Vampires vampires vampires : infection
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 Quand vient la nuit

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MessageSujet: Quand vient la nuit   Jeu 28 Jan - 10:33

Quand vient la nuit

E
lijah était rentré tard, au petit matin, sous un ciel rosé strié par la pluie. Sans se poser de questions, il s'était réfugié dans sa chambre, pour se déshabiller et se coucher. L'alcool et le jour naissant aidant, il avait facilement trouvé le sommeil. Sa journée s'était déroulée paisiblement, sans cauchemar, sans agitation. Puis, au crépuscule, il s'était réveillé. Son cerveau reposé avait commencé à le tourmenter de souvenirs récents et cuisant. Il se sentait monstrueux et surtout un parfait idiot. Comment allait-il oser reparaître devant le Duc après cela ? Et s'il racontait la façon dont s'était comporté Elijah à tout le monde ? Non, il ne pouvait plus reparaître tout court.

Toute la nuit, il resta enfermé dans sa chambre, à lire, à méditer et s'auto-flageller mentalement. Le jour venu, il avait mis du temps à s'endormir. Et puis, ses rideaux étroitement fermés, il en avait oublié la notion du temps.


« Cela fait une semaine que le prince Elijah est enfermé là-dedans. Tu crois qu'il est mort ?
-Je ne sais pas, il a interdit à quiconque d'entrer, même pour prendre soin de sa chambre.
-Il est peut-être infecté.
-Une chose est sûre, tant qu'il n'a pas été prouvé qu'il va bien, moi je ne mets plus un pied dans ses appartements.
-T'as raison, moi non p... »

Les voix s'estompèrent, trop éloignées de la porte de sa chambre. Elijah était allongé en étoile sur le sol, à contempler le plafond peint d'une fresque vantant les mérites de l'érudition. La maladie… Luscka était atteint, peut-être qu'il lui avait transmis le virus. Une raison de plus de ne pas sortir d'ici. Il jeta un coup d’œil à la clef enfoncée dans la serrure. Il serait sans doute plus prudent de… Dans un bond rapide et nerveux, il se mit sur pieds et arracha la clef de la porte. Puis, il la cassa en deux, avec quelques difficultés. Ca faisait une semaine qu'il n'avait pas ingéré de sang. S'il ne s'était pas autant nourri la veille de sa séquestration auto-forcée, ça aurait été dangereux. Vraiment dangereux. Il ne bougeait presque plus d'ailleurs. Il lui semblait que cela faisait plus d'une journée qu'il était allongé par terre, avant d'entendre parler ses serviteurs devant sa porte. Mais si ça faisait une semaine… Il était peut-être allongé par terre depuis autant de jours.

Il jeta les débris de clef dans sa corbeille en osier, encore remplie de ses brouillons chiffonnés. Ceux qu'il avait noircis quand il avait encore le droit d'apparaître en public. Son cœur se pinça légèrement en songeant qu'il ne pourrait sans doute plus jamais étudier quoi que ce soit. Car c'était certain maintenant : il était infecté. Personne ne s'enfermerait sciemment aussi longtemps sans une bonne raison. Son regard erra sur son bureau où reposait une lettre qui lui avait été glissée sous sa porte quelques temps plus tôt.

« Prince Elijah,

Je vous prie de bien vouloir me rejoindre au laboratoire demain, au plus tôt. J'ai de nouveau résultats concernant le feu Grégeois et j'ai besoin de vos lumières.

Avec mon respect le plus sincère et le plus grand,

Mlle Miette Steamclad. »

Elle avait dû l'attendre longtemps, songea Elijah avec une pointe de culpabilité. Mais mieux valait pour elle et pour tout le monde qu'il ne sorte plus. En fait, il ferait en sorte que jusqu'à sa mort, plus personne ne le rencontre. A moins qu'il demande au Duc Von Hochen de lui inoculer les mêmes produits que… Non ! Jamais il n'oserait demander quoi que ce soit au Duc après ce qui s'était passé. Elijah se roula en boule au milieu de son lit. Il voyait son reflet dans le miroir. Diable, qu'il était misérable. Une barbe irrégulière couvrait ses joues et son menton, ses cheveux étaient en bataille (encore plus que d'habitude), ses yeux fous étaient cerclés de rouge et ses lèvres étaient si pâles… Même pour un vampire, elles étaient trop pâles. Et puis, depuis combien de temps au juste portait-il ces vêtements ? Ceux qu'il avait machinalement enfilés juste avant de décider qu'il ne pouvait pas sortir.

Il avisa ensuite une petite hache de collection suspendue à son mur. Ce serait lent et très douloureux, mais il pouvait toujours en finir immédiatement. Cela éviterait à tout le monde de le supporter en tant qu'Infecté ayant perdu la raison.

Elijah se tourna de l'autre côté et son regard rencontra un petit tas de plume. Oh, c'est vrai. Il avait éventré l'un de ses oreillers à coups de dents, assailli par la faim alors qu'il dormait à moitié.

Bon sang, qu'il avait soif.


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MessageSujet: Re: Quand vient la nuit   Jeu 28 Jan - 15:38



Quand vient la nuit


L'eau tombait tout droit autour de son corps. C'était stupide, la pluie ne tombait jamais tout droit. Mais bien sûr, il n'y avait pas de vent dans cette salle de bain. L'eau était chaude comme jamais elle ne l'était à Gothik City et Ulrick la laissa brûler un peu sa peau nacrée, laissant des marques rouge vif. Elles auraient disparu avant même qu'il ne pose un pied en dehors de cette douche mais il aimait bien qu'elles soient là.
En s'enveloppant dans le peignoir de la Maison Blanche, le prince regarda son lit. Sa mère lui donnait toujours trop de responsabilité. Il avait une lettre à remettre à chacun de ses frères et sœurs et quelques livres à donner à Elijah. Il y avait aussi deux gros paquets pour Yvan et une robe et un chapeau pour Lucie. Apparemment, sa mère s'était ennuyé considérablement depuis qu'elle était ici et passait son temps à dépenser l'argent des caisses royales.
Tout cela devait être emballé dans sa grosses valise avant que le soleil de soit tombé. Les lourds rideaux de sa chambre étaient tirés mais il pouvait voir le soleil de la milieu d'après midi cherchant à tout prix à déverser ses rayons dans la chambre, par tous les interstices possibles.
Il regarda aussi le prospectus que des missionnaires des Enfants de Dieu lui avaient donné quand il se promenait dans la ville au coucher du soleil. Il disait que les vampires étaient des abominations et suggérait une fermeture hermétique de Modernis State, que ce soit économiquement ou relationnellement parlant. Il disait aussi que la maladie venait de chez eux. En fronçant les sourcils, le prince chiffonna le papier glacé et le jeta dans la corbeille à côté de la fenêtre. Son atterrissage parfait au milieu de la poubelle illumina son visage d'un sourire très fier.

Quand il arriva à Gothik City, le temps était humide. Il n'aimait pas particulièrement la saison des pluies, se sentant beaucoup mieux au milieu du froid sec et clair. Il portait un lourd sac en bandoulière et une grosse valise en cuir à la main mais personne ne l'arrêta plus de quelques secondes. Les avantages de faire partie de la famille régnante sans doute. Il jeta un coup d’œil au ciel alors que le cocher envoyé par son père montait ses affaires dans la voiture luxueuse. La lune n'était pas pleine mais elle promettait de l'être bientôt.
En arrivant au château, il remercia le cocher qui semblait être soulagé que sa journée soit finie. En effet, juste après leur arrivée, il s'était mit à pleuvoir des cordes, terriblement fort. A chaque goutte qui tombait, Ulrick s'attendait presque à voir le sol se fendre en deux. Il se demanda un instant si cette pluie ravageuse n'était pas plutôt de la glace mais ne resta pas dehors pour le vérifier. Il avait grande hâte de se réchauffer devant un bon feu.
On monta ses bagages jusque dans sa chambre et la servante, une femme d'un blanc presque inquiétant mais très souriante, lui demanda si tout s'était bien passé. Bien sûr, il ne lui dirait rien des soucis qui l'agitaient et se contenta d'un hochement de tête et d'un sourire léger.
Devant ses bagages défaits, le plus jeune prince de Gothik City se demanda par qui il commencerait. Il appella le majordome du château pour savoir où étaient ses frères et sœurs et on l'informa qu'Yvan était dehors, que Lucie n'était pas rentrée de son petit voyage et qu'Elijah était dans sa chambre depuis une semaine. Une semaine ? Elijah avait sûrement dû oublier de revenir dans le monde réel, trop prit dans ses recherches. Fort bien, il commencerait pas lui alors.
Il glissa les livres dans son sac en bandoulière avec la lettre de sa mère et prit avec lui une carafe de sang tiède et deux verres sur un plateau.
Il se rendit jusqu'à la chambre d'Elijah qu'il essaya d'ouvrir rapidement, sans succès. Soupirant, il sortit deux épingles de sa poche, posant le plateau par terre. Quand la porte fut ouverte, il pénétra dans la chambre de son frère et lui offrit un sourire éclatant.
“ Je suis de retour, grand frère, et j'ai beaucoup de choses à te – diantre ! Tu fais pitié à voir ! Tu ressembles à ... Yvan.”
En un instant, son sourire fut remplacé par une moue inquiète. La chambre était aussi froide que la mère et son frère avait l'air de ne pas s'être nourri depuis des lustres. Il referma la porte derrière lui avec son pied et traversa la chambre pour poser le plateau sur la petite table près de la fenêtre. En revenant vers son frère, il lui tendit un grand verre de sang tiède.
“ Je le savais, tu as encore étudié sans te soucier du temps ! C'est très imprudent, nom d'une pipe, regarde toi ! ”
Bien sûr, Elijah n'était pas quelqu'un de narcissique alors il n'avait aucun miroir dans sa chambre et donc aucun moyen de se voir. Ulrick passa une main affectueuse dans les cheveux de son frère, son regard se faisant un peu plus sévère. Sa mère, quand il était à Modernis State, lui avait dit de prendre soin de ses frères et sœur. C'était le genre de choses qu'elle aurait dit à Yvan s'il avait été là mais il supposait qu'en son absence, elle le jugeait comme assez responsable pour lui donner une telle recommandation. Et voilà que dès qu'il rentrait, il trouvait que son frère s'était mit dans un état impossible !
Alors qu'il allait se relever, il perçut quelque chose dans le regard de son frère. Quelque chose comme de la culpabilité. Avec un soupir, il descendit sa main doucement sur la joue de son frère, plongeant son regard ambré dans le sien.
“ Qu'est-ce qu'il t'est arrivé pour que tu te mettes dans un état pareil ? On t'a fait du mal ? Tu sais que tu peux tout me dire, hm ? ”
Est-ce qu'il était vraiment arrivé quelque chose de grave ? La curiosité lui tordait l'estomac, mêlée à un peu de regrets. Il n'aurait pas dû quitter la ville sans s'assurer que tout le monde allait bien.

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MessageSujet: Re: Quand vient la nuit   Ven 29 Jan - 11:33

E
lijah ferma les yeux et se laissa bercer par le son de la pluie battant les carreaux. Elle s'était soudain amplifiée et il semblait au prince que les gouttes n'avaient que le désir de venir le transpercer. Lentement, il s'endormit.
Un petit bruit sec le réveilla, mais il ne réussit pas à reprendre complètement pied avec la réalité. Ses yeux étaient ouverts mais ils ne voyaient rien. Son esprit était perdu dans les méandres de sa culpabilité et de sa peur de lui-même. Il entendait la voix d'Ulrick, qui lui racontait joyeusement des choses tout à fait inutiles. Il disait qu'il était comme Yvan et qu'il avait trop étudié. Une odeur agréable lui chatouilla aussi un instant les narines, éveillant ses sens de prédateur. Elijah les stoppa aussitôt. Il ne devait pas céder à cette pulsion, elle était un signe que l'infection avançait. Peut-être que s'il luttait vraiment de toutes ses forces, elle se propagerait moins vite.
Une main passa dans ses cheveux et il se mit à délirer. Ce devait être Luscka, il était au courant, il l'avait senti. Maintenant il venait le guérir, ou le punir. Les deux options convenaient à Elijah. Les doigts glissèrent sur sa joue et il se rendit compte qu'ils étaient trop fins pour appartenir au Duc Von Hochen. Un regard tendrement ambré se plaça dans son champ de vision direct et il n'eut d'autre choix que de le voir. Ces cônes dans l'iris orange, il les connaissait par cœur. Et cette voix, qui le choyait, le suppliait presque de s'ouvrir à lui…
Elijah se redressa sur un coude en repoussant sèchement la main de son frère.

« Ulrick ! s'exclama-t-il d'une voix fatiguée. Vas-t'en ! Tout de suite ! »

Il n'était pas en colère, mais il s'appliqua à imiter Yvan le mieux possible, malgré la tête qui lui tournait. Il ne voulait surtout pas que son frère prenne le moindre risque d'être infecté, lui aussi. Il se redressa complètement, s'asseyant au bord de son lit, en tâchant d'avoir de la présence et de l'autorité sur son petit frère. Il lui semblait n'avoir jamais vraiment accompli cet exploit cependant. Et il était particulièrement difficile de se concentrer dans son état de faiblesse actuel.
Une odeur lui fit subitement tourner la tête. La texture foncée semblait danser devant lui, l'appelant. Elijah tendit la main, plus vivement qu'il ne le voulu, et ses doigts rencontrèrent du verre. Sa main se referma doucement en serre sur le besoin qu'il lui était interdit, tandis que son esprit essayait de comprendre ce qui se passait. Une fois qu'il passa en vue d'ensemble, il comprit que le sang n'était pas du tout inaccessible. Il s'empara de la carafe à deux mains et but directement ce qu'il y avait dedans. Bien qu'il sentit le liquide tiède dévaler un peu son menton et s'écraser sur sa chemise froissée, il continua. Quand il eut terminé la carafe, il avisa le verre qu'Ulrick tenait dans la main et s'en empara. Le portant à ses lèvres, il réalisa soudain que son petit frère était toujours présent dans la chambre.

« Vas-t'en, te dis-je ! Tu veux mourir toi aussi ? Tu veux être malade et devenir fou ? »

Il posa le verre et se leva, en essayant d'être plus grand, plus impressionnant. Sa poigne se referma sur le bras d'Ulrick et il tenta de l'entraîner de force vers la porte de la chambre. Le toucher était déjà risqué. Non, le fait même que le plus jeune prince soit dans cette pièce était excessivement dangereux.
Pour tenter de le convaincre, n'étant pas de taille à lutter avec sa force, Elijah décida de lui avouer la vérité. Qu'Ulrick décide de le tuer ensuite lui importait peu, tout ce qu'il désirait, c'était être seul et ne plus mettre qui que ce soit en danger.

« Ulrick, je suis infecté ! Ne reviens pas ici à moins d'avoir de solides chaînes ou de quoi mettre fin à ma misérable vie ! »

Oui, mourir. Il s'y était préparé. Maintenant, il pourrait l'accepter. Pourvu qu'elle arrive avant sa déchéance totale.


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MessageSujet: Re: Quand vient la nuit   Ven 29 Jan - 14:57



Quand vient la nuit


Ulrick n'était pas quelqu'un de stupide, loin de là. Il était même supérieurement intelligent. Bien sûr, parfois il oubliait le mot qui désignait ceci ou cela mais il savait toujours faire des multiplications de milliards et connaissait des milliers de poèmes par coeur. Cependant, parfois, Ulrick se sentait stupide. Souvent, c'était en présence de son frère Elijah parce qu'il était si … brillant. Il semblait ne jamais faire de fautes.
Tout simplement, Ulrick avait souvent du mal à croire que le Elijah si sûr de lui en conférence, celui qu'il admirait autant, ne faisait qu'un avec son grand frère timide qui avait tendance à se cacher pour ne pas parler au gens et qui ne se mettait jamais en valeur. Cependant, Ulrick aimait ces deux aspects de lui, même s'il préférait quand Elijah était vulnérable. Ainsi, il se sentait plus important et responsable, devenant un peu le grand frère du deuxième prince. Elijah était même plus petit que lui !
Toujours très serviable, Ulrick adorait remonter le moral de son frère et là, Elijah en avait grandement besoin. Oh, peut-être qu'il s'agissait d'une rupture amoureuse ! Peut-être même qu'il avait été marié en secret ! Oh non, Elijah aurait été plus qu'heureux de s'être publiquement acquitté de cette tâche ingrate qu'était le mariage. Alors peut-être devait-il de grosses sommes d'argent liquide à des gens peu scrupuleux ! Si c'était le cas, Yvan réglerait ça vite fait bien fait.
Le jeune vampire serra plus fort le poing. Si quelqu'un avait fait du mal à son frère, il le payerait de son sang et peut-être même d'un peu plus ! Ulrick n'était pas du genre violent mais quand on touchait aux deux membres les plus fragiles de sa famille, il ne pouvait pas s'empêcher de sentir son sang bouillir. Son cœur aurait presque pu en battre. Néanmoins, il ne laissa pas son sourire être voilé par sa colère, il ne voulait pas effrayer Elijah.
Il parcourut le visage fatigué de son frère du regard. En le regardant, on s'imaginait qu'il pouvait avoir une vingtaine d'année. Il était si … étrangement mortel, pour un homme éternel.
Ulrick se fit repousser et son frère lui ordonna de s'en aller. Un rayon de lune les sépara alors qu'Ulrick reculait un peu. Cependant, le jeune prince ne comptait pas se laisser faire comme ça. Il ne renoncerait pas. Avec ses deux grands frères, il s'était habitué à les forcer à prendre soin d'eux alors qu'ils étaient parfois dans des états critiques comme cette fois à Yvan avait failli perdre un bras ou celle où Elijah avait oublié de dormir pendant plusieurs jours.
Son cœur se serra un peu quand il se rendit compte qu'il se faisait réprimander par son frère le moins autoritaire. Mais sa mère lui avait dit de prendre soin de lui, il se sentait investi d'une mission presque diabolique maintenant alors il ne laisserait certainement pas son frère comme ça ! Pas tant qu'il serait en vie !
Au lieu de boire le verre qu'il lui tendait, Elijah se saisit de la carafe et avala presque tout d'un trait. Quelques traits de sang coulèrent un peu sur sa chemise et dans son cou et Ulrick aurait pu trouver cela assez séduisant s'il ne s'était pas agit de son gros nounours de grand frère. Il posa sa main sur celle d'Elijah, l'autre tenant toujours le verre. Il ferait peut-être mieux de lui tendre, Elijah aurait certainement besoin de plus de sang.
Ulrick n'eut pas le temps de placer une parole que son frère recommença ses élucubrations sur le fait de devenir fou. Il avait sans doute du mal à réfléchir à cause de la faim.
Quand le plus vieux des deux princes attrapa son cadet pour le pousser hors de la chambre, Ulrick remarqua que la force lui manquait. Et puis, il lui avoua la terrible vérité. Non, son grand frère ne pouvait pas être infecté. Ils étaient une famille soudée et ils ne pouvaient de toute évidence pas se perdre. Il perdit son sourire et écarquilla les yeux, prêt à pleurer. Qu'allait dire sa mère ? Il n'avait pas été à la hauteur de sa mission …
Quand la raison reprit le dessus dans sa logique, il se rendit compte que c'était impossible. Il attrapa un bras de son frère et souleva le tissu. Rien. Un sourire de soulagement illumina son visage alors que des larmes de joie coulaient le long de ses joues glacées.
“ Les infectés deviennent fous entre onze heures et trois jours après l'infection, hors cela fait huit jours que tu es enfermé et tu es toujours aussi logique puisque tu ne t'es pas précipité sur moi. Et regarde, tes veines n'ont absolument pas gonflé comme les leurs ! Tu es juste fatigué et affamé mais nous allons régler cela au plus vite. ”
Il se dirigea vers le couloir et appela des servantes pour qu'elles viennent préparer un bain. Il leur demanda aussi d'ouvrir la fenêtre et de fermer les volets pour aérer la chambre quand ils seraient dans la salle de bain. Il allait remettre son frère sur pied en moins de deux. On leur apporta une carafe de sang supplémentaire alors qu'ils attendaient sur le lit d'Elijah et Ulrick lui en tendit un verre.
“ Nourris toi mon frère, et raconte moi exactement ce qui est arrivé. ”
Il était assez curieux de savoir comment son frère avait pu se croire infecté et surtout, pourquoi il s'était laissé dans un état pareil pendant plus d'une semaine.

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MessageSujet: Re: Quand vient la nuit   Ven 29 Jan - 18:17

L
e regard d'Ulrick changea. Il était malheureux, même dans son état, Elijah le voyait bien. Ce visage lui fendit le cœur aussi sûrement qu'une pierre frappée par la foudre et il se retint de le serrer dans ses bras pour un ultime adieu. Et puis, l'expression d'Ulrick se modifia. Il venait de penser à quelque chose. Agrippant son bras, il remonta la manche de son frère pour l'examiner et la joie revint. En lui, sur lui, partout autour du prince. Il était un soleil à lui seul, une lune, préférait penser Elijah, n'étant pas un grand adepte des promenades en plein jour.

Enjoué, le plus jeune des prince lui asséna un raisonnement sans faille, qui trouva facilement son chemin dans l'esprit torturé d'Elijah. Nourri, le vampire regarda par-dessus l'épaule d'Ulrick, comme si la réponse était inscrite sur cet éventail suspendu au mur. Mais bien sûr ! Comment avait-il pu être aussi stupide ? Accablé de culpabilité et affamé, il en avait oublié de raisonner. Dire qu'il avait songé à se tuer dans d'atroces souffrances pour épargner la contamination aux autres habitants du château… Il se sentait soudain bien stupide et extrêmement honteux.
Il hocha la tête d'un air entendu à l'attention de son frère qui, rassuré, partit dans le couloir pour demander aux serviteurs d'accomplir quelques tâches. Elijah retourna s'asseoir sur son lit, conscient de la faiblesse de son corps. Ulrick le rejoignit. Ulrick, son fidèle soutien.

« Tu étais absent longtemps, marmonna Elijah, avec une légère teinte de reproche. Tu m'as manqué. »

Il n'était pas infecté, réalisa-t-il. Il pouvait toucher son frère. Alors il l'enlaça étroitement de longues secondes puis, quand en estima en avoir assez fait, il se recula et déposa un baiser sur les lèvres charnues de son frère. Ce fut à cet instant qu'arriva le ravitaillement nécessaire à Elijah et il relâcha son petit frère. Ses yeux brillaient d'avidité et de faim. Ulrick crut tout de même bon de lui ordonner de boire. Un verre en main, Elijah prit quelques gorgées délicates. Il apprécia le goût du sang qui tapissait sa gorge, sentant déjà ses forces revenir. Il mit aussi ce temps à profit pour réfléchir à la façon dont il allait commencer son récit. Bien entendu, il aurait préféré ne pas avoir à dire quoi que ce soit, mais il était tout bonnement inutile de résister à Ulrick. De plus, Elijah sentait qu'il lui devait bien ça.

Ne parlant que lorsque les serviteurs étaient trop occupés ou trop loin pour l'écouter, Elijah raconta son histoire. De temps en temps, il prenait un peu de sang.

« Il y a...Huit jours, donc, je me suis rendu au manoir Von Hochen afin de conclure une alliance avec le Duc. Vois-tu, je travaille actuellement avec une jeune fille douée des pouvoirs d'une sorcière afin de lutter contre l'Infection et le docteur Von Hochen serait d'une précieuse aide dans cette entreprise. Nous avons parlé, longuement et, comme il était tard, il m'a généreusement invité à partager son dîner. »

Il se stoppa à cet instant. Il avait tut le fait que Luscka était infecté. Cela lui semblait être une information trop intime et dangereuse à révéler pour l'instant. De toute façon, ce n'était pas le cœur du problème. Il reprit avec un peu d'hésitation. Désormais, ce serait difficile de parler.

« Il avait bu, trop bu et était monté dans sa chambre en me reprochant, je crois, de m'être trop attardé. Avant de partir, je suis donc monté dans ses appartements pour m'excuser et c'est là que… Il semblait si mal que je me suis approché, inquiet. Le Duc m'a alors tenu tout contre lui et… Et… Nos visages étaient tellement proches, il lui aurait suffit de baisser la tête d'un millimètre de plus pour que nos lèvres… Enfin, il n'a pas eu à le faire. J'ignore ce qui m'a pris... »

En réalité, il le savait fort bien. Obsédé par le mariage dont lui avait parlé sa mère, il n'avait pu s'empêcher de voir en Luscka le parfait compagnon. Si beau, si fort et si intelligent.

« C'est moi qui ait franchi l'espace qui nous séparait encore. Et ensuite… J'ai été atteint d'une folie sans doute… Je l'ai mordu à la gorge. Bien sûr il m'a repoussé et chassé de chez lui, et maintenant, nous ne pourrons pas travailler ensemble. Je suis un monstre Ulrick et j'ai tout gâché. »

Quelques larmes dévalèrent ses joues. Son visage était fixé sur ses mains, qui tenaient un verre presque vide. Il se demandait si Ulrick allait le questionner d'avantage, car son récit, sans les secrets qu'il cachait, ne tenait qu'à peine debout. Mais il ne pouvait être certain d'avoir le droit de révéler à son petit frère sa promotion récente au titre de prince héritier, ou l'état de Luscka. Ou encore l'état incroyable de son cœur. Oh, par le Diable ! Allait-il bien ? Cela faisait huit jours ! Il était possiblement mort ! Un sanglot étrangla sa gorge et il plaqua sa main contre sa bouche. Le Duc était peut-être décédé et il l'ignorait !


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MessageSujet: Re: Quand vient la nuit   Sam 30 Jan - 14:52



Quand vient la nuit


Est-ce que c'était possible ? Est-ce qu'il s'était attaché à quelqu'un et avait reçu un refus désarmant?Ulrick ne savait pas vraiment si Elijah avait eu des coucheries par ci par là mais il était sûr et certain qu'il n'avait jamais eu de grandes histoires d'amour. Sans doute parce qu'Elijah serait venu lui demander des conseils et puis c'était si incroyable que tout le monde en aurait parlé. Le deuxième prince n'était pas si discret.
Ulrick pensa à son père, si sûr de lui avec ses cheveux d'un blond doré aristocratique, ses sourires à en couper le souffle et sa mère, si forte et déterminée, aussi tranchante que l'acier. Comment est-ce qu'ils avaient pu avoir un enfant comme Elijah ? Le pauvre devait se sentir tellement mis à l'écart.
Il y avait de nombreuses choses qu'il ne comprenait pas dans la génétique de leur famille. Leurs parents étaient blonds et aucun d'eux quatre ne s'en rapprochait vraiment. Yvan et Ulrick avaient hérité de la grande taille de leur mère mais Elijah et Lucie … ils étaient si petits, c'en était inhabituel. Emilien n'était pas un géant d'un mètre quatre-vingt dix mais il n'était pas aussi petit que ses enfants.
Finalement, il avait fini par arrêter de s'interroger quand il avait remarqué combien les frères Condé étaient eux même différents. L'un était solide, grand, blond et bouclé alors que l'autre était aussi léger qu'une plume, de taille moyenne et ses cheveux noirs étaient toujours si lisses et soyeux. Finalement, on pouvait bien faire partie d'une famille et ne pas franchement se ressembler. Il ne mettait en aucun cas le doute sur la fidélité de sa mère.
Son frère était terriblement fragile de temps en temps et Ulrick se dit que c'était une bonne chose qu'ils soient aussi différents. Elijah avait toujours été son grand frère mais il était si .. vaporeux. Parfois, il disparaissait. Il était avec eux mais, pas vraiment. Il était au loin, dans ses pensées les plus profondes et semblait ne plus du tout les remarquer. Le jeune prince avait souvent l'estomac qui se serrait quand c'était le cas. Son frère lui manquait alors qu'il était juste là, à portée de main.
Le plus vieux des deux princes lui reprocha d'être parti longtemps. Avec un regard désolé, Ulrick voulut dire quelque chose de drôle sur le fait qu'il laissait ainsi le champ libre à Elijah pour faire la cour à toutes celles qu'il voudrait mais c'était stupide et Elijah n'était sûrement pas d'humeur à plaisanter. Il rougirait et essayerait probablement de se justifier alors qu'il n'avait rien fait de mal de toute façon.
Juste avant de boire, Elijah l'embrassa et Ulrick se retrouva soulage qu'il ne soit pas infecté. Ne plus pouvoir le toucher pour le réconforter aurait été horrible. Les Sang-Nés, comme les appelaient les bas quartiers de Gothik City, devaient être les personnes les plus seules au monde.
Avec un frisson, le jeune prince écouta son frère, patiemment. Elijah devait toujours tout mettre dans son contexte. Il espérait que ce n'était pas lié à une invocation. En fait, il avait toujours peur pour son frère depuis cette fois où il avait essayé d'invoquer Charisemnon seul et s'était retrouvé dans le coma pendant deux semaines.
Il laissa son frère parler, le laissant s'interrompre de temps en temps. Cela lui semblait nécessaire, Elijah se braquerait s'il était questionné trop durement. Avec un mouvement de la main, Ulrick caressa la joue de son frère quand celui-ci eut terminé. Il était le plus tendre possible mais il avait un peu envie de rire. Un sourire narquois éclairait son visage mais il ne dirait rien de vexant. Rien de trop vexant du moins.
“ D'accord, je vois. Bon, d'abord, tu y es peut-être allé un peu fort mais tu n'es pas un monstre. J'ai, moi-même, plusieurs fois mordu et été mordu par des vampires. Je ne te savais pas dans ce genre là mais chacun a son petit secret, non ? ”
Les connexions se firent dans le cerveau d'Ulrick et il fronça les sourcils, un peu inquiet. Mais non, la morsure remontait à bien trop loin.
“ Il n'allait pas bien alors tu as pensé qu'il était infecté et le fait de l'avoir mordu … tu as pensé que tu l'étais aussi. C'est pour cela que tu t'en enfermé. Et tu n'as pas pensé à aller voir Yvan ? Ou ne serait-ce qu'un médecin ? Gros malin ! ”
Son ton était plein de reproches mais très tendre tout de même. Non bien  sûr, le médecin le plus compétent de la cour était celui-là même qu'Elijah croyait infecté. Si c'était le cas, ce serait terrible ! Une réelle catastrophe ! Une idée germa dans sa tête et il plongea son regard dans celui de son frère.
“ Tu as dit qu'il semblait mal … Est-ce que tu aurais pu faire quelque chose qui l'aurait énervé ? Qui aurait pu le rendre … jaloux ? ”
Avec un sourire amusé, il regarda son frère. A ce moment là, on les prévint que le bain était prêt et Ulrick entraîna Elijah dans la baignoire. Quand ils furent tous les deux nus et immergés, Ulrick poursuivit la conversation comme si de rien n'était.
“ Au fait, elle ressemble à quoi la petite sorcière avec laquelle tu travailles ? Elle est mignonne ? Tu crois que je pourrais lui plaire ? Et il était comment le baiser avec Luscka ? Il a mit la langue ? ”
Sérieusement, Ulrick avait plein d'idées concernant l'usage de pouvoirs magiques dans une partie de jambes en l'air. Vraiment plein.

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MessageSujet: Re: Quand vient la nuit   Dim 31 Jan - 18:44










Lucie avait dû s'endormir une petite heure car lorsqu'elle se réveilla, son oreiller et ses draps étaient humidifié par sa chevelure encore trempée. Elle se laissa aller à bailler et fit craquer les os de son dos avant de se décider à aller prendre un bain. La princesse sortit le nez de sa chambre après avoir pris grand soin d'enrouler les deux grimoires dans un drap propre déposé sur son lit – les servantes avaient dû recevoir l'ordre de continuer à nettoyer sa chambre toutes les semaines malgré son absence – et fit signe à un jeune humain, qui devait être nouveau, d'approcher. Elle lui ordonna de lui préparer un bain bien chaud et le garçon, qui avait l'air décidément bien jeune, se dépêcha d’exécuter ses ordres. Elle profita de sa courte absence pour se débarrasser de tout ce qu'elle portait (autrement dit pas grand chose) et passer une serviette blanche autour de sa poitrine qui descendait jusqu'à mi-cuisse. Elle s'assit ensuite sur son lit et patienta. Heureusement, le garçon semblait prendre son travail à cœur et avait appelé quelques servantes à l'aide, dont une qui la rejoint avec un petit panier rempli d'huiles essentielles. La baignoire dans sa salle de bain personnelle fut très vite remplie et on la laissa seule. Lucie entra dans l'eau chaude mais ne prit pas le temps de se détendre. Elle voulait se débarrasser de son fardeau et s'assurer qu'Yvan allait bien. Elle se lava rapidement et passa quelques huiles dans ses cheveux – qui n'en avaient pas réellement besoin mais elle adorait l'odeur de ces produits – avant de sortir de l'eau et se sécher.

Elle était propre, sèche et en sous-vêtements devant son armoire lorsqu'une voix familière s'éleva dans le couloir. Le regard de la princesse s'illumina et elle alla ouvrir la porte. L'homme à qui appartenait la voix s'arrêta net en entendant son nom et se tourna vers elle, l'air surpris.

« C'est un record pour une fugue. »
« Je suis allée faire un peu de tourisme. »

La princesse agrippa Wish – car c'était son nom – par le col et l’entraîna dans sa chambre, le plaquant contre la porte, elle lui vola un baiser qu'il lui rendit en l'enlaçant. Leur étreinte dura quelques minutes, Lucie dû se forcer à s'écarter et abandonner la chaleur du corps de son calice préféré. Il faut dire que Wish était un met de choix : un hybride d'à peine trente ans. Son sang avait un goût légèrement épicé qu'elle appréciait particulièrement. Et il était beau, très beau. En plus d'être un merveilleux garde-manger, il était un très bon partenaire sexuel et ne cherchait pas à savoir ce qu'elle faisait quand elle disparaissait. Elle regrettait qu'il ne soit pas humain, elle aurait voulu le vampiriser un jour pour le récompenser de ses services. Malheureusement c'était impossible à faire sur un hybride. Le jeune homme était très excité de la revoir, dans tous les sens du terme. Mais elle n'avait pas le temps pour ça, ses frères étaient sa priorité. C'est donc après lui avoir ordonné de venir la retrouver dans sa chambre d'ici une dizaine d'heures qu'elle le fit sortir et termina de s'habiller. La princesse opta pour un robe blanche transparente composée de voiles, une paire d'escarpins couleur crème et de nombreux bracelets en or sertis de diamants. Elle récupéra les deux livres qu'elle serra contre elle et sortit ensuite de sa chambre. Direction les appartements d'Elijah, qui n'étaient pas très loin. Elle n'eût qu'à traverser deux couloirs à grandes enjambées, passant devant quelques serviteurs qui se retournèrent en voyant la princesse qui s'était évaporée quelques mois plus tôt, et entra sans même toquer à la porte. Lucie ouvrit la bouche, prête à raconter à son frère ce qu'elle avait vécu, mais il n'y avait personne dans la pièce.

" Il a mit la langue ? "

Ulrick ? Elle tourna la tête en direction de la salle de bain de son deuxième frère et, après avoir fermé la porte de la chambre à double tour, se rendit dans l'autre pièce. Elle se stoppa et croisa les bras en apercevant les deux hommes en train de prendre un bain dans une baignoire qu'elle trouvait bien trop étroite pour eux deux.

« Parfait, au moins je n'ai pas à te chercher, Ulrick. Sortez de l'eau, il faut que je vous parle. »

Elle avait très envie de les enlacer, mais ce n'était pas exactement le bon moment. Les deux hommes étaient nus comme des vers et trempés. Elle leur donnait cinq minutes avant de leur renverser un seau de froide sur la tête et des les tirer elle-même hors de l'eau. Mais ils avaient l'air si surpris de la voir qu'ils allaient, sans aucun doute, se dépêcher. Elle alla s'installer sur le lit d'Elijah et ferma les yeux, respirant son parfum réconfortant, en gardant une main posée sur les précieux livres qu'elle avait posé sur le matelas. Lorsque ses frères la rejoignirent, elle rouvrit les yeux et montra les livres au plus âgé des deux.

« Ça devrait t'intéresser. »

Elle posa ensuite son regard vers Ulrick, qu'elle brûlait d'envie d'enlacer. Ils étaient très proches et ne pas avoir ce véritable rayon de lumière à ses côtés pendant six mois avait été difficile.


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MessageSujet: Re: Quand vient la nuit   Lun 1 Fév - 13:24

E
lijah était en proie à la plus grande des peines. Pourtant, un simple mot d'Ulrick suffit à dédramatiser la situation. Sa seule voix, avec son ton insouciant, était un puissant remontant. Elijah sécha ses larmes en l'écoutant donner son avis sur la situation. Apparemment, c'était plutôt courant de se mordre entre vampires. Elijah avait toujours trouvé cela… Réservé aux couples mariés, ou vraiment très proches. Hors, Luscka et lui n'étaient que des collègues. De toute évidence, c'était la boisson qui avait conduit le médecin à chercher à l'embrasser, mais il aurait probablement fait la même chose avec n'importe qui, peut-être même son cousin également. Il se sentit encore plus mal à l'aise lorsqu'Ulrick laissa entendre qu'il s'agissait d'une fantaisie sexuelle. Combien il se trompait ! pensa alors Elijah. Toutefois, mieux valait cette version que la terrible vérité qui le mettait dans le rôle d'un arracheur de gorges compulsif.
Il n'eut pas besoin de se justifier de toute façon, puisqu'Ulrick enchaînait déjà sur les raisons de la contrition d'Elijah. Il croyait que son frère se pensait contaminé depuis le début, alors que sa stupide révélation n'avait eut lieu que quelques heures plus tôt. Non, il s'était enfermé simplement parce qu'il avait honte d'avoir attaqué le Duc Von Hochen.

« Non, c'est vrai. J'aurais dû. »

Encore une fois, il préféra ne pas détromper Ulrick. Ce n'était pas qu'il se plaisait à lui mentir ou à le laisser dans le flou, il avait simplement peur que sa langue fourche et qu'il ne révèle à son petit frère le terrible secret de Luscka. L'essentiel, de toute façon, était qu'il se soit rendu compte de la stupidité de sa réaction. Bien entendu, il aurait simplement dû envoyer une lettre d'excuses ampoulée au Duc en le priant de bien vouloir oublier cet écart de conduite – qu'il aurait pu mettre sur le compte du vin – afin de travailler ensemble sur leur projet, qui était tout de même d'une importance capitale.
Et puis, Ulrick évoqua la jalousie de Luscka et Elijah tourna brusquement son visage vers lui en prenant un air scandalisé.

« Jaloux ?! Mais pourquoi serait-il… ? »

Il s'interrompit à l'entrée d'un des serviteurs chargés de lui préparer un bain. Ce dernier était prêt à le recevoir. Il posa son verre, désormais totalement vide et s'apprêta à se lever et saluer son frère, mais celui-ci le saisit par la main pour l'entraîner dans sa salle de bain. Malgré les protestations d'Elijah, il fut forcé de partager la baignoire avec Ulrick, qui prenait beaucoup plus de place que lui. Là où le plus jeune des frères étalaient ses bras en occupant la moitié de la circonférence du cuivre, Elijah maintenait ses bras serrés contre son torse. Il commença à se laver, timidement. Ils n'étaient plus en âge de prendre des bains ensemble ! Si un serviteur venait à les surprendre… Son frère pourrait se retrouver dans l'embarras des commérages ! Lui-même était habitué à avoir une réputation peu flatteuse mais Ulrick était un homme de la cour !

“ Au fait, elle ressemble à quoi la petite sorcière avec laquelle tu travailles ? Elle est mignonne ? Tu crois que je pourrais lui plaire ? Et il était comment le baiser avec Luscka ? Il a mis la langue ? ” 

Elijah lui jeta un regard outré et s'exclama :

« Ulrick ! J'ignore ce qui me scandalise le plus ! Que tu t'intéresses à quelqu'un que tu n'as jamais vu ou que tu me demandes des précisions sur une telle chose ! »

Puis, un peu gêné, il ouvrit la bouche pour répondre, malgré tout :

« En fait, c'est moi qui... »

La porte s'ouvrit alors et Elijah tourna un regard affolé dans cette direction. Il s'attendait à voir un serviteur, au lieu de ça, ce fut une apparition vaporeuse et magnifique. Avant qu'il puisse réaliser à quel point la présence de Lucie était fabuleuse, la princesse s'était retirée dans sa chambre après une injonction brutale. Plus désireux de la saluer que de lui obéir, Elijah sortit de l'eau et se sécha rapidement, faisant fi de sa chevelure dégoulinante. Un des serviteurs avait mis de côté des vêtements propres à son attention et il les enfila, ignorant toutefois le gilet à manches bouffantes. Sa tunique de toile blanche et son pantalon de cuir fin suffirait bien, même s'il avait l'air un peu débraillé. Après s'être battu avec sa ceinture, il se précipita en premier dans la chambre, laissant la porte ouverte pour Ulrick. Le sourire jusqu'aux oreilles, il s'avança vers Lucie et déposa un baiser léger sur sa joue, en la tenant à peine par les épaules. Puis, il se recula à une distance respectable.

« J'ai grand plaisir à te voir, Lucie. Ton voyage a-t-il été agréable ? As-tu atteint les buts que tu t'étais fixés en partant ? »

Il avait d'abord été peiné et un peu affolé d'apprendre que sa sœur avait disparu à Modernis State, en ne prévenant que leur père. Puis, il avait compris. Lui-même se noyait souvent sous les recherches qu'il effectuait à la bibliothèque, alors il approuvait l'initiative de sa petite sœur, bien que terriblement imprudente. Bien sûr, il avait évité de donner son avis aux autres membres de sa famille, qui avaient réagi tout autrement. Il plaignait beaucoup sa petite sœur.

La princesse enchaîna de suite sur ce qui l'amenait. Voilà qui était digne d'elle : éviter les embrassades pour se concentrer sur l'essentiel. Elijah ne lui en voulait pas, il était habitué à son caractère difficile, presque aussi rude que celui d'Yvan parfois. En fait, il avait dû accepter les humeurs de Lucie facilement à cause de son expérience avec son frère aîné. En comparaison, elle était tout de même bien plus abordable, malgré le surnom de « princesse de glace » dont certains aimaient l'affubler. Lui, bien sûr, ne faisait pas partie de ces moqueurs. Il trouvait cela terriblement exagéré.

Le prince s'assit à son tour sur son lit et examina les ouvrages que la princesse lui avait apportés. Au premier coup d’œil, il comprit que le plus petit des deux était sans aucun doute le livre le plus précieux qui lui ait jamais été donné d'avoir entre les mains. Il le feuilleta avec mille précautions, s'attardant sur quelques informations en espérant comprendre d'où venait cet ouvrage et de quoi il pouvait bien parler. Quand il le comprit, un « oh » sortit de sa bouche et il entreprit une première lecture, oubliant où et avec qui il était.  


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MessageSujet: Re: Quand vient la nuit   Mar 2 Fév - 22:12



Quand vient la nuit


Le prince entendit un fiacre passer rapidement dans la rue et il sentit son corps se tendre. Peut-être qu'Yvan était rentré. Non, Yvan était parti à pied et sans doute qu'il rentrerait par la même voie, même si la pluie tapait terriblement aux carreaux. Il lui semblait que leurs vitres allaient finir par se briser mais elles tenaient bon malgré la force du vent qui faisait tomber les gouttes d'eau à une vitesse presque douloureuse.
Lucie alors ? Il fronça légèrement les sourcils et se dit que si elle était rentré comme elle était rentrée – sans le prévenir ! - il lui donnerait peut-être la fessée comme Yvan l'avait fait autrefois. La princesse était peut-être la personne la plus importante à ses yeux et qu'il apprenne son départ par Théophile l'avait mit dans tous ses états. Ils étaient censés s'enfuir ensemble, si l'un d'entre eux devait partir.
Il reporta son regard sur son frère qui semblait avoir quelque chose de terrible à dire. Et être un peu terrifié par ce qu'Ulrick venait de dire. Il ressemblait à quelqu'un qui aurait eu quelque chose de coincé dans la gorge mais qui ne pouvait pas le cracher. Le Prince plongea sa main sous l'eau et prit celle de son frère, la serrant plus que de coutume. Il ne voulait tout simplement pas qu'il se sente seul, encore une fois perdu dans ses pensées.
La pluie mugit soudainement sur les toits voisins et Ulrick poussa un long soupir. Il aimait le fait de ne pas être sous ce qui semblait se transformer en tempête.
Il aurait aimé être sûr que son frère aille bien mais il ne pouvait pas faire grand-chose pour lui quand il était dans ce monde qui n'appartenait qu'à lui. Il attrapa son manteau qui traînait sur un tabouret de salle de bain et attrapa un petit étui à cigarettes dans sa poche. En allumant une avec la flamme d'une des bougies qui était disposées autour de la baignoire, il soupira de plaisir quand la fumée envahit sa gorge.
Il tourna de nouveau ses pensées vers Lucie et se demanda si, peut-être, elle était enfermée quelque part. Il était inquiet mais pas plus que sa mère qui semblait être sur le point de s'évanouir quand on lui parlait de Lucie. Il eut un petit soupir et prit la décision de retourner à Modernis et de retourner la ville si elle n'était pas rentré d'ici à une semaine.
Une terrible peur lui envahit le ventre et il préféra consommer sa cigarette et se relaxer un peu. S'amusant à faire des ronds de fumée grise et à expirer cette même fumée par le nez. Un peu comme un dragon. La fumée avait un air translucide dans cet air froid et parfois, il s'attendait presque à ce qu'elle tombe, glacée. Parfois, elle se transformait en petits cristaux de glaces juste avant de s'évaporer mais ils n'étaient pas encore à cette époque de l'année.
Il lança un sourire espiègle à son frère en entendant sa réponse. Oh Elijah était si coincééé ! Il était sûr qu'il ferait une belle paire de culs serrés avec Luscka von Hochen. Oh, le Duc était assurément quelqu'un d'ennuyeux et de trop droit, un ami idéal pour Yvan mais qu'est-ce qu'Elijah pouvait bien lui trouver. Il était … plutôt beau dans son genre – pas vraiment celui d'Ulrick – mais il ne pensait pas qu'Elijah jugeait sur l'apparence. Remarque, il ne pensait pas non plus qu'il était du genre à aimer mordre.
C'est à ce moment là que sa sœur surgit des hautes herbes comme un Roucool , le prenant par surprise. Il en fit presque tomber sa cigarette dans l'eau mais réussi à la garder en main. Et elle leur donna un ordre comme si ils s'étaient vu au dîner d'hier pour la dernière fois. MAIS OUI BIEN SUR !
Il prit son temps pour se sécher et enfiler une chemise d'Elijah qu'un serviteur avait préparé à son intention. Elle était un peu trop large pour lui et tombait sur ses épaules. Il la ferma et, sans prendre la peine d'enfiler autre chose, il se rendit dans la chambre de son frère. Il allait passer un savon à sa sœur comme jamais. Oh, mais il était si heureux de la revoir avec sa petite tête de gobelin !
Elijah accueillit leur sœur avec une aisance tout familiale pour lui ? Ulrick fronça légèrement les sourcils. Il était aimable avec elle. Mais non, il n'avait strictement rien comprit à la fin ! Il fronça les sourcils de nouveau – ce qui, en réalité et étant donné la position habituelle de ces sourcils, lui donnait juste un air normal et absolument pas fâché – et garda la serviette sur sa tête alors que ses cheveux trempaient encore de temps à autre avec quelques gouttes la chemise blanche de son aîné.
Après qu'elle eut donné des livres – encore ! - à leur grand frère, il l'attrapa par le col et lui ébouriffa les cheveux. Ils étaient doux, soyeux et sentaient bon mais après le traitement d'Ulrick, ils seraient pleins de nœuds. Aha !
“ Je tiens à te dire que je vais mettre longtemps à te pardonner après que tu te sois enfuie sans moi. J'ai été triste sans toi, tout le monde l'a été. Et Mère était … morte d'inquiétude. Oh, c'est vrai, mère ! ”
Il ouvrit la porte pour demander à Théophile de lui apporter le paquet rouge et la lettre au nom de sa sœur restée sur son lit. Le majordome le gratifia d'un ''Monsieur'' respectueux avant de partir d'un pas mesuré. Il se tourna ensuite vers ce qu'il avait apporté à son frère et posa la lettre sur le livre ouvert qu'Elijah était en train de lire, sans même prendre la peine de se sécher convenablement. Il jeta une serviette à poils longs sur sa chevelure encore humide et soupira. Cet homme était beaucoup trop distrait.
Ce ne fut pas Théophile mais une servante qu'Ulrick connaissait bien – de près – qui leur apporta ce qu'il avait demandé et il referma la porte sur elle. Rossetti, c'était son nom, était dans le genre très timide mais Ulrick avait bien l'impression qu'elle avait une sorte d'amour stupide pour son frère ainé. Ce qui ne l'avait pas empêché d'avoir eu des relations sexuelles fréquentes et répétées avec Ulrick. Oh, ça ne le gênait pas de rendre service.
Il mit les cadeaux dans les bras de sa petite sœur et lui accorda un sourire étincelant qui aurait même pu éclipser le soleil. Il glissa la lettre dans ses mains.
“ Mère a écrit la lettre a l'encre rouge et elle m'a dit de te la donner si tu revenais avant elle. Je suppose que ça va chauffer pour toi quand elle sera revenu. ”
Avec un petit sourire, il passa une main dans les cheveux désormais plus forcément digne d'une princesse et jeta au diable ses rancunes. Il passa ses bras lestes autour d'elle et l'enlaça fort avant de l'embrasser tendrement sur le front. Il avait le sentiment qu'il ne devait surtout pas lui faire de mal, qu'elle ne méritait pas ses envies de vengeances. Il lui offrit un sourire tendre avant de la relâcher. Elle devait être impatiente d'ouvrir ses cadeaux.

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MessageSujet: Re: Quand vient la nuit   Sam 6 Fév - 13:14










Comme elle s'y attendait, Elijah l'accueilli avec beaucoup de calme et de tendresse, ce qui plaisait toujours infiniment à la princesse. Elle aimait la patience dont faisait toujours preuve son deuxième frère envers elle. Jamais il ne s'était mis en colère contre elle ou ne lui avait dit quelque chose de déplacé. Ils ne s'étaient jamais disputés et elle aimait lui demander des conseils lorsqu'elle était troublée. Elijah était capable d'une profonde réflexion et pouvait voir encore plus loin qu'elle en ce qui concernait certains sujets. Même si la vampire le dépassait en matière de manipulation. Après qu'il ait déposé un léger baiser sur sa joue, il lui posa des questions simples sans chercher à aller dans les détails, et elle lui en fut très reconnaissante. Elle n'eut pas le temps de lui répondre car son autre frère arrivait déjà, après avoir pris un temps incroyablement long pour n'enfiler qu'une simple chemise presque transparente et elle ne se priva pas pour l'observer en détails. Cela faisait très longtemps qu'elle n'avait pas pris de bain avec son frère. En fait, dès que sa poitrine avait commencé à pousser, Ulrick avait refusé de se baigner de nouveau avec elle. Lucie avait quand même réussi à le rejoindre de temps en temps, entrant dans une baignoire remplie de bulles qui cachaient leurs corps nus. Mais tout ça s'était passé au moins trois cents ans plus tôt, après ça la princesse était devenue un peu plus pudique envers lui. Même si il n'avait pas beaucoup changé, elle avait oublié à quoi ressemblait Ulrick sans ses vêtements.

Elle n'essaya pas de se débattre lorsqu'il s'en prit à sa chevelure, si seulement ça pouvait être son unique punition, elle l'acceptait avec plaisir. Elle s'en tirait d'ailleurs très bien. Yvan lui avait pardonné, Elijah n'avait jamais eu l'intention de lui en vouloir et Ulrick la punissait à sa façon. La princesse se leva une fois qu'il l'eut libérée et déposa un baiser glacé sur sa joue avant de récupérer une brosse à cheveux qu'elle avait vu dans la salle de bain un peu plus tôt. Lorsqu'elle revint pour se rasseoir à la place où elle se trouvait un peu plus tôt, elle eut à peine le temps de démêler les nœuds que son diable de frère lui avait fait avant qu'il ne lui tende un grand paquet et une lettre rédigée à l'encre rouge. Elle reconnut immédiatement l'écriture de sa mère et son cœur se serra. Holly von Dast, sa tendre et parfois terrible mère, lui manquait énormément. Si son père lui passait tous ses caprices, elle lui avait quelques fois distribué des fessées presque aussi douloureuses que celle d'Yvan. Elle savait exactement quand il fallait être stricte et quand il fallait être tendre avec elle. Avec le temps, Lucie avait réussi à échapper à ses quelques punitions, mais cette fois-ci elle se doutait qu'elle n'y échapperait pas. Elle remercia son frère et entreprit de lire la lettre sans écouter ce que son aîné lui disait. Elle dut se mordre l'intérieur de la joue et laissa échapper un long soupire avant de la refermer, la posant sur la robe qui lui avait été offerte qu'elle essayerait en retournant dans sa chambre. Elle ne s'inquiétait pas des mesures, sa mère connaissait les mensurations de tous ses enfants par cœur. La princesse regarda son frère.

« Je ne regrette rien, je suis sûre que ces livres vous seront utiles. »

Elle prit la main d'Ulrick qu'elle incita à s’asseoir et vint s'installer sur ses genoux en évitant tout contact avec son entrejambe, passant un bras autour de son cou pour garder son équilibre et regardant Elijah qui était de nouveau dans un autre monde. C'était incroyable, cette capacité qu'il avait à se couper du monde lorsqu'il étudiait quelque chose. C'était sans doute grâce à ça qu'il était le plus cultivé d'entre eux. La princesse n'essaya pas d'attirer son attention et se reporta sur son autre frère. Baissant les yeux sur la chemise mal fermée du vampire, elle fronça les sourcils en apercevant l'encre sur sa peau et se sentit défaillir. Elle entrouvrit la bouche et déboutonna le vêtement pour découvrir le tatouage sur son sternum

« Ulrick... Depuis quand as-tu ces tatouages ? »

Impossible, depuis combien de temps ne l'avait-elle pas vu nu ? Ou avait-elle oublié ? Non, elle s'en serait souvenu. Si elle avait été humaine, Lucie serait devenue pâle comme un mort, ou se serait peut-être évanouie. Quelques mois plus tôt, trois jours avant de partir pour Modernis, elle s'était rendue à une orgie où tous les participants étaient masqués. Et elle avait passé plus de deux heures seule avec ce vampire... Il était resté habillé et avait simplement retroussé la robe de la princesse après l'avoir plaquée contre un immense sofa en velours rouge, mais elle avait pu apercevoir un tatouage sur son torse après s'être attaquée aux boutons de sa chemise.  Non, ça ne pouvait pas être Ulrick. Elle l'aurait senti, elle connaissait son odeur, et il y avait bien d'autres vampires avec des tatouages, comme Yvan. Mais Yvan n'aurait jamais touché une femme. Soudainement inquiète et mal à l'aise, elle préféra retourner à sa place d'origine et croisa les bras en regardant ailleurs.

« Tu devrais toi aussi t'intéresser à ces bouquins, si notre frère daigne partager. »



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MessageSujet: Re: Quand vient la nuit   Sam 6 Fév - 18:07

E
lijah était si absorbé par son livre qu'il en vint à ignorer totalement son frère et sa sœur. Il fallait dire que les pages qu'il tournait avec mille précautions recelaient de trésors. Les débuts de Gothik City, depuis le premier du troisième mois de l'an 1. Le prince fit un calcul rapide, estimant que cela devait situer le premier billet au vingt-sept avril selon leur calendrier. Fascinant… L'auteur avait inscrit son nom en caractères minuscules sur certaines pages, on aurait dit des gribouillis mais pour les yeux d'Elijah, il était clair qu'il s'agissait de celui qui avait noirci ces parchemins. Honorus… Le légendaire vampire fondateur… Alors il avait bel et bien existé ! C'était très excitant ! Elijah lut rapidement, tournant et tournant les pages, la respiration coupée, avide de savoir…
Au moment où Honorus parlait de transformer son élève – qui était aussi son amant selon le vocabulaire d'ancien Gothik – une écriture bien plus ronde et chaleureuse atterrit sous son nez, en même temps qu'un poids tombait sur sa tête. Il sursauta légèrement et papillonna des yeux, revenant dans le monde qui l'entourait. Il posa sa main sur la serviette douce qui épongeait désormais sa tignasse. Oh oui, voilà qui était plus prudent, avec un livre aussi précieux.

Elijah s'appliqua ensuite à ouvrir la lettre de sa mère, brûlant de retourner au journal d'Honorus rapidement. Il ne pouvait cependant ignorer plus longtemps une missive de la Comtesse. Sans déchirer l'enveloppe, il extirpa le papier plié à la perfection et en découvrit le contenu. Au fur et à mesure de sa lecture, il passa par diverses émotions : soulagement, reconnaissance, excitation et amour. A la fin, de fines larmes dans les yeux, il releva la tête pour regarder Lucie et Ulrick, l'un sur l'autre. Ils parlaient, l'ayant sans doute oublié un instant. Tellement proches, presque fusionnels, pourtant l'un comme l'autre était capable de s'ouvrir à lui. Oui, comme le disait leur mère, il avait une belle et grande famille, toujours prête à le défendre.

Il reporta ensuite son attention sur les ouvrages que la Comtesse avait achetés à son attention. Il referma le journal avec mille précautions et le rangea dans le sac de Lucie, où l'attendait encore un autre livre. Nul doute qu'il allait passer de longues heures à étudier tout cela, quand il ne serait pas en compagnie de Miette à chercher une solution contre l'Infection. Il devait aussi réparer son impair envers le Duc Von Hochen, dissiper le malentendu au sujet de sa prétendue future fiancée. Ce détail lui semblait soudain particulièrement important et l'idée de rétablir la vérité auprès de Luscka l'emplissait d'une joie aussi soudaine qu'inattendue.
Elijah regarda tour à tour les quatre livres qui, à priori, n'avaient aucun lien entre eux. Pourtant, le prince savait déjà ce qu'il en ferait. Merci mère, songea-t-il avec reconnaissance.

Quand il redressa la tête, il découvrit Lucie de nouveau sur le lit, en train de parler de lui, justement. Elijah renversa la serviette sur ses épaules et se leva, les livres dans les bras. Comme s'il était en conférence, il se plaça en face des deux autres pour leur parler.

« Avec tout ceci, je suis certain de trouver un remède à l'Infection. Sans doute pas bientôt, mais cela se fera. J'ai des connaissances, des gens pour m'aider et des idées. »

Son regard s'assombrit alors qu'il se remémorait un certain passage de la lettre.

« Je travaille sur un feu magique capable de cibler et détruire la maladie, du moins c'est ce que nous essayons d'accomplir. Mais mère pense que nous devrions probablement invoquer un démon pour nous en débarrasser. Plus je pense à cette solution et plus elle me semble imprudente. Un démon ne devrait pas être invoqué à moins d'être certain qu'il puisse accomplir ce que l'on s'apprête à lui demander, sous peine d'être trompé par lui. Cela dit, à situation désespérée… J'espère ne pas devoir en arriver à cette extrémité... »

Avec des gestes vifs,il reposa les livres sur le lit et sortit de nouveau le journal d'Honorus.

« Comme l'a dit Lucie, tu devrais consulter cet ouvrage Ulrick. En fait, nous devrions tous, je veux parler de la famille, le lire intégralement. Il parle des débuts de cette cité, sous la plume d'une source inestimable. Avec ce livre, nous aurons peut être plus d'informations sur les démons et la nature de cet endroit que nous n'en avons jamais eues jusqu'à présent. Cela pourrait même nous donner les clefs nécessaires pour vaincre la Grande Mort. Cet auteur, il s'agit de... »

Quelqu'un frappa alors à la porte. Elijah se stoppa, surpris de cette interruption, pour donna l'autorisation d'entrer. Théophile fit son apparition et s'inclina profondément.

« Monsieur le prince Yvan m'a demandé de faire savoir à sa sœur qu'il était de retour au château et que si la princesse désirait lui parler, elle n'aurait qu'à lui rendre visite dans sa chambre un peu plus tard. »

Yvan ? De retour ? Il avait déjà vu Lucie ? Alors elle s'était arrêtée dehors ? Elijah ne pouvait cautionner cette imprudence, d'autant plus que cela signifiait qu'elle était rentrée seule au château alors qu'elle aurait pu bénéficier d'une solide escorte.

« Lucie, qu'as-tu fait avec Yvan ? »  


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Stardust
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MessageSujet: Re: Quand vient la nuit   Dim 7 Fév - 22:02



Quand vient la nuit


Elijah était passionné et apparemment il n'était pas près de décrocher. Il devait lire des trucs sur un Rat Géant à invoquer – un autre – ou quelque chose d'encore plus passionnant. En tout cas, Lucie semblait lui avoir rapporté une pépite. Oh, Elijah adorait les livres, de toute façon, mais celui-là semblait avoir une saveur particulière. Il consommait les livres comme Ulrick consommait les femmes. Au moins, ils avaient la passion en commun.
D'ailleurs, en reparlant de passion, il lui revint en mémoire que son frère n'était pas dénué de passion amoureuse. Il avait été jusqu'à mordre le Duc. Elijah, le petit Lij', son frère le plus réservé s'avérait en fait être un débauché sans une once de retenue. Mordre un vampire, oui ça lui parlait. Il savait bien combien c'était tabou de le faire et il s'était souvent retenu mais le sang froid et insipide lui remplissait le cœur bien plus que le reste.
Parfois, il aimerait juste aller quelque part où personne ne le connaissait. Pour mordre ceux qui lui plairaient sans avoir à supporter le poids d'une réputation multi-millénaire à entretenir. C'était à ça que servaient les orgies masquées. Généralement, là bas, il mordait tous ses partenaires, hommes ou femmes. Beaucoup plus les femmes, bien sûr, leur sang avait un petit quelque chose que les hommes n'avaient pas.
Une demi-année plus tôt, il avait été à une de ces orgies et avait rencontré une délicieuse créature qu'il ne reverrait jamais. Oh, le goût de son sang était encore sur sa langue. Ferreux, souple, parfait. Il masquait toujours son parfum par des laits de corps au miel et à la cannelle quand il se rendait à un bal de ce type. Il ne voulait certainement pas être reconnu. Une fois, une femme l'avait fait chanter à ce propos. Pauvre Gordie, elle n'avait pas su à qui elle se frottait.
Avec un frisson, il s’extirpa de ses souvenirs indécents. Il ne voulait pas paraître encore plus débauché devant ses frère et sœur.
La chemise était un peu inconfortable et il se demanda comment son frère faisait pour porter quelque chose qui n'était pas en soieries délicates ou en coton très doux. Cette chemise ressemblait à quelque chose qu'on aurait pu acheter à un marché aux puces pour une pièce d'or. Mais il s'en contenterait en attendant de retrouver sa chambre.
Il avait hâte de retrouver sa petite vie quotidienne. De remettre ses habits plus brillants que confortables, son parfum aux tournesols, sa crème de nuit au lait de coco. Il prenait énormément soin de lui et la sécheresse de Modernis lui avait ravagé la peau. Oh bien sûr, une personne extérieure aurait ignoré toutes ces petites imperfections mais lui les voyait. Et il ne pouvait supporté de n'être le plus beau. Elijah avait l'air plus pomponné que lui !
Sa sœur lui fit remarqué qu'elle ne regrettait rien et il leva les yeux au ciel. Sa présence avait surtout été remarquée en décembre dernier quand elle avait manqué l'anniversaire d'un des nobles les plus influents du gratin politique. Emilien avait brillamment tourné sa fugue en expédition à Modernis pour le bien commun et tout était passé, aidé du charisme lubrifiant du Comte. Ulrick se demandait si Yvan pourrait être comme ça un jour.
La princesse l'attira sur le lit et s'assit sur ses genoux. Elle remarqua son tatouage au sternum, ce qui la choqua apparemment.
“ Je ne sais plus exactement, deux ou trois cent ans, quelque chose comme ça. ”
Deux cent quatre vingt quinze ans très exactement, en juin. Le jour où il avait été admis parmi la Guilde des Voleurs sous un faux nom, une très belle occasion pour laquelle Taesch avait sabré une bouteille de champagne vieille de vingt ans. Cela avait été une catastrophe parce qu'aucun des deux ne savait le faire et ils avaient fini couvert de champagne après que la bouteille ait éclaté. Hm oui, c'était déplorable mais cela restait un très bon souvenir.
Sa sœur lui glissa qu'il devrait lire les livres qu'elle avait rapporté et il haussa les épaules en levant les yeux au ciel. Il ne pouvait pas perdre de temps à cela. Aussitôt après avoir reprit ses habitudes, il devrait rapidement trouver les fauteurs de trouble. En plus de cela, des lectures bien plus intéressantes l'attendaient dans sa chambre. Il avait acheté toute une caisse de romans érotiques modernis pour quelques billets au marché. Peut-être devrait-il commencer par celui avec le chef de section polisson…
Elijah sortit de sa transe peu après et se décida à lire la lettre. Il était frustré de ne pas savoir ce qu'Holly avait écrit dans les trois missives mais il respectait l'intimité de sa famille.
Il serra sa sœur contre lui alors qu'elle semblait fébrile. Il s'était souvent demandé durant ces six mois si elle allait bien, si elle pleurait seule dans son coin. Non, Lucie n'était pas du genre à pleurer, elle était une femme forte et pleine de volonté comme leur mère. Son jeune coeur avait été meurtri quand il s'était rendu à Moderns pour la première fois en laissant sa famille derrière lui mais Lucie n'avait jamais fait montre d'une quelconque faiblesse.
Quand Elijah se leva, il ne semblait plus du tout être le prince qui se serait caché dans un placard s'il avait pu. Il avait l'air sérieux et parfaitement maître de lui même. Un peu comme Yvan. C'en était presque effrayant.
Quand son frère eut fini de parler, Ulrick hocha la tête. En effet, invoquer un démon n'était sans doute pas une bonne idée. Il ne voulait pas que son frère se mette en danger pour rien. Sans rien dire, il attendit qu'Elijah poursuive. Il ne semblait pas vraiment avoir terminé.
Son frère reprit le fil de ses pensées et insista sur le point qu'avait soulevé Lucie. Il fut interrompu par un Théophile qui leur indiqua qu'Yvan attendait presque Lucie. Ils s'étaient déjà vu.
“ Oui Lucie, qu'as-tu fait avec Yvan ? Tu ne viens même pas voir ton frère préféré en premier ?! Je suis extrêmement outré, je me sens meurtri dans ma chair, traîtresse ! ”
Il poussa sa sœur de ses genoux avec délicatesse et se leva. Il avait une nouvelle assez délicate à annoncer et il lui semblait qu'elle ne venait pas au bon moment.
“ Voilà, mère va rentrer en avance parce qu'elle … elle voudrait être auprès de sa famille le plus vite possible. Elle m'a dit être atteinte de nausées et elle n'a pas encore eu le temps de vérifier avec un médecin mais elle est presque sûre d'être enceinte. De deux ou trois mois. ”
Avec un moment d'hésitation, il leur offrit un sourire. Il espérait qu'Elijah ne tombe pas dans les pommes et que sa sœur ne fasse pas de crise de jalousie. C'aurait été vraiment dommage parce que lui avait bien prit la nouvelle.

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MessageSujet: Re: Quand vient la nuit   Mar 9 Fév - 14:54










Lucie commença à se sentir très mal après que son frère lui ait répondu qu'il avait ses tatouages depuis moins de trois siècles. Elle ne les avait donc jamais vu auparavant, et il avait eu le culot de ne pas lui en parler ! La princesse était profondément choquée et laissa tomber son masque d'impassibilité l'espace de quelques secondes, portant son index à sa bouche et le passant sur sa lèvre inférieure en réfléchissant. Elle essaya de se rappeler à quoi ressemblait le tatouage de l'homme avec qui elle avait partagé un moment intime pendant l'orgie, mais impossible de s'en souvenir. Elle qui se souvenait toujours de ce genre de détail ! Pourquoi fallait-il que sa mémoire lui fasse défaut dans un moment pareil ?

Elijah sortit de sa bulle pour reprendre la parole et elle se redressa pour l'écouter, reprenant un air parfaitement neutre. Elle devrait discuter avec Ulrick, plus tard. Ce n'était pas le bon moment. Son frère travaillait donc sur un feu magique. L'idée semblait bonne, quoi qu'impossible si on ne s'y connaissait pas. Et elle n'avait pas les connaissances suffisantes dans ce domaine pour vouloir l'encourager ou douter de son travail. Son deuxième frère avait toujours réussi ce qu'il entreprenait... Bon, à quelques exceptions près. Elle se souvenait l'avoir vu sortir de la bibliothèque un matin avec la joue gauche partiellement brûlée et sa chemise noircie fumait encore. Heureusement il n'avait pas tardé à cicatriser, elle se doutait que cela était dû à une expérience ou une invocation ratée. Mais en règle général, son aîné était incroyablement doué. Cependant, lorsqu'il évoqua la possibilité de devoir invoquer un démon, elle fronça légèrement les sourcils. En effet, ça ne pouvait être que dangereux. Elle n'aimait pas ce qui touchait aux démons, ces créatures assoiffées de pouvoir – ou d'autres choses – ne proposaient que des contrats qui n'arrangeaient pas celui qui les avait fait se déplacer jusque dans ce monde. Elle ne voulait pas que son frère soit obligé de vendre son âme, ou que quelque chose d'encore pire ne s'abatte sur Gothik City. Elle devrait surveiller ça de plus près et s'assurer qu'il ferait une croix définitive sur cette folie. Elijah en vint ensuite à parler des ouvrages qu'elle leur avait apporté et son cœur s'allégea à ses mots. Si ces ouvrages pouvaient les aider en quoi que ce soit, sa mission n'aurait pas été vaine et elle n'aurait pas pris de risques pour rien (en plus de s'attirer les foudres de sa mère).

On frappa ensuite à la porte et Théophile vint leur annoncer qu'Yvan l'attendait dans sa chambre. Elle hocha la tête et fit signe au serviteur de sortir, ce qu'il fit en fermant discrètement la porte. Ses deux frères lui demandèrent des comptes et la princesse se contenta de hocher légèrement les épaules. Elle voulu taquiner Ulrick, mais elle n'avait même plus le courage de le regarder dans les yeux.

« Je l'ai croisé tandis que j'étais en route pour rentrer ici. Nous avons discuté un peu ensemble et je lui ai montré les livres. Ne sois pas si jaloux, mon frère, j'ai aussi été très offusquée que tu n'essayes pas de me chercher à Modernis. »

Bien sûr, elle était consciente que tous ses frères savaient qu'ils n'auraient jamais pu la retrouver. Elle était l'ombre de la famille von Dast, elle pouvait disparaître sans aucune difficulté et effacer ses traces, ce qu'elle avait d'ailleurs fait. Car elle avait craint qu'Ulrick ou Yvan ne vienne la chercher et la ramène au château en la tirant par les cheveux. Son frère la fit asseoir sur le lit et elle leva les yeux pour le regarder se tenir devant eux, l'air plus sérieux que d'habitude. Ce n'était pas de bonne augure.

La nouvelle tomba aussi lourde qu'une pierre sur son cœur. Leur mère, enceinte de trois mois ? Pourquoi ne les avait-elle pas tenu au courant ? Si elle attendait bel et bien un enfant, elle serait plus vulnérable, quoi qu'elle dise. Et ce n'était pas le bon moment pour être ne serait-ce qu'un peu plus faible. Comment leur mère pouvait-elle songer à mettre au monde un enfant dans de telles conditions, alors que la Grande Mort se promenait partout dans Gothik City et menaçait quotidiennement d'entrer dans le château ? Le seul avantage à ses yeux était que ses trois frères seraient trop occupés à vouloir protéger le nouveau poupon pour tenter de l'empêcher de faire ce qu'elle avait à faire.

« Merci de nous avoir mis au courant, Ulrick. » Elle se leva pour se diriger vers la porte et passa une main dans ses cheveux lisses avant de les regarder. « Je vais me reposer dans ma chambre, ces derniers mois ont été épuisants. Elijah, préviens moi si tu trouves quelque chose dans les livres... Et Ulrick, j'aimerais te parler en privé. »

Lucie sortit de la chambre sans attendre de réponse, troublée par la nouvelle d'un nouveau membre à venir dans la fratrie et de sa possible aventure avec son propre frère. Elle s'adresse à un serviteur à qui elle ordonna d'aller dire à Yvan qu'elle viendrait le voir après s'être reposée et retourna dans sa chambre, qu'elle ne verrouilla pas. Ulrick voudrait peut-être la voir tout de suite, ou avec un peu de chance, son calice la rejoindra pour réchauffer son lit et lui changer les idées.



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MessageSujet: Re: Quand vient la nuit   Mar 9 Fév - 17:44

A
vant que Lucie ait pu lui répondre, Ulrick s'interposa pour surenchérir. Il semblait en colère et rarement Elijah l'avait vu dans cet état. Jamais, en fait. Il avait beau remonter aussi loin que possible     dans ses souvenirs, son petit frère avait toujours été une source de joie à ses côtés. Sans doute ne s'était-il pas montré assez attentif. Lucie se défendit, arguant qu'elle en voulait aussi à Ulrick d'avoir pris ses distances à Modernis State. Elijah se gratta la joue, recouverte d'une barbe hirsute. Il devait la raser avant de reparaître en public, elle poussait si irrégulièrement.
La jalousie dont faisaient preuve sa sœur et son frère l'un à l'égard de l'autre le dépassait. S'ils étaient si heureux ensemble, pourquoi se montrer ainsi sous un jour colérique ? Ne devraient ils pas plutôt se pardonner ? Il était bien content de ne pas avoir ce genre de relation avec son frère aîné. Enfin, il semblait que les deux plus jeunes de leur fratrie soient destinés à des relations complexes, sans doute un effet secondaire de leur vie à la cour. Yvan et lui s'en préservaient et leurs liens sociaux étaient déjà compliqués, parfois. Surtout en ce qui concerne l'amour, songea Elijah. Il avait été amoureux du bibliothécaire pendant si longtemps, et sans jamais évoluer d'un pouce avec lui, qu'il se demandait s'il l'aimait toujours. D'un autre côté, il y avait le Duc Von Hochen. Eprouvait il réellement quelque chose pour lui ? Et Luscka lui même… ? Il l'ignorait totalement. Voilà pourquoi il avait un besoin impérieux de le voir très bientôt. Il devait se tester, maintenant qu'il était déchargé de la responsabilité de trouver une épouse dans les plus brefs délais.

Ulrick prit ensuite la parole et Elijah serra le journal d'Honorus contre son torse, l'écoutant. Quand la nouvelle tomba, ses yeux s'agrandirent sous la surprise. Puis, il sourit largement. Il était heureux, bien entendu, que ses parents aient décidé d'inclure un nouveau membre dans leur petite famille, comme il l'avait été pendant les deux grossesses auxquelles il avait pu assister. Et puis, pensa-t-il soudain, ce bébé pourrait le sauver. Il serait peut-être meilleur qu'eux quatre et un candidat plus adapté au rôle de Comte. Si c'était le cas, Elijah lui passerait la main avec plaisir. Ensuite, s'il n'était pas apte à prendre le trône, il pourrait peut-être faire des enfants et ainsi donner à la famille une flopée d'héritiers potentiels. Plus que gouverner, c'était d'assurer la descendance qui terrifiait Elijah. Il ne se sentait pas capable d'assurer la sécurité de la ville tout en prenant les bonnes décisions pour son enfant. Et puis, cela signifiait aussi qu'il devrait se choisir une Comtesse, selon des critères qui n'avaient rien avec l'amour. Certes, son père avait eut le cran et la chance de choisir leur mère, mais il se savait incapable d'un tel culot. Il n'y avait qu'à voir ses choix en amour… Un bibliothécaire renfermé et un vampire qui était atteint d'une maladie incurable, dangereuse et contagieuse. Non, il était clair que jamais il ne pourrait combiner les désirs de son cœur avec les besoins de Gothik City.

Lucie donna ses impressions sur la nouvelle. Elle se montra si froide et fut si vive à changer de sujet qu'Elijah pensa qu'elle était triste. Ou en colère. A moins qu'elle ne soit simplement jalouse, une nouvelle fois. Voilà six cents ans qu'elle était la petite dernière de la fratrie et la seule fille de surcroît. Se montrerait elle exécrable si elle devait subitement partager le titre de « princesse » ? Elijah espérait le contraire, il voyait plus en sa sœur qu'une enfant capricieuse. Pour rien au monde il ne voulait retrouver son caractère d'avant.

« Bien sûr, Lucie. »

Il la regarda partir, puis se tourna vers Ulrick. Ce frère qui l'avait aidé dans un moment difficile, bien qu'il avait simplement été stupide. Il lui offrit un doux sourire.

« Je suis très heureux d'apprendre cela. J'ai hâte que mère rentre pour qu'elle soit en sécurité. J'espère qu'elle reviendra vite. Quand père l'apprendra, il enverra probablement tout un régiment pour la chercher. »

Il marqua une petite pause en fixant le tapis, puis leva ses yeux clairs sur Ulrick.

« Merci de m'avoir sorti de mon enfermement. Hum… Pour répondre à ta question, l'humaine est très mignonne et surtout intelligente. »

Il déposa le journal d'Honorus sur ses draps puis s'enferma dans la salle de bain avant que son frère ne puisse lui poser d'autres questions. Face au miroir, il examina son visage sous tous les angles. Oui, il devait vraiment tailler tout cela. Il ressemblait à un sauvage qui avait dormi des lunes entières dans la forêt. Ses excuses envers Miette passeraient certainement mieux s'il était présentable. Si jamais elle consentait à le revoir après qu'il ait refusé de se montrer.
Pourvu qu'Ulrick ne lui brise pas le cœur avant qu'ils aient terminé ce feu...


FIN.


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