez lentement et le feu avait eu le temps de se propager. Finalement, les autres habitants avaient eux aussi aidé et tout était réglé. Ou presque. Seule la forge mettait un peu de temps à s'éteindre. Il ne voyait pas la fille dans les flammes et se dit qu'elle était peut-être morte.
Finalement, alors qu'il venait d'enlever son manteau pour aller la chercher, elle reparut avec sa dague cassé. Il soupira de soulagement alors que les dernières flammes s'éteignaient, laissant les cendres refroidir.
Il regarda un peu autour de lui. L'Amicale Philatélique de Gothik City avait un peu roussi mais apparemment tout allait bien. La teinturerie avait perdu trois employés et la forge était considérablement endommagée. Jamais la fille ne pourrait réparer son couteau dans ces conditions. Fronçant les sourcils, il se dit qu'il n'aurait peut-être pas dû suivre les conseils de son meilleur ami pour une fois.
La fille qui était assez timbrée pour se jeter dans le feu le remercia et il soupira. Elle argua qu'elle n'était qu'une simple humaine et oui, c'était le cas. Il détourna le regard, considérablement gêné. Il aurait même pu avoir le rouge aux joues.
Quand la fille lui rendit son couteau et son argent, il les repoussa pour qu'elle les garde. Oh non, il la voulait elle ! Il n'avait pas sauvé sa forge pour rien. Et puis sociabiliser était fatiguant et il ne voulait certainement pas … recommencer et peut-être bien re-sauver une forge pour rien. Il n'était pas un bon samaritain non plus !
“ Certainement pas, jeune femme ! Je … mon père avait fait aménager une forge dans notre sous-sol et je ne m'en sers jamais, vous n'aurez qu'à venir habiter et forger chez moi le temps que vous … puissiez tout reconstruire. ”
Il soupira et finalement, il osa croisa son regard, un peu gêné. En déglutissant, il hocha la tête.
“ Vous n'aurez qu'à venir au manoir von Hochen quand vous aurez rassemblé ce qu'il vous reste. C'est le grand bâtiment tout en gris-noir dont l'entrée principale est dans la rue de la fée sauvage. Vous ne pouvez pas le louper. ”
Il exécuta une courbette maladroite et déglutit. Est-ce qu'il avait faite une connerie ? Est-ce qu'Yvan croirait à ces conneries de sauveur d'humains ?
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MessageSujet: Re: 100 000 Degrees   Mer 24 Fév - 17:33

I
l refusa. Willow n'en croyait pas ses oreilles. Et il s'adressait à elle comme si elle avait été… Une enfant, une « jeune femme » ! Elle avait passé l'âge qu'on l'appelle ainsi ! La colère fit briller ses yeux et elle serra les dents. S'il n'avait pas sauvé sa forge… Comment osait-il la commander ainsi ? Croyait-il qu'elle allait faire ce qu'il voulait simplement parce qu'elle était sans domicile et sans lieu de travail ? Certes, les décombres fumant de sa forge laissaient matière à réfléchir. Et irréfléchie, elle ne l'était pas. Toutefois, la fureur empourprait ses joues et alors que le vampire, de toute évidence mal à l'aise au milieu des humains qui l'encensaient, jetait des coups d’œil de part et d'autre de lui, elle lança un petit ricanement.

« Et vous croyez réellement que je vais venir tranquillement dans votre manoir, pour que vous puissiez m'utiliser et me manipuler ? A moins que vous ne vouliez simplement me dévorer ! Ha ! Ce serait bien stupide de ma part ! Pas moyen ! Ne m'attendez pas, monsieur le duc ! »

Vexée qu'on ait pu la prendre à ce point pour une pigeonne, elle s'inclina dans une courbette qui n'avait rien de respectueuse et brandit la dague brisée, ainsi que la bourse.

« Puisque c'est ce que vous désirez, je les garde pour le moment. Vous pouvez rentrer dans votre beau manoir, rue de la fée sauvage, monsieur. Quand j'en aurai terminé, je vous ferai parvenir votre commande. »

Ecrasant un petit tas de neige sous sa botte, elle s'engouffra dans sa forge. Ou ce qu'il en restait. Dans son dos, les murmures outrés se transformèrent en voix bien vives et audibles alors que Willow disparaissait dans l'ombre de son bâtiment brûlé. Elle était vraiment en colère, surtout après elle. Dire qu'elle avait estimé ce noble qui n'avait rien trouvé de mieux que de lui proposer, ni plus ni moins, que de la dominer. Elle n'avait jamais accepté plus que ce qui lui était dû et elle n'allait pas commencer maintenant, simplement parce qu'un type un peu plus beau que les autres s'était présenté à sa forge.
Elle grimpa tant bien que mal l'escalier menant à l'étage. Le toit était ouvert sur la moitié de la mezzanine et la pluie avait déjà trempé le parquet. Elle fit bien attention aux endroits où elle mettait les pieds pour ne pas s'effondrer à l'étage du dessous, puis fouilla dans ses affaires. Il y avait bien quelques vêtements qu'elle pouvait récupérer. Heureusement, aucune de ses robes en armure n'avaient souffert de l'incendie.

Alors qu'elle descendait avec une valise pleine à craquer en se demandant où et comment elle allait transporter sa marchandise restante, une voix qu'elle connaissait bien la héla. Willow scruta les ténèbres jusqu'à deviner les contours d'un visage, entre deux poutres placées en travers de la forge.

« Jedicaia, rentre chez toi.
-Will, t'es dingue ou quoi ? »

Elle leva les yeux au ciel. Qui était noir et enfumé. L'adolescent n'apprendrait jamais à l'écouter.

« Ce vampire te propose de rebondir et toi tu refuses ? T'as le cerveau qui baigne dans son jus !
-Et toi tu ne mesures pas les conséquences de ce que tu dis. M'enterrer chez un vampire ? Allons bon !
-Will… Tu sais comme moi que c'est ta seule chance.
-J'ai réussi à monter tout ça sans l'aide de personne, je te rappelle.
-Tu as eu de la chance. Et tu étais plus jeune. Willow… Ce gars, c'est un type bien ! Il a sauvé le bâtiment, non ? »

A force d'insister, Jedicaia finit par la faire réfléchir. Elle le renvoya et s'assit sur une marche épargnée par l'incendie. Combien de chances avait-elle réellement de retrouver un emplacement pour sa forge ? Et ce duc… Elle était curieuse de voir à quoi pouvait ressembler la forge privée d'un noble. Et puis, s'il essayait de la mordre, elle avait une défense imparable.


Une heure plus tard, Willow se présenta au manoir Von Hochen. Il était très impressionnant et assez hostile. Elle aimait bien, ça avait l'air tranquille. Pas plein de festivités et de petites princesses de la noblesse qui se pavanaient les fesses à l'air. Elle toqua à l'aide du heurtoir et patienta, sa valise à la main. Derrière elle, une charrette conduite par un humain décharné patientait, remplie des armes et autres produits de sa forge encore vendables.
Quand on lui ouvrit, elle pénétra dans le vestibule sans attendre d'invitation et se tourna immédiatement vers le majordome. Il avait une tête à s'appeler Firmin.

« Ecoutez Firmin, j'imagine que vous êtes le larbin de cette maison, alors voilà mes conditions. Pas de morsure, pas d'ordres et pas de « venez paradez à ma petite sauterie pour que je vous expose ». Vous pourrez dire ça à votre maître quand il daignera ramener sa somptueuse personne dans la réalité des gens du commun. De toute façon, j'ai la maladie en moi, alors il serait bien avisé de ne pas essayer de planter ses dents dans mon cou. Bon, où est-ce que je peux déposer tout ça ? »

Du doigt, elle pointa le chargement qui attendait toujours sous la pluie.  




Dernière édition par Willow Steel le Mer 24 Fév - 21:38, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: 100 000 Degrees   Mer 24 Fév - 18:48


❝ Scène 05 - Sang impur ❞




Voilà, une humaine ne pouvait pas refuser cela. Il lui offrait une sûreté contre l'hiver qui arrivait et une très certaine sécurité financière. Il était gêné mais il ne voyait pas comment il pourrait réagir autrement. De front, devant Yvan il ne le dirait jamais mais la pensée que cette humaine puisse mourir dans le froid à cause de ces idiots de la teinturerie le rebutait. Officiellement, c'était uniquement pour ce couteau.
Une fois chez eux, il n'aurait qu'à dire à madame Constance de lui faire couler un bain. Elle avait été la nourrice de Jasper depuis presque toujours, elle devait bien savoir s'occuper des humains. Il ne doutait pas que cette fille serait toute à son aise et aurait le temps de pouvoir rebâtir son petit empire des métaux.
Cependant, elle refusa son offre. Une offre en or. Et elle la lui cracha à la figure, se souciant apparemment peu du fait qu'il pouvait lui faire craquer le cou quand il le désirait et se nourrir de ce sang de feu qui était le sien. Fou de rage, il la regarda s'amuser à l'humilier. Elle avait de la chance qu'il avait rangé son épée sinon il lui aurait fendu le crâne en deux avec. En serrant les poings, il fronça les sourcils.
Cette fille de rien, cette petite idiote, refusa son affaire mais garda quand même la bourse et le poignard, en lui disant qu'elle allait le faire. Quand elle aurait sa forge. Oh celle là ! Il voulut saisir son cou mais elle était déjà trop loin. Et il sentait comme une démangeaison dans la cage thoracique, il n'aimait pas cela. Fou de rage, il décida qu'il était grand temps de rentrer chez lui et de résoudre cette histoire de battement de cœur.
Il passa avec un certain dédain devant l'animalerie de Rita-la-glauque, comme l'indiquait le nom du magasin affiché en grandes lettres noires sur la devanture. Hmph, il voulait y passer en rentrant mais énervé comme il était il aurait pu arracher le cœur d'un nourrisson chat.  Un chaton, voilà. Il se hâta de passer les quelques rues qui le séparaient des grands toits et finit son chemin volant presque des toits en toits.

Une fois rentré chez lui, il décida de se détendre. Il mit un magnifique morceau de violon de Haddasah dans son tourne-disque et s'endormit presque devant le feu ronronnant de la cheminée. Il était clair à présent que ce battement qui tambourinait à ses oreilles sans relâche ne s'en irait jamais. Pas sans un bon coup de pouce du destin et comme le destin semblait s'acharner sur lui en ce moment, il était foutu.
Une jeune servante qui venait d'être engagée par Alfred et qui s’appelait Premairy – ou peut-être bien Sally -  vint le sortir de son presque sommeil pour lui dire que son bain était tout chaud et qu'il devrait y aller. Oui, c'était une bonne idée. Il n'arriverait à rien avec cette façon de penser. En déglutissant, il décida qu'il se remettrait au travail seulement demain. Aujourd'hui avait été éprouvant.
Alors qu'il songeait à comment il allait récupérer son couteau et l'amener chez Barley le lendemain, il se lava. Bon, techniquement il n'aurait pas eu besoin de se laver si ses vêtements et une partie de sa peau n'étaient pas couvert de suie. Son manteau présentait un gros trou au bras gauche et ne pourrait probablement plus jamais être porté mais il avait quand même demandé à son majordome de le faire laver.
Quand il sortit de la salle de bain, une tenue propre l'attendait ainsi qu'un petit plateau sur la table qui contenait un petit pain chaud fait maison, du thé fumant dans une tasse et un verre de sang. Ses serviteurs étaient si préoccupés pour lui.
Il revêtit un pantalon foncé, une chemise claire et un gilet, laissant la redingote de côté. S'arrêtant de nouer son nœud de cravate quand il entendit une voix familière dans l'entrée. Il descendit les marches à vitesse vampirique et se retrouva devant la fille avant même qu'elle n'ait eu le temps de dire ''ouf pouf''.
“ Vous avez comprit que je ne voulais pas vous posséder, vous dominer ou je ne sais quelle connerie ? C'est une bonne chose pour vous. Alfred, guidez l'humain à la cave. Mademoiselle, suivez moi. Alfred vous fera visiter les lieux plus tard. ”
Il entama la marche vers ses appartements, à vitesse normale cette fois.
“ Vous êtes vraiment une porteuse ? J'ai besoin de vous pour mes recherches. Voilà mes conditions : vous pouvez vous servir de la forge autant qu'il vous semblera bon de le faire, prendre des commandes et vendre vos armes. Et vivre ici. En échange, j'aurais besoin de vous pour quelques expériences. ”
Il s'arrêta, très droit et défit la manche de sa chemise qu'il remonta. La blessure était stabilisée mais on voyait distinctement la morsure en deux petits trous stériles. D'eux partaient des veines noires, toujours pas gonflées heureusement, qui faisaient comme deux soleils se rejoignant.
“ Ma vie en dépend peut-être mademoiselle Steel alors je demanderai votre plus totale coopération. Voilà deux mois que j'ai réussi à stabiliser la maladie, vous ne risquez rien mais je dois trouver un moyen de la chasser de mon corps définitivement. Et de ceux de tous les infectés.  ”
Si jamais elle osait révéler son hideux secret à tout va, il n'aurait qu'à lui briser la nuque et démentir. Personne n'oserait penser qu'Yvan aurait pu accepter un malade dans son entourage.

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MessageSujet: Re: 100 000 Degrees   Mer 24 Fév - 22:12

F
irmin n'eut pas le temps de lui répondre que le maître de maison se présenta devant eux. On aurait dit qu'il était apparu dans le vestibule par magie et Willow le soupçonna de l'avoir réellement fait. Il était de notoriété publique que les nobles s'amusaient avec les démons, les invocations et la magie noire. Un jour, pensait-elle, ils les condamneraient tous. D'ailleurs, cette maladie était peut-être bien le résultat d'une bêtise commis par l'un d'entre eux. Qu'avait-elle entendu récemment encore ? Que l'armée de Gothik City disposait d'un corps d'invocateurs de démons, rien que ça ! A croire que le Comte essayait vraiment de tous les précipiter en Enfer. Si elle avait eu son mot à dire, on aurait remballé toutes ces histoires de pentagrammes et de sacrifices de sang pour ne plus jamais en entendre parler.

Rapide, gracieux dans ses paroles, le duc s'invita dans la conversation comme si c'était la chose la plus naturelle à faire. Apparemment, il n'était pas vraiment surpris de la présence de Willow dans sa demeure. Elle était pourtant certaine de lui avoir très clairement fait comprendre ses intentions. Bon, au moins, elle n'aurait pas à s'expliquer et se ridiculiser. Oui, elle avait compris que Von Hochen ne chercherait pas à lui nuire. Ou plutôt, elle avait décidé qu'elle était capable de se défendre s'il essayait. Après tout, elle manipulait le feu, un élément qui ne plaisait que moyennement aux vampires. S'ils ne pouvaient être noyés, blessés mortellement par les vents ou réduits en charpie par un séisme, ils pouvaient difficilement se défendre face aux flammes qu'elle ferait naître de sa volonté de vivre.
Il s'avéra que Firmin s'appelait en réalité Alfred. Il fut donné l'ordre au larbin – un majordome, si elle se souvenait correctement du terme – de conduire ses affaires à la cave. Il n'y avait pas seulement sa marchandise, mais aussi son matériel précieux. Un marteau forgé par son père, des pinces de très grandes qualités et ses gants. Elle n'avait malheureusement pas pu emporter son enclume, trop lourde pour la charrette et les deux chevaux qui la tiraient.
Avant qu'ils ne se séparent, Firmin, enfin Alfred, essaya de lui prendre sa valise des mains. Willow tenta de résister en le défiant du regard, ce à quoi le vampire répondit par un profond soupir.

« Je vous en prie mademoiselle, laissez moi porter cela dans votre chambre. Vous en encombrer serait ridicule. Et si vous pensez que je prendrais plaisir à fourrer mon nez dans vos culottes de soie, détrompez-vous. Je ne suis pas de ce bord-là. »

Willow ne possédait pas de culotte en soie, mais la réponse de Firmin la mit assez en confiance pour qu'elle lui laissa sa valise. Quel intérêt aurai-il, de toute façon, à détruire ses robes. Et puis, il avait raison sur un point : son bagage était lourd et elle commençait déjà à avoir mal aux poignets. A contrecœur mais avec sagesse, elle le lui laissa.
La forgeronne suivit ensuite Von Hochen à l'intérieur même du manoir. C'était propre, rangé. Pas très bien éclairé, comme toutes les demeures de vampires. Mais au moins, l'ambiance était assez chaleureuse. Et il faisait assez chaud. Elle osa même déboutonner son lourd manteau de cuir usé quand la chaleur d'un foyer ronronnant l'atteignit.
Cependant, Von Hochen la fit tout de suite déchanter. Bien sûr, il avait besoin d'elle. Parce qu'elle était une porteuse saine de l'Infection. Bloody Hell, ce truc était censé éloigner les vampires, pas l'obliger à fournir des services aux nobliaux curieux ! Elle était pourtant persuadé qu'au sein de cette classe sociale, ils étaient tous terrorisés à la perspective de côtoyer cette maladie ! Mais celui-là était prêt à lui fournir… Tout, une vie complète, juste pour un peu d'aide.
Alors qu'elle allait poser une question qui lui aurait sûrement valu un regard outré et une exclamation indignée, Von Hochen se retourna et remonta la manche de sa manche. Willow écarquilla les yeux en voyant les deux petites traces d'une ancienne morsure. Les marques qui en partaient ne laissaient pas de place au doute, car elle les avait déjà vues plusieurs fois sur des vampires au seuil de la mort. Affolée, elle fit un pas en arrière, mais s'arrêta en se souvenant qu'ils venaient tout juste d'atteindre le sommet des escaliers. Faire une chute mortelle dès à présent n'était pas dans ses intentions. Au lieu de ça, elle prit une inspiration pour se forcer au calme. Ce type semblait parfaitement lucide, même s'il agissait de façon curieuse pour un noble. Elle l'écouta expliquer son problème, tout en se demandant si elle ne ferait pas mieux de fuir à toutes jambes hors de ce manoir. Et puis, elle pensa à sa valise et son matériel, qui devait être en train d'être installé à la cave. Bon sang, elle était coincée ici.

Bon, il fallait essayer de raisonner. De relativiser. Von Hochen disait avoir stabilisé la maladie. Elle avait un pouvoir qui lui permettrait de se battre en cas de problème. En plus, elle n'était pas mauvaise à l'escrime. Et puis, elle doutait qu'aider le vampire lui apporte de gros désagréments, sinon elle ne serait plus capable de forger et la promesse qu'il lui avait faite serait caduque.
Les yeux doucement plissés alors qu'elle scrutait son visage à la recherche du signe d'un mensonge, elle lui demanda :

« Etes-vous du genre à tenir vos promesses, duc Von Hochen ? Si c'est le cas, j'accepte votre offre. Mais sachez que je ne suis pas du genre à me laisser faire, ou même séduire. Je connais la cour, je connais les gens de votre sorte et de votre espèce, c'est d'ailleurs pour cela que je ne me suis fait infecter. Ne tentez même pas de me faire du mal, j'aurais du répondant. »

Voilà, c'était dit. On pouvait lui reprocher d'être irrespectueuse, mais elle était une humaine qui allait vivre quelques temps chez un vampire. La faiblesse n'était pas envisageable.

Ils marchèrent encore jusqu'à arriver dans ce qui semblait être les appartements mêmes du maître de maison. Encore une fois, l'endroit était propre, parfaitement rangé et chaleureux tout en étant sombre. Willow aurait eu envie d'y dormir.

« Que voulez-vous que je fasse au juste ? Je ne vois pas en quoi une personne comme moi peut vous aider dans vos recherches. »


 


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MessageSujet: Re: 100 000 Degrees   Jeu 25 Fév - 13:41


❝ Scène 06 - Almost Dawn ❞




Ils s'étaient arrêtés devant une fenêtre en hait des escaliers. Luscka pu constater que la pluie, couplée au froid, s'étaient chargée de déposer une fine pellicule glacée sur les pavés de la ville. Il put aussi remarquer qu'Alfred avait bien escorté le jeune homme qui portait le matériel de Willow à l'abri dans la cave, accessible depuis la Cour intérieur. C'était sans doute par là qu'elle pourrait prendre ses commandes.
Ce serait de bien meilleure fréquentations que le quartier où elle avait l'habitude d'opérer. Oh oui, entre les tavernes où l'on comptait plus de servantes que de clients et la teinturerie incendiaire, la jeune femme s'était bien mal placée. Mais il supposait qu'en tant que femme, en tant qu'humaine, c'était déjà assez dur de trouver un emplacement correct alors il n'avait rien dit. Mais il n'allait pas la plaindre pour autant.
En face de la fenêtre se tenait un magnifique tableau au cadre doré. Il représentait Coppélia aux yeux d'Email, une magnifique jeune femme qui avait été son arrière-arrière grand-mère. Il paraissait que ses yeux semblaient refléter le passé et le futur, les feux de l'enfer et les nuages du paradis. Bien sûr, la peinture ne donnait sans doute même pas une once d'idée de ce qu'ils avaient pu être mais Luscka l'aimait bien quand même.
Comme toute la famille des von Hochen, elle avait été plutôt favorables aux humains. Le seul orphelinat pour humains qui avait été établi dans la ville portait le nom de Coppélia et tout le monde avait semblé penser qu'il prendrait la même direction. S'il n'avait pas le cœur de détruire l'orphelinat, il avait drastiquement baissé leur financement annuel. Jusqu'à ce que Jasper ne le convainque que c'était cruel. Oh ce Jasper, si agaçant.
Il se dit que son ancêtre verrait plutôt bien l'arrivée d'une étrangère humaine mais lui même avait des doutes. Son cousin, en revanche, serait sûrement extatique quand il reviendrait du marché.
L'humaine semblait méfiante mais sans doute n'avait-elle jamais pénétré dans ce genre de demeure incroyablement riche. Les von Hochen n'étaient pas du genre à étaler leurs richesses mais leur demeure n'en était pas pour autant austère. Il y avait plus d'argenterie que de dorures mais le feu ronronnait toujours dans au moins une cheminée. Parfois, Luscka se disait que la maison était magique. Où qu'il aille, le feu le suivait.
Cela plairait sûrement à la jeune femme qui était humaine. Elle devait avoir froid. Il semblait à Luscka que la chaleur avait augmenté mais il n'en était pas sûr. Bien que plus sensible aux changements de températures ces temps-ci – depuis sa morsure, en fait – il ne ressentait pas cela comme un choc à la façon des humains.
En regardant la jeune femme de plus près. Il lui semblait avoir déjà vu ce visage. Peut-être dans la salle des portraits du château.
Avec un petit sourire, il se rendit compte qu'il était en train de délirer. Ils devaient se remettre à marcher mais d'abord il voulait entendre l'accord de la jeune femme. Willow avait l'air d'une femme déterminée mais accepterait-elle de l'aider ? Il était un noble après tout et les humains, surtout les pauvres, n'étaient pas les mieux placés pour reconnaître la véritable valeur des nobles. Ils les imaginaient tous comme … Taesch Condé.
Alors que l'aube noyée de brouillard commençait à émerger, le vieux vampire sourit en voyant la jeune femme recula. Il n'avait pas peur, il se savait capable de la rattraper si elle risquait quoique ce soit. Elle ne commit pas l'erreur de tomber cependant et il n'eut pas à utiliser d'une vitesse surnaturelle pour la maintenir dans le monde des vivants.
Elle plissa les yeux comme si cela pouvait l'aider à voir le vrai visage de Luscka. Mais son vrai visage était celui là. Il était un ''rupin'' dans le langage de la jeune femme et il était normal après tout qu'elle se méfie mais il lui présentait son côté le plus faible, le plus instable et elle ne pouvait pas prétendre que ce n'était pas une marque de confiance. Il ne pouvait pas se montrer plus en confiance avec elle et elle ne lui en avait encore donné aucune raison. Elle commençait à insulter son honneur.
La jeune femme lui cracha encore des immondices au visage et il fronça les sourcils. Il devait avoir l'air impressionnant comme ça mais tant pis.
“ Vous commencez à être insultante mademoiselle Steel. Vous ai-je fait du mal ne serait-ce qu'une fois ? Je ne crois pas. Accordez moi votre confiance ou vous risquez de faire une crise cardiaque. Détendez vous, il serait fâcheux de vous perdre. ”
Quand ils arrivèrent à ses appartements, la jeune femme fut curieuse. Il hocha la tête et sortit une petite seringue, bien loin de celle qu'il utilisait pour se soigner. Il savait qu'elle serait bien trop effrayante.
“ Je vous demanderai juste du sang, de temps en temps. Je veux savoir pourquoi vous êtes saine, si cela a un rapport avec votre pouvoir de type flamboyant et si je pourrais étendre cette anomalie de la maladie à tous les infectés. Me donnez -vous votre accord ? ”
Il aurait pu lui prendre du sang sans son accord mais il était un gentilhomme très galant et ce n'était pas comme ça que ses parents l'avaient élevé. Dans son dos, le feu venait de s'allumer comme par magie dans l'âtre frémissant de son laboratoire.

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MessageSujet: Re: 100 000 Degrees   Jeu 25 Fév - 14:48

V
on Hochen ne prit pas la peine de répondre à sa question. Apparemment, elle l'avait profondément insulté. Oui, et bien, elle n'avait jamais essayé de ne pas le faire. Evidemment, il était un noble, alors tout de suite, les grands mots ! Dès qu'on touchait à son honneur, plus rien n'allait. Oui, et bien, dans le cas de Willow, c'était sa vie qui était en jeu, pas seulement ce stupide honneur. Non pas qu'elle n'eut rien à faire du sien, après tout elle était commerçante et elle tenait à sa réputation, qui lui permettait de vivre. Enfin… Elle préféra ne pas ronchonner un peu plus et essaya de se détendre, comme le suggérait le vampire. Il disait avoir peur de la perdre d'une crise cardiaque. Willow savait qu'elle ne risquait rien. Elle avait vécu de nombreuses années avec cet état d'esprit et il ne lui était jamais rien arrivé, pourquoi maintenant serait-ce différent ?

Dans ses appartements, le duc exhiba une seringue. Une simple aiguille, pas très effrayante, pourtant la forgeronne se sentit soudain mal à l'aise. Elle n'avait jamais eu à subir la moindre piqûre ou morsure, elle se demandait comment cela faisait. D'un autre côté, elle n'avait en aucune façon envie que l'on satisfasse sa curiosité.
Von Hochen s'expliqua. Et elle ne comprit rien. Prendre son sang pour en apprendre des trucs sur la maladie ? Oh, il avait peut-être un don qui lui permettait d'analyser ce qu'il avait en bouche. Parce que si ce n'était pas le cas, elle ne voyait vraiment pas comment il pouvait accomplir un tel miracle. Ses yeux balayèrent alors les quelques étranges instruments disposés sur une table. Jamais elle n'avait vu ça. Soudain furibonde, elle se précipita à grands pas vers un étrange petit couteau avec une forme étrange et s'en saisit. La maniabilité était affreuse et honnêtement, elle ne voyait pas du tout quoi en faire.

« Mais qui a créé cette horreur ? C'est tout juste bon à être fondu pour autre chose ! »

Elle se saisit alors d'une espèce de bassine qui semblait souffrir d'avoir été forgée.

« Et ça encore ?! Je me demande qui a eu l'affront de… ? »

Elle regarda Von Hochen comme s'il était lui-même responsable de ces horreurs.

« Ne me dites pas que vous avez payé pour tout ça ? C'est un scandale ! En plus, je ne vois vraiment pas pour quoi vous pouvez vous en servir. »

Une bassine, il en avait une juste bien comme il fallait pour se débarbouiller. Des armes, il était aussi très sûrement équipé. Donc… Oh, bien entendu. Ses trucs de recherche auxquels elle n'entendait rien.
La forgeronne retira son manteau qu'elle jeta sur un fauteuil situé à quelques mètres, puis retroussa les manches de ses couches de vêtement, au niveau de son droit. Elle fit bien attention à dégager l'intérieur du coude. Certes, elle n'avait jamais subi la violente pénétration d'une seringue, mais elle en avait été témoin. Elle n'était pas ignorante au point de ne pas savoir où il était préférable de piquer. Dans ses souvenirs, cependant, nul prélèvement de sang. Il n'avait toujours été question que d'injections de produits. Parfois pour guérir, parfois juste pour se sentir mieux (et invariablement en mourir). Dans tous les cas, ça avait semblé très douloureux au début. Elle se demandait si serait la même chose.

« Très bien, si vous voulez me prendre du sang, allez-y. Mais pas trop hein. J'en ai besoin pour travailler. »

Elle savait aussi que les vampires pouvaient prélever juste assez de sang pour se nourrir, sans trop affaiblir leur victime. Jedicaia, né et élevé dans une maison close, lui avait raconté cette chose qui l'avait fait frémir. Alors elle comptait sur la parole de ce Von Hochen, qui avait dit tenir à elle. Du moins, à ce qu'elle vive. Qu'en serait-il une fois qu'elle aurait réparé son couteau ? Elle l'ignorait et se montrerait du coup beaucoup plus prudente. En attendant, elle allait coopérer.

Une pensée néfaste lui traversa l'esprit alors qu'elle jetait un nouveau coup d’œil à la seringue, toujours entre les doigts du vampire. S'il buvait son sang et y prenait goût, que se passerait-il ? Elle déglutit, songeant qu'il pourrait vouloir prélever à la source, par la morsure. Il était déjà infecté, sa grande défense ne fonctionnerait pas contre lui. Et elle ne voulait pas devenir un vampire, perdre ses pouvoirs auxquels elle était habitué et rejoindre le rang des vaniteux. Boire le sang de ceux de son espèce pour survivre. Voir ses connaissances mourir. Voir Jedicaia mourir avant elle. Ce serait vraiment affreux.
Willow déglutit et rabattit son bras, reculant d'un demi-pas. Elle n'était plus si sûre d'elle à présent. Qu'allait penser Von Hochen de ce revirement ? Sans doute qu'elle était indécise. Oh et puis, elle s'en fichait de ce qu'il pensait, non ? Pour la première fois, elle leva un regard un peu inquiet sur lui.

« Vous… Vous n'allez pas en profiter, n'est-ce pas ? »

Elle était prête à lui redonner accès à son sang, pourvu qu'il l'assure, juste une dernière fois, qu'elle n'allait pas subir de graves conséquences. Par-dessus l'épaule du vampire, elle vit que la cheminée était habitée par un feu ronflant. Curieux... Elle aurait pourtant juré que lorsqu'ils étaient arrivés, l'âtre était aussi noir que la nuit. Firmin serait-il passé sans qu'elle le voit ? Ou bien... Peut-être que son angoisse de se retrouver dans ce manoir avait déclenché son pouvoir sans qu'elle ne le remarque. Ce serait bien la première fois depuis longtemps.
 


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MessageSujet: Re: 100 000 Degrees   Dim 28 Fév - 12:23


❝ Scène 07 - Madness of life ❞




Il s'attendait à une bordée de jurons mais la fille eut le tact et la bonne idée de ne rien en faire. Elle devait se douter que les nobles n'aimaient pas la violence gratuite et le parler de la rue, surtout de la part d'une humaine. Et puis quoi encore, dans son propre manoir ? Dire qu'il en était réduit à héberger une humaine. Une humaine ! Il se demandait bien quel serait son châtiment quand il serait envoyé en enfer après sa mort.
Et il se demandait comment réagirait Yvan. Il le voyait bien marteler le sol avec ses poings en hurlant 'Noooon ! ' sous une pluie aussi opportune que dramatique. Les Von Dast avaient toujours eu le sens du spectacle, il n'y avait qu'à voir le Comte ou le prince Ulrick pour s'en rendre compte et Yvan, bien qu'il le nia, n'était pas en reste.
En tout cas, Willow ne semblait pas avoir un sens de l'humour très développé. Il doutait que ce soit dû à la situation. Oh Luscka n'était pas un joyeux luron de nature mais il lui était arrivé de rire à quelques farces d'Eugène ou de Clair après quelques verres. Bien sûr, il n'avait jamais explosé de rire comme eux et il s'était encore moins roulé par terre sous la table comme un animal mais il savait s'amuser. Discrètement.
En observant un peu plus la jeune humaine, Luscka se dit qu'elle lui rappelait vraiment une femme peinte sur un tableau du temps jadis mais il était incapable de dire qui. Il faudrait qu'il demande à Yvan s'il avait déjà eu la même impression avec elle.
La jeune femme ne lui répondit pas mais se dirigea vers son étal à instruments. Ils étaient usuellement rangés dans leurs tiroirs mais il les avait sorti peu avant son bain pour faire sa piqûre. Alfred avait dû oublier de les ranger. Cet oubli était largement pardonnable étant donné les incroyables efforts que faisait son majordome pour tenir cette maison. Ce manoir était gigantesque et il n'y avait qu'une quarantaine de serviteurs ici. Cinq fois moins qu'au château von Dast.
Il observa les reflets que produisait la lumière qui émanait du feu sur ses cheveux noirs de jais. Elle était belle pour une humaine de cet âge. La plupart ressemblaient déjà à des fleurs fanées mais il supposait que sa fureur de vivre la tenait éloignée des ravages de l'âge chez les humains. A vrai dire, il n'avait pas l'habitude de voir des rides ou des petites tâches de peau depuis qu'il avait quitté Modernis et trouvait ça assez fascinant.
Elle décida soudain de critiquer ses scalpels et sa bassine. Bon, elle ne connaissait rien en médecine alors il supposait qu'il pouvait lui pardonner mais ces ouvrages étaient d'une grande finesse. Sur chaque scalpel on pouvait voir les trois chevaux à cornes et leurs cavaliers de l'emblème des Von Hochen très bien détaillé, motif que l'on retrouvait dans le fond de la bassine. Travailler un métal aussi stérile de façon aussi parfaite ne pouvait être attribué qu'à des machines et il le déplorait fortement.
Il se dit qu'il lui expliquerait plus tard parce qu'il ne voyait pas l'utilité de le faire maintenant et qu'il commençait sérieusement à fatiguer. Ces derniers temps, il ne pouvait plus veiller aussi tard qu'avant. En fait, il se sentait un peu mal en ce moment et ne rêvait que de son lit – et éventuellement d'Elijah dedans ce qui serait un bonus non négligeable. Son lit était toujours le même depuis son adolescence : un chef d’œuvre en bois serti d'ambre et d'or. Les armoiries des Von Hochen étaient gravée sur la tête de lit.
Il eut un petit rire quand elle lui demanda bien à quoi tout cela pouvait bien lui servir. Plus tard, la fatigue commençait déjà à l'emporter sur ses nerfs.
Elle retira son manteau qui heurta une dague blanche exposée au mur avant de glisser sur un fauteuil, celui là même dans lequel s'était assis Elijah la dernière fois. Et puis, l'humaine accepta et retroussa ses vêtements jusqu'à dévoiler l'intérieur de son coude. Elle savait donc comment faire. Il savait bien que les humains avaient parfois recours à des injections mais peu d'entre eux osaient regarder.
Alors qu'il pensait déjà à son dessus de lit paré de plumes de cygnes, la jeune femme sembla se rétracter. Ah non hein ! Il était déjà assez épuisé comme cela !
Il se rapprocha et attrapa son bras avec délicatesse. Usant de son pouvoir pour la concentrer sur les bonnes choses, il lui parla d'une voix douce.
“ Ne vous en faites pas, je ne vais en prendre qu'un tout petit peu, même pas de quoi nourrir un enfant. Et je l'utiliserai uniquement pour mes expériences, jamais pour me nourrir si c'est cela qui vous inquiète. Mais vous êtes solide comme un sabre, vous saurez parfaitement vous passer de si peu de sang ! ”
Il retira l'aiguille après avoir rempli le petit flacon et posa un coton stérile en même temps sur la plaie. Quelques gouttes le tâchèrent mais l'hémorragie cessa aussi vite qu'elle avait commencé. Il avait piqué des gens toute sa vie ou presque il était sûr à cent pourcent que cette fille n'avait absolument pas eu mal. Il fixa le coton avec un adhésif spécial – acheté à Modernis encore une fois – et sourit.
“ Je vais vous montrer votre chambre et aller dormir, le soleil va se lever. Vous pourrez vous reposer et ensuite aller voir la forge. Alfred sera ravi de vous faire visiter. ”
Le majordome adorait en réalité tout type de visite. Il disait sans cesse comme il aurait voulu que Luscka ait des enfants, que la maison était trop vide depuis la mort de ses parents mais l'arrivée de Jasper l'avait un peu calmé. Avec un peu de chance, son cousin resterait assez longtemps pour qu'il ait le temps d'avoir une descendance. Ou alors il serait mort d'ici là.

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MessageSujet: Re: 100 000 Degrees   Mer 2 Mar - 13:41

C
omme elle l'attendait, il la rassura. Pas de quoi nourrir un enfant, disait-il. A vrai dire, elle ignorait bien quelle quantité de sang avait besoin un rejeton vampire. Ca aurait même pu être supérieur aux besoins d'un adulte que ça ne l'aurait pas surprise. Enfin, puisqu'elle s'était déjà décidée, autant y aller, et puis elle avait été un peu sensible à sa flatterie. Juste un peu.
Elle exposa son coude, serrant le poing et les dents, tout son corps était tendu à l'extrême. L'aiguille s'approcha du creux de son bras et elle songea à détourner les yeux. Sauf que Willow Steel regardait tout en face, même et surtout les nobles qui aimaient la snober. Alors elle fixa, les yeux écarquillés, la seringue tandis qu'elle s'enfonçait sous sa peau et perçait sa veine. Elle s'était attendu à la douleur, pourtant elle ne ressentit rien de plus qu'une gêne durant le processus. Plus vite qu'elle ne l'aurait cru, la seringue remplie de son propre sang, rouge et foncé, quitta sa chair, laissant perler une petite goutte carmin. Von Hochen appliqua immédiatement sur la plaie une petite boule de ouate et elle replia son coude dessus.

« C'est tout ? »

Elle était surprise de ne pas avoir eut mal ou de ne pas se mettre à saigner. L'endroit de la piqûre la démangeait, mais c'était tout. Voilà qui contredisait assez toutes les scènes incluant une seringue qui lui avait été données de voir.

En tout cas, oui, ça semblait être tout. Le duc l'invita à lui présenter sa chambre et elle se rendit seulement compte à quel point il semblait fatigué. Mais même dans cet état, il restait incroyablement beau. Rougissant d'avoir fait montre d'une telle faiblesse, elle détourna les yeux du visage parfait et vampirique, se remémorant comme une litanie la raison pour laquelle ces gens étaient éternellement jeunes. Ils volaient la vie.

« Non, pas la peine ! »

Elle était brusque, mais c'était ainsi qu'elle était. Willow récupéra son manteau avant de l'enfiler et de se diriger vers la sortie des appartements du duc.

« Je me débrouillerai pour retrouver Firmin. Alfred. Et puis je ne suis pas du tout fatiguée. Bonne journée, monsieur le duc. »

Cette fois, sa voix trahissait un certain respect dont elle rougit encore. Tournant brusquement les talons, elle surgit dans le couloir et fit claquer la porte dans son dos. « Rappelle-toi », marmonna-t-elle entre ses dents. « Il est beau et gentil parce que c'est bien souvent le masque du mal. »
Si elle acceptait la vie telle qu'elle était à Gothik City, ce n'était pas une raison pour faciliter la tâche aux suceurs de sang. Son temps viendrait quand il le faudrait, elle mourrait de froid, de faim, de vieillesse, d'accident, de maladie ou de morsure de vampire. Il fallait juste qu'elle ne précipite pas bêtement les choses.

Son manteau frôlant dans un frottement léger les marches de l'escalier, elle redescendit au rez-de-chaussée. Par où était parti Firmin tout à l'heure ? Alors que le soleil, fort ce jour-là, donnait au manoir un tout autre aspect, Willow visita la demeure de fond en comble. Elle ne rencontra pas le majordome et trouva d'elle-même la forge. Il y avait tout son matériel, mais pas ses bagages. Ils devaient se trouver dans sa chambre.
La beauté de l'atelier était telle que la forgeronne ne résista pas à l'envie de l'essayer. Elle fit brûler le charbon, martela l'enclume et en quelques heures, elle avait réparé le poignard du duc. La pièce était plus belle que si elle l'avait forgée dans son propre magasin, ça avait aussi été plus rapide. Elle prit le temps de changer le cuir trop usé et d’affûter la lame, dont les reflets particuliers enchantèrent ses yeux experts. Ainsi stimulé par la chaleur étouffante de la forge, l'alliage rare montrait toute sa valeur. Elle avait d'ailleurs trouvé à côté du four tout ce dont elle avait eut besoin. Métaux, cuir, il y avait même quelques pierres précieuses. Le tout était d'une rare qualité et soigneusement conservé dans des coffres aux jointures collées par la poussière qui s'était accumulée, des années durant. Au moins, elle aurait du bon matériel pendant un bon moment. Qu'avait dit le duc, déjà ? Rien de particulier, en tout cas, dont elle se souvenait. Elle aurait aimé savoir où le précédent forgeron se fournissait. Si elle faisait attention, elle pourrait économiser assez pour se procurer de nouveau de ce cuir.

Soudain épuisée par son travail, Willow bailla en s'étirant et remonta de la cave. Elle se trouva nez à nez avec Firmin, qui semblait l'attendre. Sans dire un mot, il la conduisit jusqu'à la porte de sa chambre. L'humaine lui tendit le poignard de Von Hochen, soigneusement enveloppé dans un linge.

« Ceci est pour votre maître. Dites-lui que c'est cadeau. »

Après quoi, elle alla se coucher. La chambre était confortable, bien plus que la sienne, même avant qu'elle ne soit ruinée par l'incendie. Plus spacieuse aussi. Elle n'alla néanmoins pas chercher dans le détail et s'endormit dès que sa tête s'enfonça dans le moelleux de son oreiller.


Elle se réveilla avant l'aube, contente de ce coup du sort. Elle voulait parler à son bienfaiteur. Revêtant les mêmes habits que la veille, elle essaya d'étudier plus en détail sa chambre, mais la maigre lueur d'une bougie n'éclairait pas grand-chose. Après s'être débarbouillée, Willow alla toquer aux appartements de Von Hochen, ignorant s'il s'y trouvait.
 


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MessageSujet: Re: 100 000 Degrees   Mer 2 Mar - 22:06


❝ Scène 08 - Beautiful Shackles ❞




Il sourit doucement quand elle sembla se détendre. Il était évident qu'elle était aussi douée dans son métier qu'ignorante concernant le reste et elle ne semblait pas vraiment s'intéresser à ce reste justement. Sa peau était un peu rugueuse bien que chaude et il se fit la réflexion qu'elle ne devait pas prendre beaucoup soin d'elle. Pas autant que les femmes qu'il avait l'habitude de cotoyer du moins.
Il la remercia d'une voix basse alors qu'il entreposait la fiole à côté des fioles de son propre sang et de celles de son cousin après l'avoir soigneusement étiqueté 'Mademoiselle Steel, premier jour'. Il referma ensuite son tiroir avec une certaine angoisse – et si elle avait réussi à répandre la maladie un peu plus ? Il devrait lui poser des questions dès le lendemain – et se retourna vers elle. Elle ne semblait pas être fatiguée contrairement à lui. Pourtant, les événements de la nuitée avaient été éprouvants.
Il se demanda un instant si son lit était fait et puis se rappela qu'Alfred avait demandé à la plus vieille de leur domestique de le faire. Elle avait un don ou quelque chose mais avec elle les draps étaient toujours juste arrangés comme il les aimait.
Elle lui demanda si c'était tout et il sourit doucement en se rapprochant. Il était particulièrement doué pour faire cela. Il examina la plaie – si on pouvait appeler ça comme ça – avec contentement. C'était juste parfait. Il hocha la tête et lui précisa de ne pas enlever le bandage avant au moins une heure. Les humains pouvaient être si fragiles qu'il était difficilement possible de les garder en vie longtemps et il ne voulait pas perdre sa forgeronne avant un moment.
Depuis qu'il avait été infecté, il avait souvent envie de choses qu'il n'avait jamais mangé auparavant. Cela ne le surprit donc pas quand il eut une prenante envie d'anpan alors que la jeune femme se dirigeait vers la sortie. Il n'avait jamais mangé de haricot rouge, il avait juste entendu parler une fois de cette pâtisserie mais cela lui semblait absolument délicieux maintenant qu'il y pensait. Cependant, il était trop fatigué pour demander à un serviteur d'en faire. Cela attendrait demain.
Il se demanda soudain si Willow mangeait beaucoup. Quand Jasper serait revenu du château où il avait affaire pendant une semaine, elle partagerait sans doute ses repas avec lui. Cela lui éviterait d'avoir à le faire et tout le monde serait content. Il avait besoin de consacrer de plus en plus de temps à la recherche et ne pas le faire lui semblait être une erreur. Mais en même temps, il ne voulait pas rendre son cousin malheureux.
Elle le salua un peu brusquement et il lui fit une petite révérence avant de gagner sa chambre. Elle était parfaitement rangée à part quelques livres qui traînaient ça et là. Il s'endormit tout habillé sur son lit.

Vers quatre heures, il se réveilla brusquement. La douleur tenaillait son cœur qui s'était remit à battre complètement. Son corps était tiède et il lui semblait à présent que sa respiration était obligatoire. Toutefois, quand la douleur se calma, les battements de cœur se faisant plus réguliers et lents, il put arrêter de faire fonctionner ses poumons. Chose rassurante, il n'avait pas besoin d'air. C'était déjà une bonne chose à prendre.
Incapable de se rendormir, il s'était mit au travail. Alors que les tournesols de la cour en dessous de sa fenêtre – les fleurs préférées de sa mère – oscillaient doucement à cause du vent, il réussit à analyser le sang de la jeune femme. Elle était en effet infectée mais son sang semblait avoir assimilé quelque chose. Aussi, constata-t-il avec stupeur et examinant une goutte au microscope, il semblait y avoir des petits morceaux de ce qui ressemblait à des écailles dans son sang. C'était énigmatique.
Alfred lui apporta son poignard dans la soirée et il sourit doucement, le remettant dans son fourreau. Il était en parfait état. Il avait une course à faire et s'enthousiasma de pouvoir retrouver son compagnon de défense.

Il revint juste avant l'aube. Il en avait profité pour passer à la maison close – il ne cessait de penser à Elijah ces temps-ci, cette morsure et le reste… et puis Ymilian l'avait énervé – et il comptait prendre un bain avant de s'endormir dans des draps propres mais l'on frappa à ses appartements avant qu'il n'ait pu rentrer dans l'eau. Torse nu et le pantalon défait, il vint ouvrir. Souriant largement quand il vit que c'était son invitée, il l'invita à entrer.
“ Bonsoir mademoiselle Steel, je suis ravi de vous revoir. J'ai quelques questions à votre sujet mais tout d'abord … ”
Il servit deux verres de vin épicé chaud qui reposait sur sa cheminée et l'incita à s'asseoir comme lui venait de le faire dans un des fauteuils couleur crème devant le feu.
“ Merci pour le poignard. La forge vous convient-elle ? ”
Il ne souhaitait pas brusquer son invitée et il pensait que c'était une bonne façon de commencer de lui parler d'un sujet agréable. Il choisit donc délibérément de ne pas lui préciser que le ''cadeau'' qu'elle lui avait fait lui avait quand même coûté vingt pièces d'or.

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MessageSujet: Re: 100 000 Degrees   Mer 2 Mar - 22:58

E
lle ne patienta pas longtemps avant que la poignée ne tourne, pourtant elle était nerveuse. La forgeronne se demandait si le duc serait satisfait de son travail. Une inquiétude qu'elle n'avait jamais d'ordinaire, comme d'ordinaire elle ne logeait pas chez le client. Quelle plaie ! Elle avait survécu à des réceptions qui voulaient la mettre au rang d'objet d'exposition et elle se trouvait intimidée par un vampire juste parce qu'il était gentil avec elle ? Oh oui, elle préférait de loin quand les gens étaient désagréables. Au moins, elle pouvait se plaindre.

La porte pivota et elle blêmit en voyant Von Hochen dans l'embrasure. Il était nu. Enfin, presque. Mais ça ne se faisait pas ! Et puis, elle n'avait jamais vu quelqu'un d'aussi bien fait ainsi dévoilé. Pas autant. Passant de livide à rose vif, ses joues s'adaptèrent à son rythme cardiaque, qu'elle maudit. Nul doute qu'il l'entendait, avec ses satanés sens vampiriques !
Lui, nullement dérangé par son manque de tenue, l'invita immédiatement à entrer, se faisant tout sucre, tout miel. Il disait avoir des questions. Bon. Qu'est-ce qu'il voulait savoir encore ? Willow commença à se dire qu'il exagérait et qu'il était poli juste parce qu'il espérait lui tirer les vers du nez. Et puis, elle entra et se dirigea vers l'un des fauteuils qu'il désignait, en tâchant de ne surtout pas regarder le triangle de peau lisse légèrement assombri que laissait paraître l'ouverture de son pantalon. Est-ce qu'il avait seulement conscience qu'il s'exposa ainsi à une femme, une humaine ? Oui, sans doute. Et c'était voulu, à tous les coups. Il devait faire exprès de la troubler ! Et bien ça ne fonctionnerait pas ! Il avait beau être magnifique et terriblement séduisant, elle ne se laisserait pas avoir !
La femme choisit le fauteuil le plus proche du feu et s'accouda sur le côté, profitant de la chaleur des flammes dans son dos. En théorie, elle aurait pu se balader constamment avec une armure de feu qui la réchaufferait. En pratique, utiliser son don était épuisant et contraignant sur bien des points.

Von Hochen la remercia pour le poignard avant qu'elle ait pu dire quoi que ce soit. Bien, il l'avait donc reçu. Firmin était assez digne de confiance pour cela. Au moins, il ne lui faisait aucun reproche à ce sujet, c'était que le travail lui plaisait. Bien sûr, malgré sa nervosité brusque devant la porte des appartements du duc, elle le savait déjà. Sinon, elle n'aurait jamais emballé le produit. Tout ce qui sortait de sa forge était toujours parfait.

« Ravie qu'il vous plaise. »

Avant de passer à la suite, elle renifla prudemment la coupe tiède qu'il lui avait offerte. Du vin. Epicé. Bon. Elle avait voulu s'assurer que ce n'était pas du sang. Après tout, si Von Hochen avait été du genre distrait, farceur ou mauvais… Cela dit, l'impression qu'elle avait de lui était assez stricte. Il lui semblait vraiment être un homme excessivement sérieux, qui ne connaissait rien à l'humour. Quelqu'un de bien.

« La forge est magnifique. »

Elle se contenait. En réalité, l'atelier dépassait tout ce qu'elle avait pu voir, ou même imaginer en la matière. Non seulement il recelait de trésors, mais en plus la structure était idéale pour travailler le métal, de toutes sortes. La personne qui l'avait construite était un génie en la matière.

« A ce propos, je me demandais… Savez-vous où le précédent forgeron se fournissait ? Ses matériaux sont splendides. »

Afin d'éviter que son regard n'erre sur le corps exposé du vampire, elle plongea le nez dans sa coupe, fixant les ondes se dessiner sur le vin à mesure qu'elle le sirotait lentement. L'alcool n'était pas bien fort, mais elle voulait éviter d'être soûle en présence d'un prédateur.
Et puis, elle se souvint. Prenant garde de ne pas interrompre le vampire, elle se lécha les lèvres pour en récupérer le vin qui les humidifiait, puis porta la main à la poche de son pantalon. Elle en extirpa la bourse que Von Hochen lui avait donnée et qui contenait vingt pièces d'or. Deux fois il lui avait glissé dans les mains, elle espérait qu'il ne se sentirait pas trop insulté qu'elle veuille encore la lui rendre. Pas par souci de politesse, mais elle n'avait aucune envie de le fâcher maintenant. Ce n'était pas comme si elle pouvait claquer une porte entre eux en espérant ne jamais le revoir.

« Tenez, dit-elle en jetant la bourse dans sa direction. Comme je l'ai dit à Firmin, c'est un cadeau. Pour la forge, l'hébergement. Dès demain, je me chargerai de rameuter la clientèle dans votre cour. Merci aussi pour ça. Je vais essayer de déguerpir au plus vite, dès que j'aurais amassé assez d'argent et que mon magasin sera comme neuf. »

Ce serait avec un pincement au cœur qu'elle quitterait le manoir, toutefois. La forge était tellement… Oh ! Si seulement elle pouvait l'emporter avec elle. Seulement, il serait dangereux d'abuser de l'hospitalité du duc. De plus, elle s'était toujours débrouillée seule depuis la mort de ses parents. Elle n'allait pas devenir dépendante d'un homme, noble et vampire, à son âge.

« Si je puis permettre... »

Elle s'interrompit alors que son estomac gargouillait bruyamment. C'était tombé comme ça, d'un coup. Elle avait très faim. Firmin pourrait sûrement lui donner un bout de pain, même un vampire devait avoir ça dans sa cuisine, non ? Avec de la chance, il y aurait même du fromage.

« Hum… Heu… Oui. Non. Enfin… Pourquoi êtes-vous… Peu vêtu ? Je vous dérange ? Ou est-ce que vous vous promenez comme ça tout le temps ? »

Elle avait fait l'erreur de se perdre dans la contemplation de ce corps si lisse et parfait. La peau de Von Hochen était comme une lame de maître, exceptionnel, sans défaut. A part pour les poils, mais lui donnait un petit quelque chose en plus. Comme une pierre précieuse dans le manche d'une dague. Une irrégularité qui soulignait la perfection du reste.
 


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MessageSujet: Re: 100 000 Degrees   Jeu 3 Mar - 17:08


❝ Scène 09 - Lovely and Ephemeral   ❞




Finalement il s'était habitué aux cahots de son coeur. Il était bien évident que jamais plus il ne s'arrêterait de battre et il n'avait plus envie de l'arrêter. Elijah avait semblé aimer cela alors peut-être bien qu'il pourrait … lui faire plaisir. Peut-être qu'Elijah aimait tout simplement les humains comme ils étaient et que le fait que Luscka devienne un peu plus humain le rendait plus attirant d'une façon ou d'une autre.
Il avait jeté sa veste brodée et son chapeau à plume un peu plus loin dans sa chambre dont la porte était ouverte cette fois. Elle ne l'était pas la première fois que l'humaine était venue dans ses appartements mais cette fois Luscka avait confiance en elle. Elle n'allait pas s'enfuir de peur, elle avait même l'air plutôt bien installée.
Elle semblait aussi en forme. Il ne voulait pas tirer de conclusions hâtives mais il lui semblait qu'elle se plaisait ici. Tant mieux puisqu'elle resterait sans doute ici un petit moment. Il avait regardé le prix des loyers des commerces et tout était incroyablement cher pour une humaine. Il était prêt à mettre sa main au feu qu'elle pourrait avant de trouver un autre bâtiment. Elle devait avoir entre trente et quarante ans, elle serait plus facilement fatiguée.
En souriant doucement, il remarqua aussi qu'elle avait bien chaud. Elle n'était pas emmitouflée dans quatorze couches de vêtements.
Il remarqua aussi que son cœur battait assez vite, montre d'une excitation. Elle était sans doute très contente de la forge en fait. Tant mieux. Luscka n'avait jamais eu le désir ou le temps d'apprendre à forger comme son père. Il trouvait que ce que faisaient les forgerons était entièrement suffisant. Et maintenant il regrettait parce que son matériel médical était nul s'il venait d'ici. Il aurait mieux fait d'écouter son père.
Mais tant mieux si elle aimait sa forge ! Au moins, elle servait à quelqu'un au lieu de prendre la poussière sous les linges blancs que Luscka avait déposé quand ses parents étaient morts.
Le vin était bon. Très bon même, c'était un de ceux qui venaient de la collection spéciale du Comte. Yvan lui en avait offert quelques bouteilles pour son anniversaire – il savait comme Luscka aimait les bons alcools – et c'était seulement la deuxième bouteille qu'il ouvrait. Avec l'infection il s'était dit qu'il devrait profiter tant qu'il était encore en vie. Une fois mort dans un délire dû à la maladie, ces bouteilles ne lui serviraient plus à rien.
Il avait aussi décidé de goûter certaines choses qu'il n'avait jamais pensé à goûter avant. Comme le café. C'était fou mais Luscka n'avait jamais bu de café de sa vie. Et bon, c'était dégueulasse mais il était content d'au moins pouvoir se prononcer sur la chose. Il était vrai qu'à Gothik City tout le monde était plutôt thé. Sans doute parce que les Modernis étaient tout le temps pressés et avaient inventé cette boisson pour se donner un coup de fouet.
Willow s'avéra, en effet, enchantée par la forge. Rien n'avait changé depuis la mort de son père et elle était encore bien fournie.
Elle lui demanda où le précédent forgeron se fournissait et il cligna des yeux. Oh, il l'ignorait comme ça mais …
“ Mon père avait sans aucun doute des fournisseurs bien spécifiques mais j'avoue ignorer leur nom. Cependant, il tenait ses comptes alors je suppose qu'en fouillant dans ses affaires, je pourrais vous retrouver cette information. Je vous avertirais quand ce sera le cas. ”
La jeune femme lui rendit à ce moment sa bourse et il fronça les sourcils. Encore ? Oh mais qu'elle était … rha ! A ce moment, là, son estomac gargouilla et elle lui demanda pourquoi il était si peu vêtu. Il se rendit compte à ce moment que sa semi-nudité pouvait la gêner.
“ Oh, je suis confus. J'allais prendre mon bain et me coucher quand vous êtes venue frapper à ma porte mais tout ceci attendra. ”
Il se leva pour revêtir une chemise grise et il se retourna en la boutonnant et en refermant son pantalon. En passant à coté d'elle pour aller vers la porte, il laissa tomber la petite bourse dans le décolleté de la jeune femme, profitant qu'elle n'était pas une planche à pain, en lui disant que tout travail mérite salaire. Une seconde plus tard, il était en train de demander une collation à son majordome. Il rajouta un instant plus tard qu'il aimerait aussi avoir les livres de compte de son père.
Une fois revenu en face d'elle, il croisa les jambes et sourit doucement.
“ Donc, mademoiselle Steel, est-ce que vous saviez que vous aviez des écailles dans le sang ? ”
Satisfait de son petit effet, il porta de nouveau son verre à ses lèvres. Le feu le réchauffait et il se sentait incroyablement bien.  

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MessageSujet: Re: 100 000 Degrees   Mar 8 Mar - 15:29

E
ssayer de ne pas se concentrer sur le corps du vampire était difficile, aussi Willow en profita pour admirer les appartements du duc. Son lit était sans aucun doute le meuble le plus impressionnant de la pièce, il attirait immédiatement l’œil. La forgeronne se demanda brièvement ce que ça faisait de dormir dans un lit comme celui-là, sans doute qu'on n'avait jamais envie de le quitter ou qu'on s'endormait immédiatement, même en n'étant pas fatigué. Ce devait être merveilleux de pouvoir jouir ainsi d'un tel confort. Merveilleux et incroyablement prétentieux. Elle espérait bien ne jamais se faire happer par ce désir de luxe qu'elle détestait tant chez les nobles. La décadence… Non, vraiment, elle ne pouvait que haïr ce concept, elle qui ne jurait que par les valeurs du travail. Manuel. Dire que les commerçants, comme elle, étaient mal vus, comme impurs, simplement parce qu'ils manipulaient de l'argent qu'ils gagnaient à la sueur de leur front. De l'argent sale. Mieux valait dépenser celui qu'on héritait, d'après les concepts de la noblesse. C'était vraiment ridicule et Willow était plus qu'heureuse d'être née dans une famille modeste. Ainsi, elle n'était pas corrompue jusqu'à la moelle.

Malgré toutes ses richesse, Von Hochen lui semblait vraiment différent. Elle n'avait jamais croisé de noble comme lui. Il était respectueux, humble, avec un port altier. Derrière ses manières guindées, il avait quelque chose de sauvage. Elle l'aurait bien vu parmi la bourgeoisie vampire de la ville, plutôt que dans un manoir à tromper l'ennui comme il le pouvait. Au moins, avec la morsure sur son bras, il avait de quoi faire. Ses… Recherches. S'il découvrait réellement le remède à l'Infection, ce serait sans doute inattendu et surprenant, pour tout le monde. Et quelque part, elle se sentirait un peu fière de le connaître.

Le précédent forgeron s'avéra être le père-même du duc. En l'apprenant, Willow écarquilla les yeux à l'extrême, surprise au plus haut point. Elle n'imaginait pas un instant un noble se noircir la peau et s'abîmer les mains en manipulant du métal chauffé à blanc. Encore moins un vampire avec plus ou moins la tête du duc Von Hochen.
Celui-ci lui promit de retrouver les informations qu'elle lui demandait. Une surprise supplémentaire, elle avait un peu de mal à croire qu'il était sincère. Et s'il lui faisait le coup du miel qui attire les mouches dans un piège mortel ? Non, ça n'avait pas de sens. Que pouvait vouloir un vampire à part tuer des humains ? A moins qu'il soit réellement sadique. Ou juste fou. Après tout, il était infecté. Oh, tout ça commençait à lui prendre la tête ! Mieux valait qu'elle se hâte de réunir l'argent nécessaire aux réparations de sa forge.

Au moins, s'il était à moitié nu, ce n'était pas par folie. Il avait prévu de bientôt se laver et se coucher. Prendre un bain, vraiment ? Les nobles avaient de ces drôles de lubies, il n'était de toute évidence pas sale. Elle-même avait le visage gris et les mains sales, allait-elle pour cela se laver ? Bien sûr que non, ça attendrait, comme d'habitude !

« Je suis désolée de vous importuner, »
précisa-t-elle sur un ton où ne pointait aucun regret.

Non, elle n'était pas désolée de l'avoir dérangé. Pour si peu, vraiment. Il s'agissait juste des coutumes nobles, qu'elle avait fini par mémoriser, aussi débiles soient-elles. Et puis, elle n'était pas non plus désolée d'avoir pu assister à cette petite inconvenance de la part du duc. Elle se demanda s'il était célibataire ou si les femmes dans son genre l'intéressaient. Après tout, elle se permettait de folâtrer de temps en temps. Toujours avec des humains jusque là, mais elle n'avait plus spécialement peur du duc. Elle était juste méfiante, voilà tout. La forgeronne s'attendait à tout moment à ce qu'il retourne sa veste.
Le vampire se leva alors et, passant à côté d'elle, laissa tomber les vingt pièces d'or dans son corsage. Rougissant violemment de gêne, elle récupéra la bourse et leva le bras avec l'intention de la lui balancer à la tête en représailles. Elle se ravisa alors que le duc, qui lui tournait le dos, ouvrait la porte de sa chambre. Non, elle n'était pas femme à attaquer quelqu'un par derrière. Décidant que le duc avait trop insisté pour qu'elle refuse à nouveau cet or, elle le glissa dans sa poche. Ce serait le début de ses économies pour la nouvelle forge.

Proprement vêtu, élégamment installé dans son fauteuil, un verre à la main, Von Hochen se tourna alors vers elle. Il avait un air bizarre, comme amusé de quelque chose. Et puis, il lança sur un ton parfaitement badin :

“ Donc, mademoiselle Steel, est-ce que vous saviez que vous aviez des écailles dans le sang ? ” 

Non. Bien sûr que non. Quelle idée saugrenue. Willow n'y connaissait pas grand-chose en médecine et en sciences en général, mais elle était presque certaine qu'il n'y avait pas d'écailles dans le sang. On pouvait avoir des caillot de sang, des croûtes, mais jamais elle n'avait vu ou entendu parler d'une chose pareille.

« Evidemment que non, s'insurgea-t-elle. Je le saurais si j'en avais. Je me coupe régulièrement. »

Elle se dit que son sang brillerait si c'était le cas, ou qu'au moins elle aurait remarqué des petits choses dures sur son doigts, même si sa peau était noire de saleté. Vraiment, ce Von Hochen était indéniablement fou.

« Bon, sur ce, je vais vous laisser vous baigner. Bonne journée à vous. »

Elle se leva, embarrassée et légèrement apeurée. Comme elle se trouvait sous l’œil attentif d'un vampire, elle sentait particulièrement bien les pulsations de sa carotide. Trop bien. Il était temps qu'elle quitte la compagnie de ce vampire, avant qu'il ne soit atteint d'une crise de violence ou décide subitement qu'elle ferait un excellent repas, finalement.

« Quant à moi, je vais m'enquérir d'un petit quelque chose dans vos cuisines, si vous le permettez. »

Elle prit la direction de la porte, se prenant les pieds dans le tapis. Quelle gourde ! Son pouls s'accéléra encore et la rendit extrêmement nerveuse, fébrile même. Pourvu qu'elle puisse atteindre la porte avant qu'il ne se décide à la tuer !  
 


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MessageSujet: Re: 100 000 Degrees   Mer 9 Mar - 17:05


❝ Scène 10 - Sur les traces de la vérité ❞




Dès que tout le monde saurait qu'il hébérgeait la forgeronne qui avait autrefois sa forge au milieu de la rue Difent, il aurait toute la noblesse sur le dos. Oh, ce n'était pas comme s'il s'en souciait vraiment mais il avait peur que cela n'influe sur l'image d'Yvan. Tous savaient combien il était proche du Prince Noir et il serait vraiment désolé si sa mauvaise image devait ressortir sur le prince héritier.
Ignorant l'envie de madeleines qui lui saisissait le corps, il soupira doucement. Plus le temps passait et plus il avait honte de se rapprocher ainsi de l'espèce la plus futile et la moins viable au monde. Même les cafards savaient mieux vivre que les humains qui cherchaient absolument à atteindre le confort parfait. On les accusait eux d'avoir des richesses alors que, franchement, les humains avaient-ils vraiment besoin de machines à pop-corn ?
La première fois qu'il avait débarqué à Modernis State, vêtu avec une élégance discrète qui lui avait permis de passé inaperçu parmi les humains, il avait été effaré de voir tout ce que les humains pouvaient accumuler dans les supermarchés. Toutes ces choses inutiles. Ventilateurs, tablettes tactiles, skate-board lévitant, séchoirs électriques. Ils cherchaient toujours au plus plus proche du confort parfait.
Au mois de mai dernier, il était retourné à Modernis comme tous les dix ans pour renouveler son stock de produits médicaux. Il avait logé dans un hôtel, refusant poliment le luxe de la Maison Blanche et quelle n'avait pas été sa surprise de trouver un distributeur à glaçons non loin de sa chambre. Un distributeur à glaçons, en plein milieu du mois de mai ! Qui avait besoin de ça, très sérieusement ?
En revenant à Willow, il se demanda un instant si la jeune femme était aussi du genre à vouloir toujours plus. Il lui avait semblé que sa forge était assez sommaire, comme la plupart de tous les commerçants de Gothik City, mais elle avait peut-être gardé toute sa décoration un peu coûteuse pour son domicile. Il n'avait pas eu l'occasion de voir son petit appartement mais en tout cas il espérait qu'elle n'avait pas trop perdu.
Vingt fois, il avait tenté de se raisonner et de ne pas penser à elle en tant que personne. Mais il fallait croire que l'infection lui mangeait le cerveau plus qu'il ne le pensait parce qu'il semblait s'être attaché à elle. Elle était si étrange, tellement hors norme et si fière qu'il avait fini par apprécier sa compagnie en deux nuits à peine. Elle pouvait se vanter d'être unique là dessus.
Il se demanda soudain si la jeune femme avait été gêné un peu plus tôt par sa demi-nudité. Elle avait tout fait pour ne pas le regarder mais sans doute était-ce par pudeur. Il savait que sa beauté souveraine pouvait troubler, cependant il espérait que son explication conviendrait à l'humaine qui ne croirait pas à une séduction quelconque.
Willow n'essaya pas de lui rendre son argent, ce que Luscka estima être une bonne décision. Il était clair qu'elle avait un peu honte de l'accepter mais plus tôt elle aurait de quoi racheter un local, plus tôt elle pourrait s'en aller. Non pas qu'il ne l'aimait pas mais elle était une humaine et si cette foutue rumeur qui disait qu'il était le sauveur des humains – certains l’appelaient l'Ange Noir et d'autres disaient que la forgeronne était son amante – continuait de se répandre, il finirait par perdre son self-control.
La jeune femme décida de s'en aller pour manger et, en une secondes, Luscka fut près d'elle. Elle venait de se prendre les pieds dans le tapis et il se dit que les humains étaient vraiment nuls. Lui prenant la main, il l'attira doucement vers le plan de travail du laboratoire où son échantillon était encore sous le microscope.
“ Alfred va nous apporter une collation, mademoiselle Steel. Venez donc regarder de vous même si vous ne me croyez pas. ”
Il la plaça face au microscope et lui expliqua rapidement comment regarder. Il se fit aussi une joie de lui expliquer le mécanisme d'un microscope et des lentilles. Pendant qu'elle observait, il en profita pour s'allumer une cigarette et s'éloigner un peu.

Quand ils revinrent près de leurs sièges, Alfred avait déposé un plateau avec du pain, du fromage, deux verres de raki et de la viande rouge séchée. Le Duc ne comptait pas vraiment manger mais la jeune femme avait eu le ventre qui avait gargouillé un peu plus tôt donc elle se ferait sans doute un plaisir de manger cet en-cas avant d'aller vaquer à ses occupations. L'aube approchait alors sans doute avait-elle fort à faire.
Les carnets de son père étaient aussi là, sur la table. Il s'assit et ouvrit l'un des derniers qui était consacré à la forge. En silence, il lut et sourit quand il arriva aux cuirs.
“ Ah, voilà, deux caisses de cuir de haute qualité parfumé, cinq cent trente pièces d'or. C'est assez coûteux. Le nom du fournisseur est juste à côté. ”
Il lui tendit le carnet en lui disant qu'elle pouvait le garder. Après tout, il ne lui était d'aucune utilité et cette fille pourrait avoir de bonnes adresses dedans.
Il lui jeta un nouveau coup d'oeil avant de boire une gorgée de son verre d'alcool.
“ Votre sang est fascinant. Je dois l'étudier de plus près mais avant, dites moi juste si votre corps a développé des écailles, si depuis que vous êtes porteuse saine, vous avez noté une quelconque différence. Après cela, vous serez bien entendu libre de partir, vous n'êtes aucunement ma prisonnière. Je suis désolé de vous avoir retenu.  ”
Qu'est-ce que ces écailles avaient à faire avec l'infection ? Il devait parler à Elijah … Oh non, Elijah le détestait depuis qu'il l'avait chassé de chez lui …

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MessageSujet: Re: 100 000 Degrees   Ven 11 Mar - 12:51

S
a tentative de fuite s'avéra être un échec total. Ah ! Si seulement elle n'avait pas trébuché ! Von Hochen se retrouva très soudainement à côté d'elle, lui barrant le passage pour atteindre la porte. Elle pinça les lèvres, furieuse de se faire ainsi distancer par un vampire, juste parce qu'il avait eu la chance de naître ainsi ! Elle ne l'avait même pas vu se lever, pour elle il s'était téléporté de son fauteuil à là. Effrayant ! Pourtant elle n'avait pas peur, elle était juste très contrariée. Et puis, elle sentit son cœur battre la chamade alors que le duc saisissait sa main. Si, sous cette couche épaisse de contrariété, elle avait peur. Son rythme cardiaque ne cessa de s'intensifier alors qu'il l'entraînait de plus en plus loin de la porte, en direction de laquelle elle jetait des coups d’œil nerveux. La porte ouverte sur sa chambre se rapprochait, elle. Allait-il tenter de la séduire, l'allonger sur son lit qui avait l'air si moelleux et chaud, puis la vider de son sang ?

Alfred ? Willow eut l'impression de se réveiller d'un cauchemar. Oui, Alfred, tel était le véritable nom du majordome de ce manoir, bien qu'elle n'arrivait pas à se défaire de l'appeler Firmin. Cela finirait par rentrer si elle restait longtemps dans cette maison.
Un peu soulagée d'entendre le vampire dire qu'il voulait simplement lui prouver qu'il avait raison au sujet de cette stupide histoire d'écailles dans le sang, elle se calma un peu.

« Une collation ? Ah oui, j'avais oublié. »

C'était un mensonge, bien sûr. Sa tentative de départ n'avait été motivée que par l'envie de sauver sa peau. Qu'aurait-elle fait une fois hors de la chambre, cela dit ? Et bien sans doute qu'elle aurait réuni ses quelques affaires pour ensuite s'enfuir, abandonnant son matériel de forge pour retourner dans un endroit au toit ouvert. Avec vingt pièces d'or, elle aurait eu de quoi se payer une chambre à l'auberge et à manger, mais pas pour longtemps. Oui, cela aurait été désastreux.

Une fois devant ce que Luscka appelait « un microscope », Willow haussa un sourcil curieux. Cela ressemblait à des jumelles fixées sur une petite tablette. Suivant les instructions du duc, elle regarda dans la partie jumelles. Bien entendu, elle ne s'attendait pas à voir des écailles. Von Hochen était fou et il devait voir des choses qui n'existaient pas.
Ce qu'elle vit était un peu flou. Comme elle avait déjà utilisé des jumelles quelques fois, pendant son enfance, Willow ajusta la vue par réflexe. Et alors… Elle se recula dans un « Oh ! » de surprise. Ce n'étaient quand même pas… Une nouvelle fois, elle regarda à travers la lentille du microscope. Impossible de se méprendre, il y avait bel et bien des écailles dans ce sang ! Elles étaient un peu différentes de celles des poissons qu'elle achetait parfois au marché et qui provenaient d'un étang de l'une des propriétés nobiliaires. Pourtant, il s'agissait bien de cela, mais en plus petit. Plus dur lui semblait-il, plus rigide en tout cas. Et elles avaient une certaine brillance…

Comme elle avait terminé d'observer cet étrange phénomène, elle suivit le duc, enveloppé d'une douce fumée blanche, jusqu'à leurs sièges. Firmin était passé déposer à manger et dès qu'elle posa les yeux sur la nourriture, sa faim la rappela à l'ordre. Elle devait absolument manger. A peine assise, elle se jeta sur le pain et le fromage, ce qu'elle avait l'habitude de manger assez souvent. Après avoir avalé en hâte la moitié de son morceau de pain, elle se cala dans le fond de son fauteuil et leva les yeux sur le duc. Il était terriblement sexy avec sa cigarette entre les doigts et elle eut soudain très envie de l'imiter. Elle avait déjà fumé quelques fois et cela lui réchauffait toujours les doigts, même si sa gorge en était un peu irritée.
Le vampire étudiait un carnet recouvert de cuir souple et Willow patienta, même si elle avait terriblement envie de le lui arracher des mains. Quand elle eut termina son pain, Von Hochen lut une partie des pages, puis lui tendit le carnet, qu'elle s'empressa d'agripper. Un verre d'alcool dans la main, elle parcourut l'inventaire rapidement. Le duc n'avait pas menti, cinq cent trente pièces d'or les deux caisses de cuir.

« Assez coûteux ? répéta-t-elle sur un ton ironique. Ces prix sont exorbitants oui ! Jamais je n'aurai les moyens de me fournir chez tous ces gens ! »

Il fallait être noble, ou incroyablement populaire et donc riche pour avoir le luxe d'avoir de tels produits. En feuilletant plus attentivement, Willow repéra néanmoins quelques fournisseurs qui restaient abordables si elle faisait quelques économies. Avec le temps, elle pourrait avoir pas mal de bénéfices et accéder aux plus onéreux. … A condition qu'elle ne meurt pas avant. Un tel plan commercial lui prendrait des années avant d'aboutir. D'ici à ce qu'elle puisse acheter pour cinq cent trente pièces d'or de cuir, elle serait probablement vieille et inapte à soulever son marteau. Parfois, elle se demandait si elle ne ferait pas mieux de demander à un vampire de la transformer. Mais non, c'était impossible. Elle était infectée, elle en mourrait certainement. Et puis, elle perdrait son pouvoir, qui était un don précieux et lui permettait de faire mieux que les vampires forgerons. Si elle perdait son humanité, elle perdrait aussi l'essence de sa personne.

Evidemment, Von Hochen n'avait que faire de ces histoires de matériaux. Il revint très vite au sujet qui l'intéressait vraiment, son sang. Typique des vampires. Un morceau de viande dans la bouche, elle réfléchit à sa question. Avait-elle déjà eu des écailles sur le corps ? Et bien, elle n'avait pas souvenir de ça.

« Non, je ne crois pas. Je n'ai rien vu de tel sur moi, même qui y ressemble juste. »

Bien sûr, elle n'étudiait pas souvent son corps. Ses bains étaient froids et donc aussi rapides que rares et elle ne se retrouvait pas souvent nue, contrairement à Von Hochen. Maintenant qu'il avait évoqué cette possibilité, l'humaine était prise d'une folle envie de vérifier, d'inspecter son corps dans les moindres détails. Elle devait pourtant se retenir, car elle doutait que faire cela devant le vampire soit très poli, surtout qu'il la nourrissait. De toute façon, elle n'allait pas s'exposer devant un homme, comme ça ! Ce duc était très probablement un pervers qui se cachait sous des formules agréables et une retenue feinte.

« Pourquoi cette question ? Vous en avez, vous ? »

Instinctivement, son regard se posa sur l'endroit de sa morsure. Elle ne se souvenait que de veinules noires qui se dispersaient tout autour du foyer de l'infection. Pas d'écailles. Mais maintenant qu'elle savait quoi chercher, le verrait-elle ?  
 


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MessageSujet: Re: 100 000 Degrees   Dim 13 Mar - 14:51


❝ Scène 11 - Le Fléau incompréhensible ❞




Quelques portraits étaient attaché au mur, en ligne droite au dessus du plan de travail du docteur. Un inculte aurait parlé d'ancêtres mais c'étaient en fait les idoles du médecins. Des grands généraux, des médecins respectables et des scientifiques qui avaient su faire mieux que Modernis State avec moins de moyens. Ces gens lui rappelaient combien les hommes et les femmes de Gothik City pouvaient rendre fier leur peuple.
Il y avait bien entendu de terribles histoires qui circulaient sur le compte de certains de ces grands personnages. On disait que le docteur Maze avait sacrifié ses sept fils à Satan par exemple. En réalité, ils étaient tous morts  empoisonnés par un serviteur qui avait été décapité en place publique par la suite.
Luscka lui aussi avait une réputation dure suite à sa volonté de ne pas se mêler aux autres nobles et son amitié très forte avec le Prince Noir. En fait, certains disaient qu'il avait obtenu toutes ses connaissances en passant un pacte avec le diable auquel il avait payé un fort tribut. Eh bien ces gens là n'étaient pas là quand il s'enfermait dans sa chambre d'étudiant pour réviser et qu'il s'arrachait les cheveux parce qu'il avait du mal à retenir le nom de toutes les veines du bras.
Dame Seganti, une grande femme de la Cour très apprécié de tous, lui avait un jour demandé ce qu'il avait apprit à Modernis State. Il lui avait joyeusement menti en lui disant qu'il avait étudié la médecine pour soigner les vampires. En réalité, il n'avait apprit que les remèdes pour les humains et s'était adapté au corps des vampires, son meilleur ami ayant été son principal cobaye. Au bout de cinq cent ans, il avait commencé à maîtriser la chose.
Ceux que certains appelaient le 'petit peuple' à cause du fait que leur taille moyenne soit généralement moins élevée que celle des humains – d'ailleurs Luscka les avait bien dupé. Les gens là bas étaient tellement pétris de clichés – étaient plus difficiles à traiter. Ils étaient plus résistants et saignaient moins mais ils avaient des afflictions qu'on ne retrouvait pas souvent chez les Modernis. La dépression à cause du premier millénaire passé, la baisse des sens à partir de cinq mille ans ou la tendance à s'arracher des membres en se disant que de toute façon ça se recollera.
En souriant, Luscka remarqua l'air effaré de la fille. Elle ne l'avait pas cru pour les écailles et maintenant elle n'avait plus le choix que de le croire. Il était bien incapable d'expliquer le pourquoi du comment mais il était à présent sûr que ça avait un lien avec l'Infection. Pourquoi, sinon, ne l'aurait-elle pas remarqué avant ? Il déglutit doucement en se disant qu'elle pourrait peut-être être l'avancée la plus importante depuis le début de ses recherches.
Il remarqua que ses yeux se fermaient presque tout seuls. L'eau du bain devait être encore agréable quoiqu'un peu fraîche. Il demanderait à Alfred de ramener un seau d'eau brûlante avant de se glisser dedans. En se mordant la lèvre, il se dit qu'il devrait travailler sur un système de robinetterie quand il en aurait fini avec l'infection. En fait, il préférait de loin se préparer le bain tout seul.
Il sourit quand la fille lui dit qu'elle n'aurait jamais les moyens de se payer de tels matériaux. Eh bien, peut-être qu'ils pourraient arriver à un arrangement tout compte fait. Il sourit doucement et se mordit la lèvre en se rendant compte qu'il ne voulait pas vraiment qu'elle parte. La faire s'installer ici complètement ravirait Alfred et Jasper qui serait extatique en revenant à la maison. Son cœur se réchauffait un peu en se disant qu'il n'était plus tout seul, comme à la mort de ses parents.
Il devrait cependant attendre au moins deux jours avant de lui demander de rester aussi longtemps. Il sourit doucement en la regardant parcourir le carnet. Il était très clair qu'elle était surprise par chaque prix et qu'elle serait de plus en plus surprise en passant de page en page. La jeune femme était forcément trop pauvre pour se payer tout ce luxe.
Au bout de ce qui lui sembla durer une heure, la jeune femme lui répondit et lui posa une autre question. Il secoua doucement la tête.
“ Non très chère mais puisque votre sang en a, je me suis dit que … votre corps aussi. Je ne comprends pas comment tout ceci pourrait faire sens. Je devrais y réfléchir demain. ”
Il sourit doucement en se levant et en ôtant sa chemise sur le chemin de sa chambre.
“ Je ne vous retiens pas plus, mademoiselle Steel. A moins que vous ne souhaitiez prendre un bain avec moi, ce que je pourrais comprendre. ”
Cette femme avait l'air de le prendre pour un fou furieux qui allait essayer de la prendre de force à n'importe quel moment. Il se demandait bien comment elle allait réagir.

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MessageSujet: Re: 100 000 Degrees   Mar 15 Mar - 16:28

L
e cuir sous ses doigts étaient très souple et elle pouvait sentir tous les petits impacts dans la peau tannée, ces traces qui étaient apparues au fil des ans, malgré le soin du propriétaire. Elle s'imaginait le père de Luscka comme un homme très droit et méthodique, il fallait un minimum d'organisation pour être un bon forgeron après tout. Etrange qu'il n'ait pas transmis ce savoir à son fils, car cette famille aurait pu rouler sur encore plus d'or. Ensuite, elle se souvint que les nobles ne faisaient pas de commerce. Ils possédaient des choses qu'ils louaient, recevaient des rentes, vendaient leurs vieilles affaires. Mais tout cela n'était pas considéré comme du commerce, parce qu'ils ne se salissaient pas, ils ne créaient rien. Alors, est-ce que l'ancien propriétaire de la forge faisait ça juste pour le plaisir ? Est-ce qu'il avait forgé les armes suspendues sur les murs qu'elle avait pu croiser ? Tant de questions auxquelles elle aurait aimé avoir une réponse, par simple curiosité. Elle était toujours fascinée par les artisans, quels qu'ils soient.

Le duc ne sembla pas troublé par ses remarques. Ni par le fait qu'elle démentait sa supposition, ni par sa question. Il lui répondit avec le plus grand calme, comme si tout ça ne tenait pas du plus grand mystère. Oui, Von Hochen était un homme bien étrange, décida-t-elle. Il parlait de science comme de la météo peu changeante de Gothik City. Ce devait être ainsi quand on était instruit sur des sujets aussi pointus que l'étaient la médecine et… Et quels que soient les autres sujets pointus qu'il pouvait connaître. Elle-même était incapable d'en connaître l'existence ! Par contre, elle était une excellente forgeronne, alors elle ne se sentait pas inférieure. Leurs talents étaient juste différents. Et puis, on avait bien plus besoin d'elle au quotidien ! Aucune personne à Gothik City ne pouvait se passer d'une arme, pas plus que l'armée.
Haa… L'armée ! Si un jour on lui commandait des armes, ou même juste des pièces d'armure, pour l'armée de la ville, ce serait probablement sa plus grande fierté ! Elle se sentirait accomplie.
Bien plus que si elle avait des écailles sur le corps en tout cas. Elle se fichait pas mal de ressembler à un poisson, elle, tout ce qu'elle voulait, c'était se prémunir contre les morsures de vampire.

« Oh… Faites donc, réfléchissez-y. »

Elle lâcha un bref soupir et fit claquer les pages du carnet en le refermant. Toute cette histoire la dépassait et surtout, ne l'intéressait pas. Elle était humaine, elle n'avait que la vie comme espoir. C'était bien suffisant. Ensuite, si ces écailles dans le sang apportaient un changement considérable dans son existence, et bien… Elle aviserait sur le tas.

Willow se demanda bien de quoi ils pourraient parler tandis qu'elle poursuivrait son repas, mais Von Hochen se leva, tout en souplesse et en grâce, comme à chaque fois qu'il faisait un mouvement, même pour le moindre battement de cils. Et il retira sa chemise tout en se dirigeant vers le fond de la pièce. Elle piqua un fard en grimaçant, ne sachant comment réagir, ni quoi penser. Il étalait son dos magnifique, sans défaut, juste devant ses yeux, comme si de rien n'était. Attendait-il quelque chose de sa part ? C'était un peu étrange, après tout, de l'inviter à rester chez lui sans aucune contrepartie. Mais elle n'était pas une pute ! Ca, il y en avait plein, dehors, dans les maisons closes et à la cour ! S'il en voulait une, il n'avait qu'à se bouger le fion, nom de…

Le duc interrompit ses pensées en précisant ses intentions. Au début, Willow se sentit ridicule d'avoir pensé de cette manière, puis elle releva le sous-entendu graveleux et arrogant dans sa phrase. Piquée au vif et encore plus rouge, elle se leva précipitamment et se dirigea vers la porte en répondant très vite :

« Certainement pas ! Bonne journée, monsieur le duc. »

Elle franchit la porte à toute vitesse et la claqua derrière elle avec l'impression qu'un poids immense quittait sa poitrine. Ce sale noble ! Il ne doutait pas de lui, c'était certain ! Elle pris d'abord la direction de sa chambre, puis se ravisa. Elle avait besoin de frapper quelque chose. En général, un bout de métal chauffé à blanc suffisait à la calmer. Direction, la forge !


Une semaine et demi passa, environ. Willow était un peu déphasée, elle ne vivait plus exactement selon ses horaires habituels. Tout dépendait des nuits et des occupations des habitants du manoir. Elle forgeait quand lui prenait l'envie, explorait l'endroit et avait de riches conversations avec le cousin de Von Hochen, Jasper. Elle s'entendait à merveille avec lui, ainsi qu'avec Firmin, qui lui semblait être aux petits soins pour elle, mais discrètement.
Cette nuit-là, elle était levée depuis seulement l'après-midi, alors elle allait passer une bonne partie des horaires vampiriques avec ses colocataires. Elle vérifia tout d'abord qu'aucun client ne l'attendait dans la cour du manoir, puis se dirigea vers la cuisine, où elle se prépara un copieux repas à base de porc salé, de pain et de fromage. Quand elle eut terminé son assiette, Firmin débarqua comme par magie pour tout débarrasser. Ce faisant, il s'adressa à elle sur un ton tout à fait enjoué.

« Mademoiselle Steel, il y a un vêtement dans votre chambre que j'apprécierais beaucoup vous voir porter aujourd'hui. Voyez-vous, il y aura un bal très bientôt au château et il est fort possible que vous y soyez invitée. Après tout, vous êtes la forgeronne de monsieur Von Hochen. »

Willow s'apprêta à protester, arguant que même si elle comptait s'y rendre, elle avait déjà des tenues, mais le majordome se tourna vers elle avec un regard empli d'une émotion qu'elle ne lui avait jamais vue, et ajouta sur un ton plein d'emphase :

« Cette tenue appartenait à ma défunte fille, mademoiselle Steel. »

Oh… Okay.


Un peu contrariée, Willow remonta donc dans sa chambre. Au fil des jours, elle l'avait quelque peu encombrée de ses affaires, dont des armes et des pièces d'armure disséminées un peu partout. Sur une chaise, au milieu de tout ce bizarre, était proprement déposée une robe. Le tissu soyeux était bleu nuit, avec des reflets puissants, le col et les manches, qui devaient lui arriver aux coudes, étaient bordés de lourdes dentelles noires. Elle était belle, même une femme comme elle pouvait s'en rendre compte. Pourtant, elle fit la grimace.
N'osant la toucher avec ses mains sales, elle souleva en ahanant la marmite d'eau qui bouillottait constamment dans la cheminée de sa chambre, afin qu'elle puisse toujours se préparer un bain. Avec mille difficultés et du temps, elle réussit à la renverser dans sa baignoire de cuivre doublée d'un drap blanc et se plongea dedans une fois nue. C'était un peu chaud mais avec le climat de cette ville, pas désagréable.
Après s'être débarrassée de sa couche de crasse, Willow inspecta son corps, comme les autres rares fois où elle avait pris un bain ces derniers temps. Depuis que le duc lui avait révélé qu'elle avait des écailles dans le sang et que cela pouvait se retrouver sur sa peau, elle était méfiante. Jusque là, elle n'avait remarqué. … Jusque là. Aujourd'hui, sa main rencontra sur matière rugueuse sur son ventre. Baissant la tête, elle remarqua un cercle d'écailles, très vraisemblablement, qui s'enroulaient en spirale avec pour centre son nombril. Elle essaya d'en enlever une, mais se fit mal, aussi elle renonça. Elle devait le dire à Von Hochen.

Quelques minutes plus tard, vêtue de la robe de Firmin, – ce qui était un peu étrange de dire cela hors contexte – de ses bottines habituelles, d'une veste de laine tout à fait inélégante et de mitaines trouées, ses cheveux encore humides emmêlés autour de son visage, elle se précipita en soulevant ses jupes jusqu'aux appartements du duc.
En franchissant la porte sans prendre la peine de frapper, elle se souvint qu'il n'était pas censé être présent cette nuit. Et puis, elle entendit du bruit, en provenance de sa chambre. Comme un crépitement… Intriguée, elle passa la tête dans la chambre. Une lueur inhabituelle provenait de la salle de bain. Inquiète, elle s'avança vers la petite pièce, s'alarma en sentant la chaleur de plus en plus forte à mesure qu'elle progressait. Et puis, elle le vit. Dans un bain de flammes qui s'élevaient presque jusqu'au plafond. Une fumée âcre et noire emplissait de plus en plus la pièce.
Sans réfléchir, elle s'enveloppa dans un cocon de flammes et plongea dans le brasier. Elle agrippa le corps du duc et le hissa hors de la baignoire, avec toutes les peines du monde. La peur devait lui donner des ailes, car elle parvint à le faire glisser jusque dans sa chambre et claquer la porte qui les séparait désormais de l'incendie avant que ses bras ne décident de la lâcher.
Furieuse, elle se retourna vers le vampire.

« Espèce de fou furieux ! Que vous a-t-il pris ? Quelle expérience saugrenue avez-vous inventée pour… ? »

Elle se tut en voyant le corps nu de Luscka. Il était intact, sans aucune marque de brûlure. Elle crut même voir une flamme lécher son épaule avant de disparaître, comme absorbée. Impossible !   
 


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MessageSujet: Re: 100 000 Degrees   Jeu 17 Mar - 12:49


❝ Scène 12 - Warm womb : rebirth ❞




Bien entendu, la jeune femme n'avait pas voulu un instant se plonger dans un bon bain chaud avec lui. Elle était prude et il pouvait le comprendre. Les humains étaient si … humph. Ils avaient un corps plus chaud et plus vivant mais ils semblaient vouloir le cacher tout le temps. Ce n'était bien entendu pas que le froid parce la plupart des maisons de nobles étaient très bien chauffées. La sienne ne l'avait jamais été autant que maintenant.
Il allait appeler Peach qu'il entendait passer dans le couloir pour qu'elle vienne remettre un seau d'eau brûlante mais ce n'était apparemment pas la peine. Quand il toucha l'eau, elle lui parut brûlante. Il eut un instant l'impression qu'elle avait été réchauffée au contact de sa main mais c'était stupide. Il était bien évident qu'elle ne pouvait pas être devenu aussi chaude grâce à sa peau tiède. Il devait se tromper.
Il s'installa dans son bain et réfléchit un peu. Il devrait aller voir Elijah. Il était sur le point de s'endormir quand Alfred avait fait irruption dans la pièce. Bien entendu, il avait dû frapper mais Luscka ne l'avait pas entendu, dans sa somnolence. C'était apparemment important. Yvan venait de lui envoyer un mot qui lui demandait de le rejoindre le lendemain quelque part pour parler. Encore cette histoire avec Taesch Condé ?

Le temps passa, s'étirant comme un long fil terriblement tranchant. Le feu consumait ses membres du moins lui semblait-il. Quand il rouvrit ses yeux, il lui semblait que tout était plus rouge. Oui, il voyait beaucoup plus le rouge. C'était étrange. Mais il serait mort bien avant l'aube alors peu importait. Au bout d'un moment, il ne ressentit plus rien. Les nerfs avaient dû juste lâcher. Il put contempler les flammes qui s'élevaient et léchaient sa peau.
Sa peau ? Non, elle aurait déjà dû être consommée déjà bien longtemps avant ce moment. Si les flammes n'avaient pas atteint les nerfs, comment pouvait-il ne plus rien ressentir. En fait, à la réflexion, il ressentait bien des choses. Il ressentait la chaleur. La chaleur des flammes qui lui semblaient siennes. Une éternité sembla passer, comme si le temps s'était ralenti. Lentement, il leva une de ses mains, lui faisant quitter les flammes. Il lâcha un cri muet quand celle-ci sembla absorber les flammes qui auraient dû la consumer.
Terrifié mais aussi terriblement excité, il passa un doigt sur ses lèvres, puis dans ses cheveux. Ils lui semblaient aussi durs que le diamant et aussi souple qu'un fil de lin. Il ne voulut cependant pas quitter la baignoire. Il hallucinait peut-être juste. Peut-être que ses cheveux, sa peau et son être avaient déjà été consumés par les flammes de la justice, de la purification. Il pouvait parfaitement juste être devenu fou de douleur.
Il s'allongea mieux dans la baignoire pour regarder le plafond et soupira. Ce devait être cela. Une flamme quitta sa bouche au deuxième soupir, s'étalant comme un long serpent orange dans l'air, se courbant avant de disparaître. Il ne s'attendait pas à cela.
Il se souvint à ce moment là du récit d'un frère du temple. Il affirmait qu'un des livres démoniaques qu'ils avaient conservé parlait d'êtres qui pouvaient cracher du feu. Des êtres si puissant qu'un seul de leurs battement d'ailes pouvait les propulser dans les airs. Oh, parfait. Il passait ses dernières pensées à délirer. Ou peut-être était-il déjà mort ? Peut-être était-ce le purgatoire ? Il était puni pour s'être tué. Et il serait ici pour l'éternité.
En grognant, il se rendit compte qu'il entendait des pas. Des pas pressés dehors. Il n'était donc ps mort. Ou peut-être que c'était une manœuvre pour le rendre fou de solitude à force d'entendre des pas et de ne voir personne. Oh, il ne savait pas mais il se sentait bien pour le moment. Peu à peu les flammes devenaient plus basses. Il sentait leur pouvoir dévaler ses veines. C'était si bon … Oh il devrait en parler à Elijah s'il ne mourait pas.
Oh Elijah … Son cœur se serra quand il pensa à son grand amour et aussitôt, les flammes devinrent aussi noires que la nuit. C'était vraiment très, très étrange. Alors qu'elles emplissaient son corps, il pensa un instant qu'elles étaient peut-être en train de le transformer. Il se sentait différent. Peut-être qu'il devenait juste fou mais sinon. Ah il se sentait si puissant actuellement qu'il aurait pu survivre à n'importe quoi.
Il songea un instant que ses funérailles seraient tristes pour Elijah et Yvan. Yvan … Il pleurerait peut-être mais peut-être bien qu'il lui en voudrait. Pourtant, il lui avait dit qu'il devrait mourir si jamais l'infection prenait le pas sur sa conscience. Il ne pu s'empêcher de verser quelques larmes qui lui semblèrent être faites de flammes.
Il entendit une porte s'ouvrir et releva la tête en déglutissant. Il était sûr de l'avoir entendu cette fois. Il y avait eu des coups puis une porte qui s'ouvrait. Mais il ne voulait voir personne. Il voulait juste mourir. C'était horrible, il était horrible. Un véritable monstre. Il méritait la mort.
Et puis, il se sentit horriblement tiré de cette chaleur et plongé dans la fraîcheur de l'air. La fumée ne le fit pas tousser mais l'air frais si, quand il se retrouva dans sa chambre. Il releva les yeux sur la jeune femme qui l'avait tiré de là. Les larmes aux yeux, il ne put se relever. Toute la puissance qu'il avait ressenti s'était évanouie. Il passa sa main dans ses cheveux pour se donner une contenance et remarqua avec stupeur que les trous de son bras s'étaient refermés, complètement, ne laissant que deux petits soleils entrelacés sur sa peau, comme un tatouage.
Elle l'insulta – bien évidemment, c'était Willow – et il releva des yeux furieux vers elle avant de se reprendre. Il venait de soupirer et de la fumée était sortie de son nez, précédant le jet de flammes sorti de sa bouche. Il réitéra l'expérience et déglutit.
“ Willow, il se passe quelque chose d'étrange avec les flammes. ”
C'était la première fois qu'il l’appelait par son prénom. Il lui ferait des reproches plus tard. Pour le moment, il se rendit compte qu'il se sentait plus serein que jamais, même s'il était intrigué. Il se sentait … Comme avant l'infection, mais en mieux. Décidé, il se leva avant de passer la porte. S'avançant près de la baignoire, il plongea son bras dans les flammes et les absorba. La fumée passa dans ses poumons naturellement et quand il rouvrit les yeux, la baignoire ne contenait plus que de l'essence froide et l'air était aussi pur que possible. Ébahi et essoufflé, il se tourna vers la forgeronne. C'était elle l'experte en feu, elle trouverait sûrement une raison logique, scientifique !

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MessageSujet: Re: 100 000 Degrees   Dim 20 Mar - 14:36

J
usque là, Willow n'avait jamais eu l'honneur de voir la véritable colère chez Luscka von Hochen. Alors, quand il releva les yeux vers elle, ce fut une expérience inédite. Son sang se glaça et elle regretta soudain de s'être emporté contre lui. Elle eut la certitude qu'il allait la tuer.
Au lieu de ça, il se mit à exhaler de la fumée et cracher du feu ! Willow sursauta et fit un bond en arrière, son dos heurta la porte brûlante et elle trébucha sur le côté. Craintive, elle reporta son regard sur Luscka, qui ne s'intéressait désormais plus à elle. Une nouvelle flamme jaillit de sa bouche, puis ce fut tout. La forgeronne le fixait comme s'il était la chose la plus curieuse qui lui ait été donnée de voir dans toute sa vie. Et en vérité, c'était sans doute le cas. Du coup, son histoire d'écailles autour du nombril lui semblait bien pauvre.
Stupidement, elle pensa tout d'abord qu'il avait bu la tasse et recrachait ce qu'il y avait en trop dans ses poumons. C'était un vampire après tout… Puis, elle se corrigea. C'était vraiment idiot de supposer une chose pareille !

Le duc l'interpella alors, exposant l'évidence même. Oui, il y avait quelque chose d'étrange avec les flammes. En fait, il y avait surtout quelque chose d'étrange avec le vampire. Muette, Willow le regarda se lever et retourner dans la salle de bain où rugissait toujours le feu de baignoire. Elle n'avait pas su quoi lui répondre, tout cela était un mystère pour elle.
Debout devant l'embrasure, elle regarda Luscka alors qu'il plongeait son bras dans les flammes. Cette fois, elle ne s'inquiéta pas pour son sort. Elle avait accepté le fait qu'il ne craignait rien. C'était un peu comme quand elle s'était enveloppée de son armure de flammes pour se protéger du feu afin de le récupérer. Sur le coup, elle avait réagi instinctivement, car elle aurait pu simplement contrôler le feu qui émanait de la baignoire, aussi puissant soit-il. Mais elle avait eu tellement peur pour lui !
En tout cas, à le voir absorber comme ça les flammes et la fumée, comme si c'était la chose la plus naturelle du monde, Willow ressenti une pointe de jalousie. Comme pour vérifier qu'elle savait toujours le faire, elle ouvrit sa main, paume en l'air, et fit apparaître une jolie boule de feu clair. Elle la fit tournoyer un moment en lévitation, puis referma ses doigts dessus. Pouf ! Plus rien !

Quand elle releva la tête, Von Hochen se retournait dans sa direction. Il semblait fatigué. Elle remarqua aussi que ses marques de morsure étaient différentes, plus jolies. On aurait simplement dit un tatouage. Son regard remonta lentement sur son bras, jusqu'à son épaule, et… Oh mon Dieu ! Il était nu ! Elle rougit et détourna le regard, mais comme toujours dans ce genre de situation, ses yeux s'attardèrent exactement là où elle n'aurait surtout pas dû regarder ! Le temps qu'elle se décide à fixer les flacons de shampoing et autres produits sur une étagère, il était trop tard. Elle avait maintenant une image très nette des capacités de Luscka.

« Hum… Vous devriez sans doute vous habiller. »

Ce sujet semblait plutôt trivial au regard du duc, mais pas pour elle, bon sang ! Elle n'avait même jamais couché avec quelqu'un complètement nue, ou alors que l'autre l'était ! Il faisait bien trop froid dans les bras-quartiers de cette ville !

Virevoltant dans sa robe ridicule, Willow fit quelques pas dans la pièce, le dos tourné à l'armoire. Luscka pouvait passer de la salle de bain à sa chambre, jusqu'à ses vêtements, sans qu'elle le voit. Et maintenant qu'elle l'imaginait faire tout cela, son cœur s'emballait un peu et elle rougissait de plus belle. Que c'était gênant !

« Je ne sais pas vraiment ce qui vous arrive, monsieur l'duc, mais si vous vous mettez à cracher des flammes et de la fumée de manière incontrôlée, vous allez avoir des petits problèmes au quotidien. Il va falloir apprendre à vous réguler, sans quoi votre manoir pourrait bientôt finir en cendres. »

Elle soupira, les bras croisés sur sa poitrine. La forgeronne essayait de se focaliser sur ses propres centres d'intérêts, au lieu de se dire sans cesse que ce type sans pudeur se baladait à poil dans son dos. Si elle n'avait pas quelque chose de très important à lui annoncer, elle serait d'ailleurs déjà partie, incendie ou pas. Quelle était cette chose, déjà ? Ah, oui !

« J'ai trouvé des écailles en prenant mon bain tout à l'heure. »

Ses cheveux avaient d'ailleurs complètement séché à présent, à cause de la chaleur à laquelle ils avaient été exposés. Elle voulu s'emparer du bas de son pull et de sa tunique pour dévoiler son ventre, mais ne rencontra qu'une solide couture. Oh, oui… Cette robe ! Quelle idiote elle faisait !

« Le problème c'est que… Et bien je ne peux pas… Là, tout de suite. Ca me paraît compliqué. »

Il la trouverait ridicule, elle le savait. Pourtant, elle ne voyait pas comment faire. Elle ne pouvait tout de même pas déchirer la robe de Firmin, elle avait appartenu à sa fille !

« Bon, attendez une minute. »

Un peu plus tard, elle s'était assez débattue pour découvrir sa poitrine jusqu'à la taille, et se couvrir avec pudeur à l'aide de son gilet de laine. Rouge de honte, elle se retourna en maintenant sa robe d'une main en direction du vampire. C'était sûr, il allait lui faire une remarque désagréable. Ou rire. Ou soulever un sourcil dubitatif, elle l'avait déjà vu, alors elle savait très bien ce que ça voulait dire !   
 


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MessageSujet: Re: 100 000 Degrees   Lun 21 Mar - 13:35


❝ Scène 13 - Ce que voit un dragon ❞




Voilà une demi-douzaine de nuits que la jeune femme lui semblait plus détendue. Elle avait eu du mal au début mais elle semblait aller de mieux en mieux. Elle était de plus en plus encline à lui faire part de ses idées et à ne pas se sentir menacée par tout. Mais actuellement, c'était bien de la terreur qu'il pouvait lire dans ses yeux. Elle semblait transie de peur, comme transportée par l'adrénaline. Il ne savait pas trop encore si elle avait peur de lui ou pour lui.
Il soupira doucement et essaya de se souvenir de quelque chose de positif pour se calmer. Il n'avait peut-être pas l'air mais il était réellement paniqué. Paniqué de ne pas être mort, d'absorber des flammes à sa volonté et de les recracher. Oui … La dernière fois, alors qu'ils buvaient au Taureau Noir, Yvan et Eugène avaient fait un bras de fer. Le général avait bien entendu gagné et quand Eugène avait protesté, il avait glissé de sa chaise et s'était mangé le sol, littéralement. Ce qui avait beaucoup fait rire ses trois compagnons.
Il y avait aussi cette fois où Luscka avait croisé Elijah dans la rue des Pêcheurs. Il était occupé et se hâtait dans la lumière du soleil couchant. Ce soir là, Luscka avait été appelé en urgence et était à peine présentable. Mais Elijah, lui, était plus beau que n'importe quel ciel étoilé, que n'importe quel bijoux. Ses cheveux brillaient dans la lumière faiblissante du crépuscule et il ne cessait de rehausser ses lunettes sur son nez. Elijah …
Il soupira quand il constata que la jeune femme n'était pas calmée, elle. Il laissa son calme habituel reprendre le dessus et constata que toutes les pensées qui le parasitaient depuis des jours étaient éteintes. A jamais, il l'espérait. Il lui semblait avoir retrouvé toutes ses facultés mentales et il était tellement heureux d'être redevenu le Luscka qui n'en avait cure d'être un peu violent parce qu'il savait se contrôler.
Rassuré par son propre calme, il décida de retourner près de la jeune femme. La salle de bain était à présent normale – à part le fait qu'elle soit à moitié remplie d'essence et cette marque brune au plafond – mais rien n'était plus 'normal' dans la vie de Luscka. Et puis, il eut une illumination. Il savait, à présent. Du moins, il pensait savoir. Il ne pouvait pas dire quoique ce soit tant qu'il ne serait pas sûr.
La jeune femme semblait moins inquiète aussi. Elle avait, apparemment, assimilé le fait qu'ils ne brûleraient pas ensemble dans la souffrance.
C'est alors qu'il se rendit compte qu'elle le regardait attentivement. Elle fixait son corps nu et indemne mais pas de la façon dont il s'y attendait. Il pensait qu'elle aurait un œil médical, impartial. Qu'elle étudierait la chose en tant que maîtresse du feu. Mais il y avait une lueur de désir dans ses yeux. Willow Steel avait donc un coeur et tout ce qui allait avec. Rien qu'au fait d'être observé, il sentit son entrejambe se durcir un peu, mais n'en fut nullement gêné.
Elle lui fit remarquer qu'il devrait s'habiller et il étouffa un rire moqueur. Cette jeune fille était vraiment trop drôle. Un sourire aux lèvres, il se dirigea vers son armoire, lentement, mais constata qu'elle s'était détournée. Oh, la pudeur des humains ! Il enfila un pantalon en jean serré – une importation de Modernis qu'il aimait à porter pour être à l'aise – une chemise simple à moitié détachée et un gilet en laine sans manche, très lâche.
Elle lui fit remarquer que son comportement était dangereux et il soupira un peu de fumée grisâtre. Elle avait raison. Il ne pouvait tout simplement pas rester dans cet état. Il allait lui demander son aide quand elle lui annonça une grande nouvelle. Elle avait trouvé des écailles. Cela confirmait de plus en plus ses soupçons. Il avait bien besoin de les voir de ses propres yeux pour être sûr : cette jeune femme devenait comme lui.
Il sourit doucement quand elle se débattit avec sa raison mais elle finit par trouver une solution. Quand elle se déshabilla, il ne loupa pas une seule miette du spectacle. Elle finit par réussit à découvrir son ventre et il vint examiner ses écailles. Elles étaient rouges, scintillantes et apparemment très attachées à sa peau. Il passa une main désormais brûlante comme un feu réconfortant sur elle et sur une partie de son ventre. Sa peau était un peu rêche, loin de celle d'un vampire.
“ C'est fascinant très chère … ”
Après l'avoir examiné, il s'éloigna. D'un souffle, il alluma le feu dans la cheminée , ébahi d'avoir réussi, et lui sourit doucement. Il y avait un feu en lui qui lui hurlait de se rapprocher de cette humaine. Et puis il se souvint d'avoir surprit le regard de jasper, la veille, quand il parlait avec elle. Il ne pouvait pas faire ça à son cousin. Raisonnable, il referma son jean et sa chemise complètement jusqu'à retrouver un peu de décence.
“ Vous devriez vous rhabiller. Je dois vous parler de quelque chose … d'invraisemblable. ”
Willow était comme lui, il pouvait bien lui en parler alors qu'elle était apparemment aussi perdu que lui l'était avant de comprendre.

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